L’Art nouveau de Jean-Michel Leniaud

16.12
2011

cop. Mazenod

L’ART NOUVEAU n’est pas un style, mais une esthétique commune qui a inspiré au tournant des 19e et 20e siècles une partie des créateurs, voulant rompre avec la tradition. Ce renouveau de l’esthétique est passé par celui des techniques (le végétalisme à Nancy, le dynamisme végétal à Glasgow) car il se voulait art total, et s’est nourri de diverses sources d’inspirations :

  • le baroque et ses lignes irrégulières pour traduire une sensualité érotique, un pathos funèbre, de la théâtralité, une impression de chaos, de vitalité, de jeunesse.
  • le japonisme et ses lignes asymétriques, ondulantes et dynamiques
  • l’orientalisme islamique
  • et enfin l’Antiquité, surtout pour les artistes viennois.

L’Art Nouveau rompt avec les anciens codes et règles d’alors, d’où le terme « Nouveau », et va aider et préfigurer à la naissance de l’art deco puis de l’art moderne. En effet, s’il revêt différentes formes à travers le monde, en particulier l’Europe (France, Grande-Bretagne, Belgique, Espagne, Italie, Tchéquie, Autriche,…), que d’aucuns dédaigneront jusque dans les années 60, il marque une tendance à la simplicité des lignes et des formes dans certaines écoles (Otto Wagner), qui montreront l’exemple aux générations suivantes.

Il est rythmé par plusieurs temps forts que voici :

  • 1883 le cercle des XX : La Libre Esthétique à Bruxelles
  • 1886 le Palau Güell d’Antoni Gaudi à Barcelone
  • 1892 la naissance du mouvement « Sécession » à Munich
  • 1892 la construction par Victor Horta de la maison Tassel à Bruxelles
  • 1894 illustrations d’Aubrey Beardsley dans The Yellow Book, Salomé d’Oscar Wilde, affiche pour l’Avenue Theater
  • 1895 le Castel Béranger d’Hector Guimard à Paris
  • 1895 les 6 tapisseries d’Hermann Obrist
  • 1895 décembre Samuel Bing, marchand d’art allemand, ouvre à Paris une galerie sous le nom de Salon de l’Art nouveau
  • 1895-1903 Affiches de Mucha pour le théâtre parisien avec Sarah Bernardt
  • 1897 « The Four » : affiche, chaise de Argyle Tea Room
  • 1897 c’est la Sécession viennoise – Olbrich
  • 1898-1902 Villa Jika à Nancy : manifeste de Louis Majorelle et verrier Jacques Gruber et Bigot.
  • 1900 l’Exposition universelle de Paris avec des pavillons Art Nouveau (Bing, théâtre de Loïe Füller)// métro de Guimard // escalier et coupole du Grand Palais (Louis-Albert Louvet)
  • 1900 Charles Rennie Mackintosch de l’école de Glasgow bouleverse l’Autriche-Hongrie et Joseph Hoffmann.
  • 1902 Carlo Bugatti explose à l’exposition d’art décoratif de Turin
  • 1902-1903 Hill House de Charles Rennie Mackintosch
  • 1902-1903 Cycle d’or de Gustav Klimt
  • 1907 le palais Gresham d’Ödön Lechner à Budapest
  • 1907-1911 le palais Stoclet de Joseph Hoffmann
  • L'ART NOUVEAU sur Mackintosh et sous Klimt

Ont aidé à sa propagation des hommes comme Julius Meier-Grafe, Samuel Bing, Harry Kessler, Henry Van den Velde, une société comme Liberty, mais aussi des revues :  Studio (Londres, 1893), Pan (Berlin, 1895), Jugend (Munich, 1896), Art & décoration (Paris, 1897), Simplicissimus.

Dès l’introduction, dans son inventaire des lieux ayant abrité des créations art nouveau, l’auteur mentionne New-York, Roserio (Argentine), Oslo (Christiane), Helsinki, Istanbul, Äle sund (détruite en 1904 par un tremblement de terre (50 architectes, 400 constructions)) et Tunis (Jean Resplandy, théâtre 1902), pour ne plus les évoquer par la suite, si bien que l’ouvrage de Citadelles & Mazenod, pourtant considérable avec ses 619 pages, ne peut que paraître encore incomplet aux passionnés d’Art nouveau. De plus, certaines parties ne donnent pas à lire, à comprendre, mais à voir, à admirer de superbes photographies : les bijoux de Lalique, le mobilier Art Nouveau, huit lampes de référence, l’utilisation du fer forgé, la renaissance du vitrail, les affiches.

Ce sont les seules critiques qu’une passionnée d’Art nouveau peut émettre à l’encontre de cet ouvrage magnifique, à l’iconographie richissime, présentant  l’Art nouveau sous son angle géographique, par écoles, pour nous offrir un splendide panorama de ce mouvement artistique de la Belle Epoque. Un vrai coup de coeur, avec ses 618 pages lues et contemplées d’un bout à l’autre.

J'ai Adoré

L’art nouveau / Jean-Michel Leniaud. - Paris  : Citadelles & Mazenod ,2009. - 619 p.  : ill. en coul., jaquette ill. en coul.  ; 32 cm .- (L’Art et les grandes civilisations  ; 39). - ISBN 978-2-85088-443-6 (rel. sous coffret) : 120 €.
Bibliogr. p. 603-606. Index.

 

 

 

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