La voix **d’Arnaldur Indridason (2007)

18.02
2007

Titre original : Röddin (2002)

traduit de l’islandais par Eric Boury (2007)

Un polar profondément amer et révoltant

La voix, celle gravée sur deux vinyles du jeune garçon qu’il fut, qui semblait alors destinée à être écoutée à travers le monde mais avait mué trop tôt, brisant les espoirs de son père, c’est tout ce qui reste désormais de cet homme trouvé poignardé dans sa chambre lugubre au sous-sol de l’hôtel où il travaillait, déguisé en son rôle de père Noël, le sexe protégé par un préservatif couvert de salive. Au fil de cette enquête sur cette gentillesse faite homme que personne, pas même son père ni sa soeur, ne semblait regretter ni même connaître, c’est à son frère de 8 ans perdu dans une terrible tempête de neige que pense le commissaire Erlendur en cette liesse de fêtes de Noël, mais aussi à ce petit garçon hospitalisé pour coups et blessures et à son père refusant de passer aux aveux….

Après La Cité des jarres* et La Femme en vert**, voici le troisième polar que je lis d’Arnadur Indridason qui m’avait habituée à ses atmosphères lugubres et peuplées d’injustices, de violences et de paumés. Noir à souhait, glauque dès l’incipit, ce roman ne déroge pas à la règle et, en plus des problèmes de viol, de drogue et de prostitution qu’il évoque intelligemment, il met cette fois l’accent sur les relations entre père et fils, tantôt conflictuelles, tantôt destructives, mais toujours douloureuses. Sous ses apparences d’histoires entrecroisées de maltraitance, de pédophilie et d’intolérance, ce polar psychologique nous donne de magistrales leçons de vie… Un polar comme seuls je les aime, profondément amer et révoltant.

INDRIDASON, Analdur. – La voix / trad. de l’islandais par Eric Boury. – Métailié, 2007. - 329 p.. - ISBN : 978-2-86424-600-8 : 19 €.
Service de presse

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