La révolte des terres de Koza & Mousse

06.09
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

Hôtel Lutetia, Paris, juin 1945. Odette recherche parmi les photos accrochées au mur celle de son frère, qui n’est toujours pas rentré des camps.

Printemps 1941. Fernand ne veut pas d’histoire : descendre à la mine pour travailler, pêcher durant ses heures de loisirs, c’est tout ce qu’il demande. Mais son beau-frère Gilles et sa soeur Odette ne cessent de lui reprocher son indifférence à l’occupation et à la grève qui se prépare. Une nuit, il les aide à coller des affiches. Mais peu de temps après, tous les agitateurs sont arrêtés, lui y compris, et le commissaire à la solde des allemands s’exclame que c’est lui qui a donné les autres. Difficile alors de démentir, surtout qu’il a été aperçu un jour dans la voiture du commissaire pour rentrer en ville. Le voici déporté avec Gilles, aux yeux de qui il est un traître…

Mineur d’un côté, prisonnier dans l’autre, la couverture illustre bien les va-et-vients temporels du scénariste entre les puits de la fosse et les miradors du camp, pour rendre son histoire plus dynamique. Mais c’est sur le dessin qu’on s’attarde car, dans ses dégradés de gris, parfois d’ocre, celui-ci sert admirablement le récit. Un beau sujet, encore peu exploité, pour rendre leurs lettres de noblesse à ces anciens forçats des profondeurs de la terre, parmi lesquels comptaient mes deux grands-pères.

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