Le dernier train ** de Maria Mercé Roca (2006)

19.02
2006

Une fin de journée habituelle. Enfin, pas tout à fait. Car ce roman se décline en trois actes, constitués pour les deux premiers par un long monologue intérieur des protagonistes de ce couple anesthésié par la routine. Thérésa rentre chez elle. Une fois de plus, cette brillante avocate a réussi à mettre d’accord les parties adverses d’un divorce qui s’annonçait difficile. Perfectionniste, débordante d’énergie, solide comme un roc, elle supporte de moins en moins son époux qui se repose sans cesse sur elle, traumatisé par le souvenir de l’homme qu’il a tué lors d’un accident de chasse. Andreu, lui, s’est rendu compte, en tombant amoureux, que cette vie trop stable, trop calculée et ordonnée par son épouse, ne suffisait plus à son bonheur. Ce soir, il doit lui annoncer qu’il la quitte pour une autre, qu’il va prendre un dernier train, partir.

Quel meilleur instrument que le roman pour sonder l’âme humaine, pour permettre l’introspection simultanée de plusieurs personnes, pour afficher ce qui ne sera jamais communiqué à quiconque. Nous suivons ici les réflexions de Thérésa puis d’Andreu, les comprenant tour à tour, et, forts de cette connaissance de leurs pensées les plus intimes, nous assistons à la scène finale, forcément lacunaire, où peu de choses sont dites, beaucoup imaginées ou tues. Un texte touchant, où le lecteur se sent le spectateur privilégié de cette rupture douloureuse.

ROCA, Maria Mercé. - Le dernier train / trad. du catalan par Cathy Ytak.- Métailié, 2006. – 173 p.. – ISBN : 2-86424-569-8 : 17 €.

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