Hector Guimard – Robert Mallet-Stevens : Villas modernes

25.11
2011

Cet ouvrage, à destination des professeurs d’arts plastiques et d’histoire des arts, est composé de trois parties.

La première décrit les permanences de la villa du point de vue du type architectural depuis l’Empire romain jusqu’à la période contemporaine. Ces dernières consistent en l’idéalisation de la campagne, l’exaltation du site, l’expression du mode de vie, l’ostentation et l’autonomie de la forme architecturale. Elles traduisent le désir d’un retour aux origines, la volonté de se livrer aux plaisirs de la chasse et de la lecture, de privilégier l’agrément, le repos, la solitude, la relation avec la Nature. Pour commencer, le choix du terrain est important : l’invention du jardin paysager fait qu’on le préfère irrégulier, déformé. Ensuite vient le choix de la maison, qui, selon Dowing, doit avant tout être pratique, fonctionnelle et salubre, mais aussi exprimer sa fonction domestique par un porche et une cheminée, et être belle, s’accordant au paysage et à la personnalité de ses habitants.

Issues de la rencontre du désir d’architecture d’un commanditaire avec un architecte soucieux d’exprimer l’état de sa pensée sur la pratique, les villas les plus emblématiques des deux architectes ont été choisies pour illustrer les deux autres parties du dossier :

Les villas de Guimard sont en réalité des castels, au plan compact et aux multiples décrochés et élévations mouvementés. Les matériaux utilisés pour le Castel Henriette, dépourvu de ligne droite, asymétrique, orné de métaphores animales et végétales,  sont de la lave émaillée, de la céramique, de la mosaïque, de la pâte de verre, du plâtre, de la fonte, du fer-forgé, du cuivre,…Mais d’après Richard Klein, c’est avec le Castel d’Orgeval (1904) que Guimard aurait été au sommet de son art, avec son parc à l’anglaise.

 

Mallet-Stevens, pourtant contemporain d’Hector Guimard, a choisi une voie radicalement différente et qui devait être suivie dans l’histoire de l’architecture, reléguant celle de Guimard, personnelle (Style Guimard) et singulière, comme étant trop chargée et dépassée. Il n’aura de cesse de vouloir allier confort, simplicité de la ligne et modernité dans les trois villas analysées : la Villa Noailles à Hyères (1923), la Villa de Paul Poiret et la Villa Cavrois à Croix (1932). Hélas, ces dernières ont été laissées à l’abandon, et l’auteur de conclure sur la question de la conservation du patrimoine pour l’histoire de l’architecture.

Aimé

Un ouvrage pédagogique intéressant. Si le confort et la modernité de Mallet-Stevens reste frappante, il n’en demeure pas moins que le choix de toits plats en France, du béton froid, gris et triste, et des parallélépipèdes leur fait ressembler à des entreprises… Alors que Guimard, au style certes chargé, me semble privilégier une villégiature certes bourgeoise mais qui ressemble malgré tout à un joli nid douillet, dans lequel on a très envie de loger.

Hector Guimard, Robert Mallet-Stevens :  villas modernes  Richard Klein  ; avec la collab. de Gilles Maury. - [Paris]  : Centre national de documentation pédagogique , 2004.- 68 p.  : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul.  ; 30 cm .- (Baccalauréat arts plastiques). - Bibliogr. p. 68. Filmogr. p. 68. - ISBN 2-240-01614-0 : 9 €.

 

 

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