Categorie ‘Carnets de Scénarii

Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

13.12
2017
cop. 6 pieds sous terre

cop. 6 pieds sous terre

 

Arrivé à la caisse d’un supermarché, un auteur de bande dessinée constate qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui, qu’il a dû la laisser dans la poche de son autre pantalon. Aussitôt la caissière interpelle le vigile, que l’auteur menace au moyen d’un poireau, puis s’enfuit. Aussitôt la police est en alerte dans tout le pays, la traque commence. Les médias s’emparent de l’affaire, divisant la France en pleine psychose…

 

« Zaï zaï zaï zaï », cela vous dit quelque chose ? C’est le refrain d’une chanson française, celle de « Siffler sur la colline » chantée par Joe Dassin, plutôt gaie et légère… comme la lecture de cette BD qui critique avec beaucoup d’humour et de dérision la société de consommation et ses cartes de fidélité, la bêtise humaine et le souci de son petit confort, les préjugés envers les auteurs de bande dessinée, dans un état de précarité pire que les intermittents. Les événements s’enchaînent, tous aussi absurdes ou invraisemblables, jusqu’à la sentence prononcée, heureusement du même acabit !

Une BD à offrir à un bon pote !

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Wonder Woman : Terre-Un de Grant Morrison et Yanick Paquette

06.12
2017
cop. Urban Comics

cop. Urban Comics

 

Devenues jadis les esclaves du demi-dieu Hercule, les Amazones se sont jurées après s’être révoltées et libérées de s’éloigner à jamais du « monde des hommes », un monde engendrant le chaos et la guerre. Plusieurs millénaires plus tard, la princesse Diana, dont les origines sont auréolées de mystère, sauve un pilote écrasé sur l’île, Steve Trevor. Incapable alors de le guérir par ses propres moyens, elle le ramène pour le faire soigner par les siens aux États-Unis…

Dans ma jeunesse, j’ai lu beaucoup de comics mais pas ceux sur Wonderwoman. En revanche, j’ai beaucoup apprécié en son temps la série télévisée. Par conséquent, le long-métrage sorti en salle cette année m’a beaucoup surprise, et cette bande dessinée en est l’adaptation  à la fois plus licencieuse et plus fidèle aux scenarii originaux : en est témoin la première de couverture qui fait de cette super-héroïne une majorette adepte du bondage, apte à attirer le lectorat essentiellement masculin de l’époque. Si bien que la forme donnée à Wonder Woman, insistant sur sa plastique et son costume, édulcore un peu le propos féministe : elle fait l’étalage de ses super – gadgets hérités des Dieux et de sa force d’Hercule, son père (et non de Zeus comme dans les versions précédentes), mais pas suffisamment de son intelligence. En revanche est soulignée l’homosexualité des habitantes de l’île et minimalisé le pouvoir de séduction des hommes. En fait, Wonderwoman est à la fois « bonne » et puissante, douce avec ses pairs et dure envers les hommes, de quoi finalement faire rêver les jeunes filles, alors… pourquoi pas ?

La petite fille aux allumettes de Sanami Suzuki

29.11
2017
cop. éd. komikku

cop. éd. komikku

Chacun a en mémoire l’histoire tragique de la petite fille qui gratte le soir de Noël les allumettes qu’elle est censée vendre, pour se réchauffer, et rêve d’un monde meilleur avant de mourir de froid.

Cette série de mangas reprend l’idée principale en débutant chacun de ses chapitres par ce leitmotiv :

« Je m’appelle Rin. Je suis vendeuse d’allumettes. Mes allumettes donnent forme aux chimères. Autrement dit… à ce qu’on pense quand on les allume. Ce sont des allumettes chimériques… C’est un mot un peu désuet, mais le style rétro, c’est à la mode ! Ca vous tente ?« 

Une fillette habillée en gothique lolita propose des allumettes pour exaucer une rêverie, quelque chose à quoi l’on pense en l’allumant, contre une année de sa vie.

Une autre fillette, elle, sa rivale, propose des bougies pour exaucer un souhait, celui au plus profond de soi.

L’une comme l’autre semblent bien désabusées sur les choix de vie de leurs victimes et la noirceur de certains personnages, notamment pour accéder à la gloire. Le concept m’avait suffisamment séduite pour avoir envie de lire cette série, mais la juxtaposition de chapitres thématiques nuit au suspens, et le fil directeur principal n’est pas suffisamment construit pour faire naître un état de tension chez le lecteur, comme dans d’autres séries comme Death note par exemple.

4 tomes publiés dans cette série actuellement.

Vaïana : La légende du bout du monde

09.11
2017

VaianaPour la fiche technique et le synopsis, on pourra se reporter à l’article Wikipédia sur ce 137e long-métrage d’animation des studios Disney, sorti en 2016 et réalisé par Ron Clements et John Musker.

Nous voici donc cette fois en Polynésie. Il s’agit une fois de plus d’une héroïne (Manne mercantile des produits dérivés ? Public de petites filles plus lucratif ?). Les différents auteurs de Wikipédia se sont prononcés dans l’article sur les sources d’inspiration du scénario, resté plus ou moins fidèle aux mythes polynésiens.

Revenons pour ma part au message véhiculé et au modèle donné aux enfants : il est dommage qu’il s’agisse ENCORE d’une princesse (une fille de chef). Cela aurait tout aussi bien pu être une jeune fille du clan, sans qu’il y ait toujours une relation monarchique, cette supériorité hiérarchique uniquement basée sur une transmission par  lien de parenté. La jeune fille apparait comme intelligente, rusée, sportive, sans qu’on insiste lourdement sur sa beauté, ce qui est louable. Elle finit par triompher de sa mission de réparation du mal causé à Dame nature, l’île déesse, avec l’aide du demi-dieu, sans qu’il lui fasse trop d’ombre et sans qu’il y ait encore une énième amourette, ce qui est bien aussi.

Une histoire somme toute distrayante, sans plus.

Isadora de Julie Birmant et Clément Oubrerie

01.11
2017
cop. Dargaud

cop. Dargaud

Second volet du biopic sur Isadora Duncan, suite du si mal nommé (stratégiquement) « Il était une fois dans l’est », Isadora ferme le diptyque de la vie tragique de cette immense danseuse, un peu cinglée, nostalgique des temps révolus de la Grèce antique.

Dans cette seconde partie, sa relation avec Serge Essenine, poète russe, semble plus lui peser que compter comme un atout dans sa carrière. Julie Brimant choisit de ne pas s’attarder sur l’épisode tragique de la mort de ses deux enfants noyés, qui la hante, ni sur son ingratitude envers Loïe Fuller, qui lui permet d’accéder à la renommée en lui faisant bénéficier de son réseau.  Elle la fait fuir sa famille passablement frappée, qui choisit de revivre comme aux calendes grecques, alors qu’elle est aussi obsédée par ces temps révolus, si ce n’est davantage encore, montant une école. Bref je ne suis pas sortie convaincue de cette lecture, puisque je m’étais faite une toute autre idée de cette célèbre danseuse !

Lecture dans le cadre de mon Challenge danse

Le joueur d’échecs de David Sala (d’après Zweig)

27.10
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

 

New-York 1941 : embarquement à bord d’un paquebot pour Buenos Aires. Mirko Czentovic, champion du monde d’échecs, monte à bord. Dès son plus jeune âge, il a excellé exclusivement dans ce jeu. Le narrateur, piqué par la curiosité, fait en sorte que le richissime Mc Connor paie le champion pour jouer une partie contre eux. Mirko, bouffi d’orgueil, commence à les battre à plate couture jusqu’à ce qu’un homme intervienne, semblant connaitre toutes les configurations par coeur. Quand, à la fin de la partie, Mc Connor propose à l’inconnu de jouer seul contre le champion, ce dernier prend peur, disant que cela fait 25 ans qu’il n’a plus touché aux échecs, comme s’il se fût agi d’une drogue…

Un collègue scénariste envisageait lui aussi d’adapter Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig. On lui aura fauché l’herbe sous le pied ! Mais avec quel brio ! Je ne m’attarderai pas cette fois sur le scénario puisque l’adaptation de cette nouvelle de l’admirable Stefan Zweig me parait tout à fait bien vue, mais sur la mise en cases et en images de cette histoire. En effet, ses cases deviennent des tableaux, ses décors des illusions d’optique géométriques, ses vêtements des parures de Klimt et ses personnages des caractères de Schiele. Je suis sortie éblouie par cette mise en images toute en couleurs directes à l’aquarelle. Une vraie prouesse.

 

SALA, David

Le joueur d’échecs

Casterman, 2017

111 p. : ill. en coul.

EAN13 9782203093478 : 20 €

Balthazar au pays blême de Corteggiani & Domecq

18.10
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

 

Dans un orphelinat de Saint-Pétersbourg, au début du siècle dernier, Balthazar se réveille d’un cauchemar, certain qu’on va venir le chercher. Guidé par une voix, il décide de s’enfuir. Au même moment, des soldats viennent le chercher et son meilleur ami se fait passer pour lui. Balthazar trouve alors refuge dans la roulotte de Maroussia…

Le dessin est rond, entre le manga et l’album pour enfants, le découpage bien rythmé, les atmosphères de couleurs bleues, vertes et rouges alternées ; le scénario mêle les personnages emblématiques du folklore russe au conte merveilleux, laissant malgré tout de nombreuses zones d’ombre nuisant à la vraisemblance de l’ensemble.

CORTEGGIANI, François, DOMECQ, Mathilde

Balthazar au pays blême

Casterman, 2017

120 p. : ill. en coul.

EAN13 9782203094390 : 18 €