La gueuse ** à *** de Jean-Pierre Chabrol (1966)

20.09
2005

Dans les Cévennes, en 1933, à la mine de La Vernasse, de père en fils, on se tue à la tâche, pour faire vivre bon an mal an la famille, et de père en fils, on devient ou socialiste ou communiste, voire anarchiste comme Libertade. Au village de Clerguemort, on montre du doigt la maison Tarrigues, des socialistes, des traîtres, qui sont retournés à la mine plus tôt que les autres. Or Noël Tarrigues, le cadet, aspire en secret à rejoindre les communistes, mais aussi Emmeline, la jolie « bohémienne », qui se trouve être la fille du maître mineur Morrail, qui a épousé une demoiselle noble. Et puis il y a ces deux enfants, Jean Hur, le fils d’instituteurs, qui vient au village voir sa grand-mère avec son père à bord de la belle Mathis toute carrossée de cuir, et le jeune Franck dont les parents sont retenus en Allemagne nazie, qui part rejoindre à Paris son oncle et écrivain Cherchemidi, dont les jours sont mis en danger par l’Affaire de Bayonne, au milieu des manifestations et des barricades.

Ce roman fait partie du cycle des « Rebelles » mais se lit tout aussi bien indépendamment.

Quelle bonne surprise !!! Le thème de la condition des mineurs avait seul retenu mon attention lorsque j’avais emprunté ce roman, et, j’ai découvert un récit directement inspiré par la puissance et le réalisme de Germinal, situé plus d’un demi-siècle plus tard, tantôt au coeur des Cévennes tantôt à Paris, mais toujours au coeur de la révolte qui gronde. Des figures célèbres -Malraux, Léo Lagrange, Guéhenno – émaillent le récit, tandis que le font respirer les amours et amitiés des personnages, jeunes ou moins jeunes. A redécouvrir.

540 p.

Biographie de Jean-Pierre Chabrol

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