La porte des enfers * de Laurent Gaudé (2008)

27.12
2008

A Naples, une balle perdue tue un petit garçon de 6 ans que son père emmenait à l’école. La mère, anéantie, pose à son époux un ultimatum : soit il ramène leur fils des enfers, soit il le venge en tuant le malfrat qui a tiré. Ce dernier échoue à tuer cet homme, que son fils, bien des années plus tard, revenu grâce au sacrifice de son père d’entre les morts par une porte des enfers, va punir de la plus atroce des manières…

Déçue, oui, par ce dernier roman de Laurent Gaudé, dont j’avais beaucoup apprécié les romans précédents, prix Goncourt des Lycéens pour La Mort du roi Tsongor (2002) et prix Goncourt pour Le Soleil des Scorta (2004). Contrairement à ces derniers, je n’ai pas été emportée par la force de son verbe et par le souffle épique de son récit. L’histoire est tragique, certes, son cortège de personnages aussi, mais l’émotion ne sourd pas. Rien à faire. Trop de mélo ? Le message de Laurent Gaudé passe bien pourtant : les vivants ne doivent pas oublier leurs morts, sous peine de les faire mourir une seconde fois. C’est en effet un appel à un véritable devoir de mémoire que lance l’auteur, le souvenir des morts marquant nos habitudes, nos choix, mais aussi indubitablement nos vies, qui s’y habituent lentement pour mieux s’acheminer vers leur fin.

« C’est la règle du pays des morts, continua Mazerotti. Les ombres auxquelles on pense encore dans le monde des vivants, celles dont on honore la mémoire et sur lesquelles on pleure, sont lumineuses. Elles avancent vers le néant imperceptiblement. Les autres, les morts oubliés, se ternissent et glissent à toute allure vers le centre de la spirale. » (p. 195)

Actes Sud, 2008. – 266 p.. – ISBN 978-2-7427-7704-4 : 19,50 euros.
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