Categorie ‘Bandes Dessinées

Le monde de Zhou Zhou 1 & 2 de Golo Zhao & Bayue Chang’an

10.01
2018
cop. Casterman

cop. Casterman

La mère élève seule Yu Zhouzhou, âgée de 6 ans, dans un quartier populaire. Quand sa petite fille est en âge d’entrer à l’école, elle est obligée de l’envoyer vivre chez sa grand-mère avec ses deux cousines, pour lui permettre d’avoir une scolarité correcte. Zhouzhou doit donc quitter son seul ami, Benz-Benz, qui pleure toujours car son père le bat, pour partir partager la même chambre avec deux cousines qui ne lui réservent pas un très bon accueil. A l’école, elle se retrouve la plus mauvaise élève de la plus mauvaise classe, la CP7. Heureusement, elle ne manque pas de répartie et s’évade en compagnie de ses amis imaginaires. Bientôt elle rencontre Yang Lin, un garçon de la première classe, et se lance comme défi de remonter jusqu’à sa classe…

A travers la vie quotidienne de cette petite fille, on découvre l’inégalité sociale qui rejaillit sur le système scolaire, et l’extrême compétition mise en place dans chaque classe et entre les classes, avec des professeurs qui valorisent les meilleurs élèves et négligent les plus faibles. Le dessin, façon manga, l’origine sociale, et l’univers que s’est créé cette petite fille solitaire, qui a une approche de la vie et des autres différente, rendent l’héroïne très attachante.

On attendait la suite…

cop. Casterman

cop. Casterman

La voici :

Yu Zhouzhou a un déclic et comprend que le pinyin est la prononciation des mots : tout devient plus clair ! Non seulement Yu Zhouzhou sait lire, mais elle sait résoudre des problèmes, réciter : la maîtresse la félicite ! Mais elle se heurte à l’indifférence et à l’absence de sa mère. Bientôt elle est même sélectionnée par l’école pour participer au concours d’éloquence pour enfants !

On est de tout coeur avec cette petite Zhouzhou, qui loin d’être seulement une élève appliquée, semble faire preuve de beaucoup d’inventivité !

Article publié le 13 septembre 2017, mis à jour pour le second tome le 10 janvier 2018

Sur les ailes du monde, Audubon de Grolleau & Royer

27.12
2017
cop. Dargaud

cop. Dargaud

L’an dernier mon beau-frère m’avait offert ce biopic d’un grand ornithologue. Le sujet m’intéressant peu, je l’avais un peu oublié dans mon immense pile à lire jusqu’à la semaine dernière.

En ce début du XIXe siècle, John James Audubon voue une passion peu ordinaire pour les oiseaux, qu’il peint plus vrais que nature. Hélas, aux Etats-Unis, il est précédé par un confrère, Alexander Wilson, à qui on lui préfère les planches « plus scientifiques » et moins artistiques. Audubon ne désespère pas et poursuit ses expéditions toujours plus loin, délaissant femme et enfants pour satisfaire sa passion dévorante pour l’observation des oiseaux de tout le continent, la passion de toute une vie. Ce n’est qu’à Londres que ses planches connaissent enfin le succès qu’elles méritent.

Ignorant tout d’Audubon, l’un des rares Français pourtant célèbre dans son domaine et aux Etats-Unis, j’ai lu avec plaisir ce biopic particulièrement bien dessiné par Jérémie Royer, aux couleurs un peu rétro, et au scénario de Fabien Grolleau inspiré de ses récits d’explorateur. Le fait qu’il parte plusieurs années en laissant derrière lui sa famille peut choquer de nos jours, tout comme sa méthode de collectionneur qui consiste à tirer et à massacrer les espèces rares pour mieux les mettre en scène et les peindre : à l’évidence, il lui importait peu d’éteindre une espèce qu’il admirait et répertoriait. Alors qu’on décimait les dernières tribus d’Indiens d’Amérique, on était loin à l’époque de se préoccuper du problème de l’extinction des espèces !

 

Repères de Jochen Gerner

20.12
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

 

2000 dessins pour comprendre le monde

Chaque semaine, dans le magazine hebdomadaire le 1, Jochen Gerner explique synthétiquement un fait d’actualité en en retraçant l’historique à l’encre de Chine, avec force raccourcis, pictogrammes et une bonne dose d’humour.

Voici une anthologie chronologique de ses dessinsdu lancement du n°0 du 1er avril 2014 au 154 du 10 mai 2017, avec l’élection présidentielle. Tout comprendre de l’opposition entre sunnites et chiites, l’allègement du temps de travail, la place des parents à l’école, la vie de Donald Trump, la société collaborative,… chaque sujet a droit à sa double page. Un condensé didactique de tout ce qui a fait l’actualité ces trois dernières années. Une excellente idée cadeau ludique et pédagogique !

Jochen Gerner

Repères

Casterman

239 p. ; 14*20 cm.

EAN13 978-2-203-15377-6 : 15 €

Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

13.12
2017
cop. 6 pieds sous terre

cop. 6 pieds sous terre

 

Arrivé à la caisse d’un supermarché, un auteur de bande dessinée constate qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui, qu’il a dû la laisser dans la poche de son autre pantalon. Aussitôt la caissière interpelle le vigile, que l’auteur menace au moyen d’un poireau, puis s’enfuit. Aussitôt la police est en alerte dans tout le pays, la traque commence. Les médias s’emparent de l’affaire, divisant la France en pleine psychose…

 

« Zaï zaï zaï zaï », cela vous dit quelque chose ? C’est le refrain d’une chanson française, celle de « Siffler sur la colline » chantée par Joe Dassin, plutôt gaie et légère… comme la lecture de cette BD qui critique avec beaucoup d’humour et de dérision la société de consommation et ses cartes de fidélité, la bêtise humaine et le souci de son petit confort, les préjugés envers les auteurs de bande dessinée, dans un état de précarité pire que les intermittents. Les événements s’enchaînent, tous aussi absurdes ou invraisemblables, jusqu’à la sentence prononcée, heureusement du même acabit !

Une BD à offrir à un bon pote !

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Wonder Woman : Terre-Un de Grant Morrison et Yanick Paquette

06.12
2017
cop. Urban Comics

cop. Urban Comics

 

Devenues jadis les esclaves du demi-dieu Hercule, les Amazones se sont jurées après s’être révoltées et libérées de s’éloigner à jamais du « monde des hommes », un monde engendrant le chaos et la guerre. Plusieurs millénaires plus tard, la princesse Diana, dont les origines sont auréolées de mystère, sauve un pilote écrasé sur l’île, Steve Trevor. Incapable alors de le guérir par ses propres moyens, elle le ramène pour le faire soigner par les siens aux États-Unis…

Dans ma jeunesse, j’ai lu beaucoup de comics mais pas ceux sur Wonderwoman. En revanche, j’ai beaucoup apprécié en son temps la série télévisée. Par conséquent, le long-métrage sorti en salle cette année m’a beaucoup surprise, et cette bande dessinée en est l’adaptation  à la fois plus licencieuse et plus fidèle aux scenarii originaux : en est témoin la première de couverture qui fait de cette super-héroïne une majorette adepte du bondage, apte à attirer le lectorat essentiellement masculin de l’époque. Si bien que la forme donnée à Wonder Woman, insistant sur sa plastique et son costume, édulcore un peu le propos féministe : elle fait l’étalage de ses super – gadgets hérités des Dieux et de sa force d’Hercule, son père (et non de Zeus comme dans les versions précédentes), mais pas suffisamment de son intelligence. En revanche est soulignée l’homosexualité des habitantes de l’île et minimalisé le pouvoir de séduction des hommes. En fait, Wonderwoman est à la fois « bonne » et puissante, douce avec ses pairs et dure envers les hommes, de quoi finalement faire rêver les jeunes filles, alors… pourquoi pas ?

Isadora de Julie Birmant et Clément Oubrerie

01.11
2017
cop. Dargaud

cop. Dargaud

Second volet du biopic sur Isadora Duncan, suite du si mal nommé (stratégiquement) « Il était une fois dans l’est », Isadora ferme le diptyque de la vie tragique de cette immense danseuse, un peu cinglée, nostalgique des temps révolus de la Grèce antique.

Dans cette seconde partie, sa relation avec Serge Essenine, poète russe, semble plus lui peser que compter comme un atout dans sa carrière. Julie Brimant choisit de ne pas s’attarder sur l’épisode tragique de la mort de ses deux enfants noyés, qui la hante, ni sur son ingratitude envers Loïe Fuller, qui lui permet d’accéder à la renommée en lui faisant bénéficier de son réseau.  Elle la fait fuir sa famille passablement frappée, qui choisit de revivre comme aux calendes grecques, alors qu’elle est aussi obsédée par ces temps révolus, si ce n’est davantage encore, montant une école. Bref je ne suis pas sortie convaincue de cette lecture, puisque je m’étais faite une toute autre idée de cette célèbre danseuse !

Lecture dans le cadre de mon Challenge danse

Le joueur d’échecs de David Sala (d’après Zweig)

27.10
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

 

New-York 1941 : embarquement à bord d’un paquebot pour Buenos Aires. Mirko Czentovic, champion du monde d’échecs, monte à bord. Dès son plus jeune âge, il a excellé exclusivement dans ce jeu. Le narrateur, piqué par la curiosité, fait en sorte que le richissime Mc Connor paie le champion pour jouer une partie contre eux. Mirko, bouffi d’orgueil, commence à les battre à plate couture jusqu’à ce qu’un homme intervienne, semblant connaitre toutes les configurations par coeur. Quand, à la fin de la partie, Mc Connor propose à l’inconnu de jouer seul contre le champion, ce dernier prend peur, disant que cela fait 25 ans qu’il n’a plus touché aux échecs, comme s’il se fût agi d’une drogue…

Un collègue scénariste envisageait lui aussi d’adapter Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig. On lui aura fauché l’herbe sous le pied ! Mais avec quel brio ! Je ne m’attarderai pas cette fois sur le scénario puisque l’adaptation de cette nouvelle de l’admirable Stefan Zweig me parait tout à fait bien vue, mais sur la mise en cases et en images de cette histoire. En effet, ses cases deviennent des tableaux, ses décors des illusions d’optique géométriques, ses vêtements des parures de Klimt et ses personnages des caractères de Schiele. Je suis sortie éblouie par cette mise en images toute en couleurs directes à l’aquarelle. Une vraie prouesse.

 

SALA, David

Le joueur d’échecs

Casterman, 2017

111 p. : ill. en coul.

EAN13 9782203093478 : 20 €