Faire l’amour * de Jean-Philippe Toussaint (2002)

25.12
2005

cop. éditions de Minuit

« J’avais fait remplir un flacon d’acide chlorydrique, et je le gardais sur moi en permanence, avec l’idée de le jetre un jour à la gueule de quelqu’un. » (Incipit)

Cette nuit sera la dernière. Ils le savent tous deux. Et c’est dans la chambre d’un palace de Tokyo qu’ils avortent cette dernière nuit d’amour, une chambre encombrée par les innombrables robes créées par Marie, véritables oeuvres d’art destinées à être exposées au Musée. Ils s’aiment encore, mais ne se supportent plus, et, entre deux étreintes, Marie laisse couler ses larmes…

« Nous ne nous étions pas embrassés tout de suite cette nuit-là. Non, pas tout de suite. Mais qui n’aime prolonger ce moment délicieux qui précède le premier baiser, quand deux êtres qui ressentent l’un pour l’autre quelque inclination amoureuse ont déjà tacitement décidé de s’embrasser, que leurs yeux le savent, leurs sourires le devinent, que leurs lèvres et leurs mains le pressentent, mais qu’ils diffèrent encore le moment d’effleurer tendrement leurs bouches pour la première fois ? »

Quittant l’apparente froideur et la violence contenue de La Salle de bain, Jean-Philippe Toussaint décrit ici une déchirure, une rupture entre deux êtres qui s’aiment encore, se cherchent, et cela sans jamais tomber dans le pathos ; au contraire, il rend évidentes et criantes de douleur certaines scènes d’un érotisme teinté de mélancolie, d’une perte attendue, de la certitude d’une absence à venir dans l’instant présent.

 

Editions de Minuit, 2002.

Partagez

Tags: , , ,

1 Reponse to “Faire l’amour * de Jean-Philippe Toussaint (2002)”

  1. Carnets de SeL dit :

    De fait, j’ai préféré ce roman à ‘La salle de bain’, trop minimaliste à mon goût, mais pas dépourvu d’intérêt pour autant.
    Commentaire n°1 posté par Marie le 23/03/2009 à 01h07

Laisser un commentaire