De la lecture selon Walter Benjamin et Ludwig Wittgenstein de Siegfried Plümper-Hüttenbrink (2006)

05.09
2007

« J’emploie le mot « lecture » en songeant au singulier spectacle qu’offre un homme dans une chambre, reclus en compagnie d’un livre, et qui lirait bouche bée sans articuler un mot.

Sorte de rumination muette et intime qui ferait du corps d’un lecteur un gisant, un poids mort, à ainsi persévérer dans son inertie.
Saint-Augustin rapporte cet événement dans ses Confessions, à propos de Saint-Ambroise, évêque de Milan. Dans les premiers temps de l’Antiquité, la lecture se faisait de vive voix et en commun – oecuméniquement pour ainsi dire, de bouche à oreille – parce qu’il n’y avait dans les livres de l’époque ni signes de  ponctuation, ni intervalles entre les mots. Tomber dès lors sur un lecteur isolé et muet, tenu en quelque sorte au silence sur ce qu’il lisait, devait probablement être un spectacle des plus ambigus, proche du confessionnal… » (Incipit)

 

Qu’est-ce que lire ? L’auteur en une prose poétique nous donne sa vision fragmentée de la lecture et du lecteur, avant de nous proposer celle de Walter Benjamin. Il se demande pour finir comment lire Ludwig Wittgenstein :  »Assis ? Debout ? Couché ? Ou encore en prenant un bain ? » Plus sérieusement ensuite, lentement pour commencer…

La Main courante, 2006.
41 pages.
ISBN : 2-913919-30-8 : 13 €.

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