Klimt : femmes *** d’Angelika Baümer (2005)

20.09
2005

copyright Hazan

Difficile de reproduire sur papier glacé les toiles éblouissantes de Gustav Klimt. Ce magnifique petit livre d’art y parvient néanmoins, et avec bonheur, rendant visibles les nuances des toiles, ce brillant ouvrage à la feuille d’or propre à ce grand artiste qui ne connut ni prédécesseur ni successeur, et avec qui mourut son art.

Et quelles toiles ! Sur 64 pages s’étalent les femmes posant pour Klimt, lascives ou farouches, seules ou enlacées, toutes belles. Par deux fois, j’ai pu les contempler grandeur nature, la toute première fois lors d’un voyage à Vienne, à la galerie autrichienne du Belvédère, la seconde fois en décembre à Paris. Parmi elles mes préférées : Judith(admirablement encadré par son frère Georg), Le Baiser (bien sûr), Portrait d’une jeune femme (dessin), Ce baiser au monde entier et L’Amour.

En une trentaine de pages, la critique d’art viennoise relate ensuite le contexte historique et culturel qui a vu émerger cet artiste largement incompris de son vivant. L’anecdote la plus marquante reste celle de l’accueil fait sous les huées par les universitaires, les critiques et le public, à ses trois allégories commandées par l’Etat sur la Médecine, la Philosophie et la Jurisprudence. Enfin Angelika Baümer donne quelques éclairages psychanalytiques sur ce sujet privilégié de Klimt.

Un magnifique ouvrage, à s’offrir ou à offrir.

Voir aussi :
http://www.lemondedesarts.com/Dossierklimt.htm

Présentation de l’éditeur :

Dans la Vienne du tournant du siècle, la société est en pleine évolution, voire en marche vers une révolution. Dans le monde ambigu de Schnitzler et de Freud, les femmes découvrent malgré les pesanteurs de l’ordre moral, le pouvoir d’une liberté nouvellement conquise, qui s’affirme par les études auxquelles elles accèdent comme dans une sensualité qu’elles osent de plus en plus revendiquer pour leur compte. La peinture de Klimt, qui fit souvent scandale à son époque (on songe aux tableaux pour la grande salle de l’Université de Vienne), est l’expression de cette fascination nouvelle pour la femme et pour le pouvoir absolu qu’elle représente. Séduction et ambiguïté sont les armes avouées de ce pouvoir. Corps offerts, lèvres entrouvertes, regards mi-clos sont les signes mille fois peints de cette domination qui se voile —si peu parfois— sous le masque trompeur de la docilité soumise. Les interdits de la société bourgeoise, mis à mal par les révélations parfois terrifiantes de la psychanalyse, volent en éclat sous le regard du peintre des femmes, qui sait exprimer à merveille le caractère impérieux du désir et l’angoisse de l’homme —l’Angst freudienne— devant cette puissance. La pluie d’or de Danaé est redoutablement métaphorique, tout autant que l’abandon du célèbre Baiser. Les illustrations et les commentaires qui les accompagnent dans le présent ouvrage donnent à voir et à comprendre. Il faut leur rendre grâce de cette élucidation qui ne nuit pas au mystère peu vénéneux de la peinture de Klimt. Les interdits de la société bourgeoise, mis à mal par les révélations parfois terrifiantes de la psychanalyse, volent en éclat sous le regard du peintre des femmes, qui sait exprimer à merveille le caractère impérieux du désir et l’angoisse de l’homme (l’Angst freudienne) devant cette puissance. La pluie d’or de Danaé est redoutablement métaphorique, tout autant que l’abandon du célèbre Baiser. Les illustrations et les commentaires qui les accompagnent dans le présent ouvrage donnent à voir et à comprendre. Il faut leur rendre grâce de cette élucidation qui ne nuit pas au mystère peu vénéneux de la peinture de Klimt.

BAUMER, Angelika. - Klimt : femmes. – Réédition. – Hazan, 2005. – 95 p. : ill. en coul.. – ISBN : 2-85025-813-X
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