Cendrillon de Charles Perrault vs Walt Disney

06.03
2016

220px-Gustave_dore_cendrillon4Le conte

Ah cette histoire qui a fait naître la sacro-sainte permission de minuit (pour sortir en boîte et non plus au bal), comme si, là encore, le but ultime pour une fille était d’épouser un prince, et ses qualités d’aimer faire le ménage, se coiffer, repasser,… Le détail de la pantoufle de vair, qui exige de l’élue d’avoir le pied petit, fait aussi penser à la culture chinoise qui exigeait des femmes, pour espérer faire un beau mariage, le bandage de leurs pieds afin de les avoir les plus petits possible. L’intervention de la marraine la fée est un deus ex machina : celle-ci aurait mieux fait de lui venir en aide dès la mort de son père d’ailleurs, au lieu de n’intervenir que pour la sortie d’un soir. C’est pourtant l’objet de la 2e morale du conte : sans marraine, on a beau être beau, bon et intelligent, on ne peut accéder à rien… Rien à attendre donc de nos seules qualités, sans intervention extérieure (coup de piston)…

Le dessin animé de Walt Disney

L’histoire est très peu remaniée, si ce n’est l’ajout bénéfique des amis animaux de Cendrillon, l’absence d’explication au surnom de Cendrillon…. et la figure du père de Cendrillon qui décède avant d’avoir connu le vrai visage de sa nouvelle femme (contrairement à celui de Perrault, entaché par son aveuglement et sa lâcheté sous l’emprise de sa seconde femme). D’ailleurs, tous les hommes du dessin animé sans exception paraissent bons…

Mon avis

L’intervention prépondérante de ses amis animaux permet de mettre de l’humour et de l’aventure dans ce récit qui, sans quoi, serait bien fade, et antiféministe, où les femmes qui sont indépendantes sont égoïstes et cruelles, et la jeune Cendrillon leur esclave, passant son enfance et son adolescence à faire le ménage et à leur préparer les repas. Le seul désir de cette jeune Cendrillon, c’est l’amour, qui lui permettra d’échapper à sa triste condition… alors qu’elle pourrait tenter de s’en extraire par elle-même… si elle vivait aujourd’hui. Voilà où le bât blesse dans ces dessins animés de Walt Disney, c’est qu’ils véhiculent une figure féminine qui n’a plus cours aujourd’hui (et espérons demain aussi), dépendante du bon vouloir des autres et notamment des hommes.

A éviter, mais bon, les animaux heureusement font diversion.

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