Là où vont nos pères ** de Shaun Tan (2007)

05.03
2008

FAUVE D’OR : PRIX DU MEILLEUR ALBUM 2008 au Festival d’Angoulème

Un homme quitte son foyer, sa femme et sa fille, pour trouver ailleurs du travail, une vie meilleure. Comme tant d’autres, il arrive dans un centre où on l’interroge et l’examine sous toutes les coutures, avant de pouvoir pénétrer dans LA ville de tous les espoirs, une ville mystérieuse, où chacun se voit accompagné d’un animal de compagnie, fantastique. Il y rencontre d’autres immigrés, issus de tous horizons et mus par diverses motivations, ayant eux aussi laissé tout derrière eux pour tenter de se reconstruire ici…

Cette bande dessinée peut au premier abord déstabiliser son lecteur, tout simplement parce qu’il n’y a rien… à lire ! Cet album, donc, se déroule sous nos yeux comme la bobine d’un cinéma muet, narrant une histoire simple et poignante, celle du destin particulier des migrants arrivant sur cette sorte d’Ellis Island, pour y acquérir le droit de pénétrer dans une ville fantasmée, un univers onirique. Les teintes sépias, les planches silencieuses, les gestes et les mimiques détaillés, tout contribue en effet à créer cette impression de cinéma muet, mais surtout de filtre, l’impression d’osciller entre rêve et réalité, le rêve d’immigrés remplis d’espoir arrivant dans un pays inconnu, extraordinaire. Par ailleurs, le monde merveilleux et surnaturel qu’a imaginé Shaun Tan permet de mettre en exergue le décalage culturel entre le pays d’origine et cette ville étrange, et l’effort conséquent que les immigrés doivent déployer pour s’y adapter, en tissant entre eux des liens de solidarité.

Un one-shot original et vraiment superbe, qui aborde de manière subtile et allégorique un thème intemporel.

Dargaud, 2007. – n. p.. – (Long courrier). – ISBN 978-2-2205-05970-0 : 22 €.
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