Categorie ‘B.D. & mangas

Petit vampire : acte 2 de Joann Sfar

07.02
2018
cop. rue de Sèvres

cop. rue de Sèvres

Petit Vampire échappe à ses amis les trois monstres lors d’une partie de cache-cache peinture pour aller voir son nouvel ami humain Michel. En effet, il le pense en danger car il a vu le redoutable Gibbous rôder autour de sa maison. Mais le capitaine des Morts et Pandora envoient les monstres le rechercher, et avec lui Michel pour le faire taire. Mais une fois à la maison de la terreur, Michel séduit tout le monde, même s’il risque sa vie à chaque minute passée avec ses nouveaux amis…

Ces planches chargées de bulles et de cases aux dominantes vertes et violettes narrent l’histoire classique d’une amitié impossible, entre un petit humain bravant l’affreux Gibbous et un petit vampire, entouré de monstres gentils. Mignon.

 

 

SFAR, Joann, JARDEL, Sandrine

Petit vampire : acte 2 : la maison de la terreur qui fait peur

Rue de Sèvres, 2018

57 p. : ill. en coul. ; 32*24 cm

EAN13 9782369814702 : 13 €

Comme un chef de Peeters & Aurita

24.01
2018
cop. Casterman

cop. Casterman

 

Ce récit initiatique de Benoit Peeters nous ouvre les portes de son intimité : il nous livre d’abord son enfance où son environnement est peu propice à un éveil au goût, puis son adulescence où il a la révélation en goûtant à l’escalope de saumon à l’oseille des frères Troisgros. Mais c’est grâce à La cuisine gourmande de Michel Guérard que Benoit Peeters commence à cuisiner. S’inspirant de son ouvrage Roland Barthes sur Roland Barthes, Benoit Peeters invite alors à diner l’illustre et le seul directeur de thèse à avoir accepté son sujet sur Hergé, Roland Barthes. Mais pour Barthes et ses amis, la saveur y est, mais pas la quantité ! Benoit publie un roman chez Minuit, et, contre l’avis de ses parents qui lui coupent les vivres, il renonce à tenter Normale Sup ou Sciences-Po. Pour vivre, tout en rédigeant son mémoire sur Tintin, il décide alors de louer ses services comme cuisinier à domicile, où il va de surprise en surprise, comme sa compagne d’ailleurs, future photographe, qui a décidé de faire taxi…

Il nous avait caché ça ! S’il y a une personne encore vivante, dont j’admire le parcours littéraire et artistique, c’est bien Benoit Peeters. Si le terreau familial n’était pas propice à une vocation de gastronome, en revanche, Benoit Peeters a fait des rencontres littéraires et artistiques qui ont pu lui ouvrir la voie : François Schuiten, qui publie déjà chez Métal hurlant, fut un ami d’enfance, Roland Barthes son directeur de thèse, Jérôme Lindon son premier éditeur ! Et voilà qu’il aime la bonne cuisine, a côtoyé les plus grands chefs, et sait cuisiner : mais bon sang, voici un homme à marier ;-)

Trêve de plaisanteries : sous couvert d’une vocation inachevée, Benoit Peeters nous livre ici, en plus d’une autobiographie culinaire, une véritable invitation à l’éducation au goût : la qualité plus que la quantité, quitte à ce que Barthes le trouve un rien ascétique à son goût, ce que, du reste, Benoit Peeters semble avoir mal digéré, une trentaine d’années après.

Ce roman graphique, qui met de la couleur dans les mets et vins, donne bien envie de se remettre aux fourneaux !

 

Peeters, Benoît, Aurita, Aurélia
Comme un chef
Préface de Pierre Gagnaire
Casterman, 2018 (Écritures)

EAN13 9782203146754 : 18,95 €

Le monde de Zhou Zhou 1 & 2 de Golo Zhao & Bayue Chang’an

10.01
2018
cop. Casterman

cop. Casterman

La mère élève seule Yu Zhouzhou, âgée de 6 ans, dans un quartier populaire. Quand sa petite fille est en âge d’entrer à l’école, elle est obligée de l’envoyer vivre chez sa grand-mère avec ses deux cousines, pour lui permettre d’avoir une scolarité correcte. Zhouzhou doit donc quitter son seul ami, Benz-Benz, qui pleure toujours car son père le bat, pour partir partager la même chambre avec deux cousines qui ne lui réservent pas un très bon accueil. A l’école, elle se retrouve la plus mauvaise élève de la plus mauvaise classe, la CP7. Heureusement, elle ne manque pas de répartie et s’évade en compagnie de ses amis imaginaires. Bientôt elle rencontre Yang Lin, un garçon de la première classe, et se lance comme défi de remonter jusqu’à sa classe…

A travers la vie quotidienne de cette petite fille, on découvre l’inégalité sociale qui rejaillit sur le système scolaire, et l’extrême compétition mise en place dans chaque classe et entre les classes, avec des professeurs qui valorisent les meilleurs élèves et négligent les plus faibles. Le dessin, façon manga, l’origine sociale, et l’univers que s’est créé cette petite fille solitaire, qui a une approche de la vie et des autres différente, rendent l’héroïne très attachante.

On attendait la suite…

cop. Casterman

cop. Casterman

La voici :

Yu Zhouzhou a un déclic et comprend que le pinyin est la prononciation des mots : tout devient plus clair ! Non seulement Yu Zhouzhou sait lire, mais elle sait résoudre des problèmes, réciter : la maîtresse la félicite ! Mais elle se heurte à l’indifférence et à l’absence de sa mère. Bientôt elle est même sélectionnée par l’école pour participer au concours d’éloquence pour enfants !

On est de tout coeur avec cette petite Zhouzhou, qui loin d’être seulement une élève appliquée, semble faire preuve de beaucoup d’inventivité !

Article publié le 13 septembre 2017, mis à jour pour le second tome le 10 janvier 2018

Sur les ailes du monde, Audubon de Grolleau & Royer

27.12
2017
cop. Dargaud

cop. Dargaud

L’an dernier mon beau-frère m’avait offert ce biopic d’un grand ornithologue. Le sujet m’intéressant peu, je l’avais un peu oublié dans mon immense pile à lire jusqu’à la semaine dernière.

En ce début du XIXe siècle, John James Audubon voue une passion peu ordinaire pour les oiseaux, qu’il peint plus vrais que nature. Hélas, aux Etats-Unis, il est précédé par un confrère, Alexander Wilson, à qui on lui préfère les planches « plus scientifiques » et moins artistiques. Audubon ne désespère pas et poursuit ses expéditions toujours plus loin, délaissant femme et enfants pour satisfaire sa passion dévorante pour l’observation des oiseaux de tout le continent, la passion de toute une vie. Ce n’est qu’à Londres que ses planches connaissent enfin le succès qu’elles méritent.

Ignorant tout d’Audubon, l’un des rares Français pourtant célèbre dans son domaine et aux Etats-Unis, j’ai lu avec plaisir ce biopic particulièrement bien dessiné par Jérémie Royer, aux couleurs un peu rétro, et au scénario de Fabien Grolleau inspiré de ses récits d’explorateur. Le fait qu’il parte plusieurs années en laissant derrière lui sa famille peut choquer de nos jours, tout comme sa méthode de collectionneur qui consiste à tirer et à massacrer les espèces rares pour mieux les mettre en scène et les peindre : à l’évidence, il lui importait peu d’éteindre une espèce qu’il admirait et répertoriait. Alors qu’on décimait les dernières tribus d’Indiens d’Amérique, on était loin à l’époque de se préoccuper du problème de l’extinction des espèces !

 

Repères de Jochen Gerner

20.12
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

 

2000 dessins pour comprendre le monde

Chaque semaine, dans le magazine hebdomadaire le 1, Jochen Gerner explique synthétiquement un fait d’actualité en en retraçant l’historique à l’encre de Chine, avec force raccourcis, pictogrammes et une bonne dose d’humour.

Voici une anthologie chronologique de ses dessinsdu lancement du n°0 du 1er avril 2014 au 154 du 10 mai 2017, avec l’élection présidentielle. Tout comprendre de l’opposition entre sunnites et chiites, l’allègement du temps de travail, la place des parents à l’école, la vie de Donald Trump, la société collaborative,… chaque sujet a droit à sa double page. Un condensé didactique de tout ce qui a fait l’actualité ces trois dernières années. Une excellente idée cadeau ludique et pédagogique !

Jochen Gerner

Repères

Casterman

239 p. ; 14*20 cm.

EAN13 978-2-203-15377-6 : 15 €

Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

13.12
2017
cop. 6 pieds sous terre

cop. 6 pieds sous terre

 

Arrivé à la caisse d’un supermarché, un auteur de bande dessinée constate qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui, qu’il a dû la laisser dans la poche de son autre pantalon. Aussitôt la caissière interpelle le vigile, que l’auteur menace au moyen d’un poireau, puis s’enfuit. Aussitôt la police est en alerte dans tout le pays, la traque commence. Les médias s’emparent de l’affaire, divisant la France en pleine psychose…

 

« Zaï zaï zaï zaï », cela vous dit quelque chose ? C’est le refrain d’une chanson française, celle de « Siffler sur la colline » chantée par Joe Dassin, plutôt gaie et légère… comme la lecture de cette BD qui critique avec beaucoup d’humour et de dérision la société de consommation et ses cartes de fidélité, la bêtise humaine et le souci de son petit confort, les préjugés envers les auteurs de bande dessinée, dans un état de précarité pire que les intermittents. Les événements s’enchaînent, tous aussi absurdes ou invraisemblables, jusqu’à la sentence prononcée, heureusement du même acabit !

Une BD à offrir à un bon pote !

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Wonder Woman : Terre-Un de Grant Morrison et Yanick Paquette

06.12
2017
cop. Urban Comics

cop. Urban Comics

 

Devenues jadis les esclaves du demi-dieu Hercule, les Amazones se sont jurées après s’être révoltées et libérées de s’éloigner à jamais du « monde des hommes », un monde engendrant le chaos et la guerre. Plusieurs millénaires plus tard, la princesse Diana, dont les origines sont auréolées de mystère, sauve un pilote écrasé sur l’île, Steve Trevor. Incapable alors de le guérir par ses propres moyens, elle le ramène pour le faire soigner par les siens aux États-Unis…

Dans ma jeunesse, j’ai lu beaucoup de comics mais pas ceux sur Wonderwoman. En revanche, j’ai beaucoup apprécié en son temps la série télévisée. Par conséquent, le long-métrage sorti en salle cette année m’a beaucoup surprise, et cette bande dessinée en est l’adaptation  à la fois plus licencieuse et plus fidèle aux scenarii originaux : en est témoin la première de couverture qui fait de cette super-héroïne une majorette adepte du bondage, apte à attirer le lectorat essentiellement masculin de l’époque. Si bien que la forme donnée à Wonder Woman, insistant sur sa plastique et son costume, édulcore un peu le propos féministe : elle fait l’étalage de ses super – gadgets hérités des Dieux et de sa force d’Hercule, son père (et non de Zeus comme dans les versions précédentes), mais pas suffisamment de son intelligence. En revanche est soulignée l’homosexualité des habitantes de l’île et minimalisé le pouvoir de séduction des hommes. En fait, Wonderwoman est à la fois « bonne » et puissante, douce avec ses pairs et dure envers les hommes, de quoi finalement faire rêver les jeunes filles, alors… pourquoi pas ?