Joseph de Marie-Hélène Lafon

16.10
2016
cop. Folio

cop. Folio

Marie-Hélène Lafon, c’est cette prof de lettres classiques, une habituée de la Grande librairie. Elle a cette assurance de ceux qui ont fait leur carrière dans l’Education Nationale et en tirent sinon une fierté, tout du moins le rôle-titre de celui qui sait. Sans une rencontre scolaire prévue l’an prochain, il est probable que je n’aurais pas eu la curiosité de la lire.

Joseph, cinquante-huit ans, vieux garçon, ouvrier agricole, sait tenir sa place chez ses patrons. Il se tait. Son frère parti pour fuir cette vie d’agriculteur d’un autre monde, d’un autre temps, a fondé une famille, tient un café-tabac en Normandie. Sa mère, après l’avoir rejoint pour s’occuper de ses petites-filles, est décédée. Et lui, il a sa place déjà dans la maison de retraite du coin. Une vie simple, brouillée par un épisode amoureux…

D’emblée, on y est, dans cette atmosphère d’une vie simple, rude, d’ouvrier agricole. On entendrait presque le tic-tac de la grosse horloge pendant que Joseph fait sa toilette à part. Avec ses longues phrases qu’elle fait respirer à coups de virgules et de points-virgules, l’écriture de Marie-Hélène Lafon n’est pas sans rappeler celle de Laurent Mauvignier, dans ses plus beaux textes. Elle a l’art de créer du suspens jusque dans ce portrait d’un homme qu’on pourrait croire sans histoire, mais si, il en a eu une, justement, d’histoire, et c’est cette blessure intérieure qu’elle taquine de la plume, laissant une part d’ombre jusqu’à la fin.

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