Kiki de Montparnasse ** de Catel & Bocquet (2007)

19.05
2008

Vous avez tous reconnue dessinée l’égérie de Man Ray dans les années 20, celle que le tout Montparnasse appelle Kiki, et que tous les artistes de l’époque ont adulée ou prise au moins une fois pour modèle voire pour maîtresse : Soutine, Modigliani, Kisling, Fujita, rendu célèbre par son Nu couché à la toile de Jouy d’elle, Per Krohg, l’amateur d’art Henri-Pierre Roché, Picasso, Tristan Tsara, Robert Desnos, André Breton, Marcel Duchamp, Calder, Utrillo, Léger, Ivan Mosjoukine, Jean Cocteau, Henri Broca, Ernest Hemingway,… Voici la biographie tumultueuse et passionnée d’Alice Prin que rien ne prédestinait à devenir cette muse charismatique du tout Paris de l’entre-deux-guerres.

Voilà un visage aux yeux fermés que je contemple depuis longtemps sans bien le connaître, celui posant sur l’une de ces photographies de Man Ray demeurée dans la mémoire collective, Noire et blanche, datée de 1926. Cette bande dessinée a l’heur de nous plonger dans ce Paris des années 20 en pleine effervescence artistique, au milieu des histoires amoureuses des uns et des autres, de leurs amitiés perdues et retrouvées, et de leur percée les poches pleines dans le monde de l’art ou quittes pour n’être reconnus qu’à leur mort. Le personnage de Kiki, qui pourrait passer pour vulgaire et grossier, vendant ses charmes à qui veut et poussant la chansonnette grivoise sur les tables, y devient entier et attachant, et ceux des artistes les plus célèbres on ne peut plus humains. Une BD emblématique d’une époque-phare de l’art.

Prix FNAC-SNCF – 2008

Prix Essentiel – Angoulême 2007

Vous pouvez lire aussi d’autres avis, tel celui inspiré sur Lectures et autres.

Casterman, 2007. – 374 p.. – (écritures). – ISBN 978-2-203-39621-0 : 18,95 €.

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