Le calligraphe de Voltaire de Pablo de Santis

28.09
2005

Remarquant quelques-unes de ses esquisses de calligraphie et souhaitant s’’en débarrasser rapidement, l’’oncle sous la tutelle duquel Dalessius est placé depuis le naufrage de ses parents, l’’envoie à l’École de calligraphie de M. de Vidors. L’’avarice de ce dernier se répercutant dans le non-choix de plumes adaptées, Dalessius se met rapidement à inventer ses propres plumes et encres, fantaisistes, invisibles, parfois mortelles. A sa sortie d’’école, une seule maison prend ses défauts pour des qualités et l’’accueille, celle d’’un Voltaire vieillissant, isolé à Ferney. Ce dernier, le voyant échouer dans les missions qu’’il lui confie, l’’envoie alors à Toulouse enquêter sur l’’affaire Calas. Sur le trajet en convoi funéraire, Dalessius s’éprend d’une inconnue gisant dans un cercueil, qu’’il revoit peu de temps après à la fenêtre d’une maison de passe ; il rencontre ensuite Kolm, un ancien bourreau, avec lequel il se lie d’’amitié, pour enfin remonter à Paris où il joue le rôle d’’espion double pour les Dominicains et affronte l’’énigmatique Silas Darel, maître calligraphe. C’est alors qu’il s’’émeut en écrivant des messages sur le corps nu d’’une belle femme, puis tombe sous le charme du modèle de chair et de sang de l’’inconnue au cercueil, qui n’’est autre que la propre fille du célèbre inventeur d’’automates…

Pablo de Santis nous dévoile ici le côté obscur du Siècle des Lumières, empreint de fantastique borgésien, plein de mystères et de complots, de plumes empoisonnées, et d’’automates remplaçant les vivants. Mais historique, ce troisième roman de Pablo de Santis l’’est aussi, drôle également, à sa manière plutôt macabre, lorsqu’’il met en scène le personnage du bourreau, lequel se venge d’’un comédien pendu sur scène comme Calas, et expérimente sur lui-même la guillotine. Un roman enfin dont le fil directeur n’’est autre que la passion de l’’écriture et des mots, menant à l’’aventure ou au crime. Une valeur sûre, à distinguer au milieu de cette rentrée littéraire.

SANTIS, Pablo de. – Le calligraphe de Voltaire. – Paris : Métailié, 2004. – 178 p. : couv. ill. en coul. ; 22 cm. – (Bibliothèque hispano-américaine). – ISBN 2-86424-510-8 (br.) : 16 €€.
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