L’Apollonide : souvenirs de la maison close

03.06
2014
  • Genre : drame
  • Scénario et Réalisation : Bertrand Bonello (assisté d’Elsa Amiel)
  • Année de sortie en salle : 2011

lapollonideL’histoire

Paris, novembre 1899. Marie-France gère l’Apollonide, une maison close parisienne, et ses douze prostituées. Une vie d’esclave sexuelle entre quatre murs, où les filles arrivent à l’âge de 16 ans, où aucune d’entre elles ne parvient à payer ses fameuses dettes, et où elles repartent souvent les jambes devant, de la syphillis. Madeleine, dite « la Juive », fait un rêve étrange, dont les éléments symboliques sont distillés au cours du film : dans ce rêve, son client régulier lui demande sa main. Mais, lorsqu’elle lui raconte ce rêve, il l’attache et la mutile, faisant naître sur son visage le « sourire de l’ange » qui la défigure à jamais…

Mon avis sur le scénario

Dans cette maison close où les clients parviennent encore à fantasmer sur cette chair qu’ils fréquentent tous les jours, en habitués, les « filles de joie » font bonne figure et ne perdent pas espoir en une vie meilleure. Tableau magnifique de la prostitution de luxe en huis clos, ce film commence par un rêve hautement symbolique et quelque peu prémonitoire, qui va donner le la : jamais personne ne tirera ces filles de leur situation si ce n’est en les « cassant », en les défigurant ou en les contaminant. C’est ce que comprend cette couturière provinciale recommandée par ses parents, qui prend vite la poudre d’escampette quand elle comprend la fermeture proche. Tragique est leur fin, et plus encore leur avenir, un siècle plus tard, à héler le client sur le trottoir, par tous les temps, en s’en remettant à leur bonne étoile quand elles montent en voiture. Un très bon scénario, à l’image de ce huis clos asphyxiant et languissant, cousant les fils du rêve pour mieux découdre ceux de douze vies, treize avec cette gérante, ancienne prostituée, mère de deux enfants.

 

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