Cette vie mensongère de Giuseppe Montesano

26.10
2005

cop. Métailié

 

Roberto refuse l’une après l’autre les propositions d’emploi sensées et « lucratives » de sa famille : de cet univers petit-bourgeois, il ne veut pas. Aussi, lorsqu’il lit une annonce demandant « quelqu’un disposé à laisser derrière soi le monde de la vulgarité, la fange conformiste du présent », il entre au service de Cardano, un artiste, gendre dandy d’une grande famille de Naples, les Negromonte. Dans cette vaste demeure où le patriarche fait loi, chacun courbe l’échine, même Cardano, dont la lâcheté n’a d’égale que la cupidité. Tous excepté Andrea, le cadet, qui préfère partir. Roberto apprend alors l’immense projet que fomentent les fils Negomonte : s’approprier jardins, places, églises et musées de Naples pour transformer la ville toute entière en un immense parc de loisirs, avec le consentement des habitants abrutis par une propagande satisfaisant leur petit confort matériel.

Giuseppe Montesano imagine l’avènement d’une monarchie libérale, néo-fasciste, d’un monde gouverné par d’imbéciles nantis, détournant la moindre citation, le moindre objet d’art, à leur profit et donc à la vacuité de son sens, un monde où tout va à vau-l’eau. La critique est acerbe, le message ironique et virulent, le contexte sous-entendu, le grotesque omniprésent. Un reproche tout de même, et de taille : à force de donner sans cesse la parole aux inepties de personnages creux, qui plus est s’exprimant fort mal dans un mélange de patois et de formulations lapidaires, Guiseppe Montesano finit par réduire la narration à une peau de chagrin. Dommage.

 

MONTESANO, Giuseppe. – Cette vie mensongère. / trad. de l’italien par Serge Quadruppani. – Métailié, 2005. – 209 p.. – (Bibliothèque italienne). – ISBN : 2-86424-554-X : 18 €.
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