Le fils du printemps de Cristovao Tezza

04.09
2009

cop. Métailié

O filio eterno

« Ce serait bien si c’était aussi simple, soupire-t-il : une explication, n’importe laquelle. Cependant, c’est justement le contraire : il n’y aucune explication. Tu te trouves ici à la suite d’une somme erratique de hasards et de choix, Dieu n’est nullement une variable à prendre en considération, rien ne va nécessairement vers quelque chose, tu vis enfoncé dans le temps présent, et la présence du Temps – cette voracité absurde – est irrévocable, comme disait le poète. Débrouille-toi. C’est à ton tour de jouer. Il y a un grand silence autour de toi. » (p. 87)

 

A vingt-huit ans, le voilà père alors qu’il n’a toujours pensé qu’à lui-même, se projetant dans divers rôles valorisants, se voyant déjà écrivain célébré, sans jamais avoir songé à gagner sa vie, en en laissant le soin à son épouse. Mais le voilà père d’un petit garçon atteint du syndrome de Down, c’est-à-dire trisomique. Il va d’abord souhaiter la mort de ce fils, Felipe, puis, après lui avoir fait subir différents entrainements pour résorber ses faiblesses, il s’attache insensiblement à lui jusqu’à partager ses joies.

Sans aucune sensiblerie, sans se prêter à l’exercice facile d’une page par idée comme l’avait fait Jean-Louis Fournier dans Où on va papa ?, Cristovao écrit là une belle réflexion sur la paternité, pas toujours acquise mais justement tâtonnante et exigeant du temps pour construire cette complicité forte entre un père et son fils.

TEZZA, Cristovao. – Le fils du printemps / trad. du brésilien par Sébastien Roy. – Métailié, 2009. – 202 p.. – (Bibliothèque brésilienne). – ISBN 978-2-86424-691-6 : 17 €.

 

 

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