Categorie ‘Carnet de Lectures

Les femmes du braconnier de Claude Pujade-Renaud

29.04
2012

 

cop. Actes Sud

 

C’est lors d’une soirée étudiante à Cambridge que Sylvia Plath mord sauvagement à la joue le poète Ted Hughes, comme une proie qu’elle épouse quelques mois plus tard, en juin 1956. De tendance maniaco-dépressive, ayant déjà fait une première tentative de suicide suivie d’un séjour dans une institution psychiatrique, Sylvia Plath écrit également des poèmes. Aussi, lorsqu’elle met au monde Frieda, à Londres en 1960, elle regrette de ne pas avoir encore publié d’oeuvre avant de devenir mère. Les tâches ménagères, son rôle de mère, les soucis financiers et la dactylographie des manuscrits de son époux prévalent davantage alors que sa propre carrière, même si Sylvia Plath publie son premier recueil de poèmes, The Colossus. Nicholas naît en 1962 dans une grande maison en pleine campagne anglaise. Mais Ted étouffe déjà dans sa relation de couple et entame une liaison avec la femme d’un ami poète, Assia Wevill. Sylvia Plath retourne alors seule s’installer à Londres avec ses enfants, Frieda et Nicholas, et loue un appartement dans une maison autrefois occupée par le poète irlandais William Butler Yeats…

 

« Le jaguar observe son vieil ennemi fraternel, l’homme immense, le prédateur. Nullement inquiétant, aujourd’hui : il porte sur ses épaules une petiote, ravie d’être ainsi haut perchée. Fascinée, elle contemple la bête ocellée.

- On avance ? s’impatiente la femme morose poussant le landau.

Ils s’ennuient, tout en donnant l’air d’être une vraie famille, contournent l’enclos des cervidés, parviennent à celui des loups.

- La nuit je les entends, depuis la maison de Yeats. Ils me tiennent compagnie durant mes insomnies. » (p. 210)

 

Le roman Les Femmes du braconnier m’a fait revivre la même expérience de lectrice que La Danse océane : dans l’ignorance complète de la biographie de ses protagonistes, je me suis lancée dans cette lecture comme s’il s’agissait d’une histoire imaginée de bout en bout. Or, cette fois encore, Claude Pujade-Renaud s’est attachée aux portraits extraordinaires de poètes (après ceux de danseuses), se débattant entre leurs aspirations artistiques et leur rôle d’époux/épouse et de parent. La figure de Sylvia Plath, en particulier, domine toute la première partie de ce roman avec sa bipolarité ressortant dans son oeuvre : Américaine pleine de vie en apparence, excellente ménagère, elle se révèle profondément attirée par la mort dans ses poèmes, et pleine de rancoeur envers ses parents. Si d’ailleurs les deux immenses tragédies qui jalonnent ce roman n’étaient pas directement inspirées de la réalité, on aurait presque pu reprocher à l’auteure d’avoir exagérer dans son exploration de Thanatos dans les relations de couple avec Ted Hughes. Un roman très sombre, donc, qui, aussi bien par l’intrigue que par l’écriture, ne m’a pourtant pas aussi séduite que La Danse océane, son premier roman. Il ne me reste plus qu’à découvrir les poèmes des deux protagonistes, Ted Hughes et Sylvia Plath.

A voir l’entrevue de Claude Pujade-Renaud dans Un jour un livre, et trois interviews d’elle dans les carnets de rencontre de Carnets de SeL.
Lire aussi de Claude Pujade-Renaud dans Carnets de Sel : La Danse océane, Martha ou le mensonge du mouvement, Transhumance des tombes, Vous êtes toute seule ? et un essai sur elle.

Idées noires de Franquin

25.04
2012


« Il ne faut pas confondre… » : ainsi débute chacun des gags qu’André Franquin imagine sur les 65 planches qui composent ses Idées noires, publiées en deux tomes, après avoir paru en 1977 dans le supplément du Journal de Spirou, Le Trombone Illustré, puis dans le magazine Fluide Glacial. Franquin y assassine milliardaires, chasseurs et militaires, fait tomber quelques marchands et industriels en leur faisant essayer leurs produits de mauvaise facture, mais aussi des pauvres types croyant sauver leur peau. Il y attaque le nucléaire, les religions, la bêtise humaine.

Ce n’est finalement que du malheur des autres dont on rit à chaque planche. Pour chacune, en effet, une idée noire pour un humour noir, qui débouche le plus souvent sur la mort du personnage principal. Au demeurant les thèmes et réflexions abordés, voire les retournements de situation, n’ont rien perdu de leur acuité, et font rire le lecteur tout en le faisant s’interroger sur l’absurdité du monde dans lequel il vit.

Une bande dessinée culte, excellentissime. Dépressifs, s’abstenir !

Allez jeter un coup d’oeil au site sur les Idées noires ici ou sur le site consacré à Franquin.

FRANQUIN, René. – Idées noires / préface de Gotlib. – Editions A.U.D.I.E., 1981. - (Les albums Fluide Glacial ; tome 1).

 

Octobre noir de Daeninckx et Mako

18.04
2012

Vincent chante dans un groupe de rock, Les Gold Star. De retour chez lui, en banlieue parisienne, Vincent redevient Mohand, le fils d’une famille immigrée algérienne qui subit en France les nombreuses stigmatisations dues à la guerre d’Algérie. Mais il semble vouloir garder ses distances avec toute cette agitation politique, et même lorsque se déroule sous ses yeux le meurtre d’un innocent par la police, il n’en parle à personne. Aussi, en ce soir du 17 octobre 1961, lorsque son père l’oblige à participer avec lui à la manifestation pacifique, appelée par le FLN, pour protester contre le couvre-feu discriminatoire instauré par le Préfet de police Maurice Papon, il préfère s’esquiver au milieu de la foule dans le métro pour rejoindre son groupe qui participe ce soir-là à un tremplin rock donnant accès au gagnant à la scène réputée de l’Olympia. En sortant du Golfe Drouot il découvre un Paris baignant dans le sang…

 

Vingt-sept ans après la publication de son roman Meurtres pour mémoire, Didier Daeninckx évoque de nouveau ce grand massacre, longtemps occulté, de centaines de manifestants pacifistes dans la Seine et dans les rues de Paris, cette sorte de Saint-Barthélémy des immigrés algériens, qui s’éleva à deux morts et soixante-quatre blessés selon la police à l’époque, et que les historiens ont estimé depuis à deux cents morts, plus de deux mille blessés et onze mille arrestations. Mais cette fois, il choisit aux côtés de son vieux complice Mako le support de la bande dessinée, qui l’oblige à se faire plus concis et plus suggestif, mais qui présente l’avantage d’être plus largement lu par un public jeune. Tout comme dans son roman où il avait suivi le destin de quelques manifestants, et intitulé ses premiers chapitres de leurs noms, pour les sauver de l’oubli, Didier Daeninckx a donc fait un choix, celui de rendre hommage à travers cette nouvelle histoire à Fatima Bédar, une jeune algérienne de quinze ans, sous les traits de Khelloudja, la soeur de Vincent-Mohand.

Le trait légèrement grossier et les couleurs sombres de Mako et la simplicité du découpage des cases servent bien le scénario dénonçant les heures sombres de la France, préfacé par Benjamin Stora, historien grand spécialiste de la guerre d’Algérie. Car si Didier Daeninckx a contribué en 1984 à lever le voile sur les exactions de Maurice Papon, alors préfet de police, bien avant son procès en 1998 pour son rôle sous l’Occupation, ce massacre est longtemps resté occulté, la honte de ce qui s’est joué cette nuit-là, les policiers français devenant alors des assassins, le condamnant au silence.

Voilà pourquoi c’est une bande dessinée qui mérite sa place dans les bibliothèques et  dans les centres de documentation et d’information de lycées : pour que l’on n’oublie pas, mais aussi pour que les nouvelles générations découvrent jusqu’où un gouvernement pouvait aller, lorsqu’il stigmatisait une partie des citoyens français, six ans seulement après la fin de l’organisation de la déportation des Juifs sur son territoire.

 

Adlibris, 64 p., 13,50 euros

Que choisir (1961)

12.04
2012

Copyright Que Choisir

Parce que la lecture, c’est aussi lire la presse :

Un magazine d’éducation à la consommation à la Une !

Que choisir est une publication éditée par l’UFC-Que choisir.

Ce mensuel est sans publicité, ce qui signifie d’une part que ses recettes proviennent uniquement de ses acheteurs occasionnels (4,20 euros le n°) et de ses abonnés (44 € pour 11 numéros par an), et que d’autre part la rédaction de ses articles est complètement indépendante.

Tests comparatifs de produits et de services, enquêtes, fiches pratiques composent les 68 pages de cette revue qui défend l’intérêt des consommateurs et dont la réputation n’est plus à faire.

Vigilant, fiable et donc indispensable !

Depuis 2002, l’UFC-Que choisir a aussi son site internet (quechoisir.org), en grande partie sur abonnement en ligne (à partir de 4,50 euros par mois).

Revue de presse

La mise à jour de la revue de presse ci-dessous se fera toujours un jeudi, le mois suivant la parution du dernier numéro, ou davantage, afin de ne pas causer de tort au magazine, mais au contraire pour le faire connaître et le soutenir dans sa démarche.

- Pas très convaincu, Que Choisir, sur les économies réalisées par les lave-vaisselle, notamment en programme économique. Meilleur choix : Whirlpool AWE8760GG Top Zen à 649 euros. (Que Choisir, mars 2012, n°501)

- Ni par les lave-linge à chargement par le dessus. Meilleur choix : Siemens SN26M283FF à 749 euros. (Que Choisir, mars 2012, n°501)

- Les saveurs du vinaigre balsamique, sa recette authentique, les meilleurs choix : Maille 1747 vieilli ou Albert Ménès, le meilleur rapport qualité-prix : Maille ou Bio Village (Leclerc – 3,30 €) pour les vinaigrettes.

- Dacia, meilleure indice de fiabilité, toutes marques confondues, et la moins chère à l’entretien. (Que Choisir, février 2012, n°500)

- Leur mascara préféré : L’Oréal Volume Millions de cils à 17 €. (Que Choisir, février 2012, n°500)

- Economie d’énergie : une année sombre : chute généralisée des crédits d’impôts, exigences renforcées, les travaux à privilégier. (Que Choisir, février 2012, n°500)

- Les niveaux de prix dans 1724 hypers et supermarchés : exemple : Leclerc de Chécy =  - 4,39 et Carrefour Market de Saint-Jean-de-Braye = + 8,36 par rapport au prix moyen du panier au niveau national. (Que Choisir, février 2012, n°500)

- La Poste enfin sanctionnée pour sa politique du non aux petits prix pour les colis de moins de 2 kgs. (Que Choisir, février 2012, n°500)

- Le rapport de l’ASN indique la nécessité d’augmenter la robustesse des centrales nucléaires face à des risques graves. Ce renforcement de la sécurité, plutôt que de les arrêter, se chiffrerait à des dizaines de milliards d’euros.  (Que Choisir, février 2012, n°500)

- Une alimentation riche en vitamines et en Omega 3 peut protéger le cerveau du vieillissement et prévenir la survenue de démences séniles. Et le sport aurait des effets sur les performances scolaires. (Que Choisir, février 2012, n°500)

- Test Stations d’accueil MP3 = Philips DS9000/12 (399 €). (Que Choisir, janvier 2012, n°499)

- Test Tagliatelles fraîches = Giovanna Rasa aux oeufs ; Tagliatelles sèches = Lustucru nids de tagliatelles, oeufs plein air. (Que Choisir, janvier 2012, n°499)

- Test huiles d’olive : château d’Estoublon Mogador (29 euros !), Château de Montfrin (9 euros) et Auchan (4,59 euros le litre). (Que Choisir, septembre 2011, n°495)

- Des mobiles pour téléphoner (ben oui, c’est ça le but, non ?) : meilleur choix = Samsung Wave 533 (Que Choisir, septembre 2011, n°495)

- De bonnes poêles : meilleur choix = Greenpan de Kyoko black (35 euros) et meilleur rapport qualité-prix : Ikea 365 + (Que Choisir, septembre 2011, n°495)

- Vous saurez quelles sont les pratiques utiles pour pouvoir se protéger des moustiques. Evitez les répulsifs anti-moustiques pour les enfants et femmes enceintes, et préférez-leur la mise en place de moustiquaires et de ventilateurs (Que Choisir, juillet-août 2011, n°494)

- Test crèmes solaires : gagnant = Nivéa Sun lait protecteur hydratant 20. (Que Choisir, juillet-août 2011, n°494)

- Pour tout savoir avant de prendre la route des vacances (Que Choisir, juillet-août 2011, n°494)

- Attention au gros ventre !, ont constaté des chercheurs : indépendamment d’un IMC normal, un gros ventre augmenterait de 75% le risque de décès, notamment de maladie cardiaque, par rapport à un abdomen de taille normale. (Que Choisir, juin 2011, n°493)

- et attention aux régimes : « il est interdit d’interdire ! » pourrait-on résumer l’article. Le rapport de l’Anses montre que parmi tous les régimes pratiqués celui préconisé par Weight Watchers reste le plus conforme aux apports nutritionnels conseillés. Sachez cependant qu’au bout d’un an, même si vous avez perdu 10 kgs, 80 % des personnes reprennent leur poids si elles reprennent une alimentation non carencée et plus adaptée à leurs goûts personnels. L’effet yoyo des régimes successifs se révèle alors très mauvais pour le capitale osseux sur le long terme. Seul moyen d’espérer l’éviter : l’activité physique. Un bon régime ? Une diète à teneur réduite en calories, faisant une bonne répartition entre graisses, protéines et glucides, et conforme à nos préférences personnelles et à nos antécédents de santé. Et bouger… Des guides alimentaires gratuits sont disponibles sur le site de l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé).  Informations sur ce site et sur celui de l’ANSES rubrique alimentation humaine > consommateurs.(Que Choisir, juin 2011, n°493)

- Connétable Lable rouge, Arok et Petit Navire constituent les 3e, 4e et 5e choix de leur comparatif de thon en conserve, et les plus accessibles selon moi. (Que Choisir, juin 2011, n°493)

- Meilleur choix en poussettes-cannes : Mac Laren Volo, la plus maniable (120 €). (Que Choisir, juin 2011, n°493)

- Les places de livraison ne sont pas réservées aux seuls véhicules utilitaires, mais à tout automobiliste ayant besoin de charger ou de décharger quelque chose de son véhicule, sans rester y stationner. (Que Choisir, juin 2011, n°493)

- On y parle de remboursements des médicaments en chute libre, du records en pesticides dans le corps des Français, d’un nouveau label européen en cosmétiques « biologiques », Cosmos, de nos données privées qu’utilisent les entreprises sur Internet (p. 18-21) (Que Choisir, mai 2011, n°492)

- Produits pour bébé inutiles : l’équipement qu’il faut avoir pour bébé. (Que Choisir, mai 2011, n°492)

- Jardiner sans pesticides, c’est possible. (Que Choisir, mai 2011, n°492)

- Meilleur choix en matelas : Simmons Lotus (339 €). (Que Choisir, mai 2011, n°492)

- Astuce : attendez la dernière minute pour imprimer à domicile vos billets Prem’s et IDTGV, votre nom étant imprimé dessus. Si vous devez renoncer à votre voyage, vous pourrez indiquer le nom de votre remplaçant. (Que Choisir, avril 2011, n°491)

- Meilleur choix, sans surprise, en tablette tactile : l’iPad. (Que Choisir, avril 2011, n°491)

- Faites un geste : l’un de vos appareils de petit électroménager est tombé en panne ? Au lieu de le jeter, déposez-le à la communauté Emmaüs ou sur l’un des points de collecte Eco-systèmes (www.collectons.org). (Que Choisir, avril 2011, n°491)

- Meilleur choix en jus d’orange 100% pur jus : rien ne vaut un bon jus d’oranges pressées ! En famille, pour gagner du temps, optez à défaut pour le Tropicana Pure Premium avec pulpe. (Que Choisir, avril 2011, n°491)

Hyper ou hard discount : où acheter moins cher : ma sélection = Leclerc à Olivet, Leader Price à Orléans (Que Choisir, mars 2011, n°490)

- Le double visage du commerce équitable : équité ou business ? Pas toujours facile à savoir. Combien pour le producteur ? Plus chers, les produits équitables rémunèrent mieux les producteurs, mais ce n’est pas encore la panacée. Seuls trois logos coexistent sur le marché : Max Habelaar, Ecocert équitable et Bio équitable dont les produits sont obligatoirement bio. (Que Choisir, février 2011, n°489)

Test lessives liquides : ma sélection = Maison verte, Auchan Peaux sensibles et Una (Aldi). (Que Choisir, février 2011, n°489)

- Certains notaires dérapent. Affaire, problèmes de déontologie, biens surpayés… Erwan Seznec rappelle que le consommateur a le droit de choisir son notaire et de négocier ses honoraires : des éléments pour comprendre la tarification, pour examiner le décompte des honoraires libres et savoir qu’à partir de 8% de frais en tant qu’intermédiaire immobilier, le notaire exagère, et que certaines dépenses facturées (photocopies, courriers, enregistrement dans le fichier informatique Perval) sont comprises dans les émoluments (Que Choisir, janvier 2011, n°488),

- Vous souhaitez changer d’ordinateur de bureau ? Sur 9 tout-en-un et 5 PC classiques, la rédaction de Que choisir juge que l’Apple IMac 21,5 pouces a vraiment tout pour plaire… moi aussi ! Sauf peut-être son prix comparé aux PC : 1199 euros !? Mais sa durée de vie l’amortit largement : mon mac date de janvier 2002… et pas un virus, pas un seul problème. (Que Choisir, janvier 2011, n°488).

- Par ici la bonne soupe ! Saviez-vous que commencer un repas par une soupe permettait de diminuer l’apport énergétique total du dîner, et donc de caler sans apporter trop de calories ?  Raison de plus pour regarder d’un peu plus près le résultat de leurs tests effectués sur 28 potages aux légumes. Les meilleurs choix : rien de tel que la soupe maison, voire la soupe surgelée (n°1 : Filière Bio Picard, n°2 : Velouté de Carrefour), sinon pour dépanner le velouté en brique (n°1 : Liebig Pur’Soup, n°2 : Liebig Secrets de cuisson, n°3 : Knorr Bio AB). (Que Choisir, novembre 2010, n°486).

Kwaïdan de Jung

28.03
2012

cop. Delcourt

Le mercredi, c’est bande dessinée !

Tome 1. L’esprit du lac

Tome 2. Setsuko

Tome 3. Métamorphose

Au XIIe siècle, dans le nord du Japon, la princesse du château du clan Okada attend le retour de son amant parti à la guerre. Mais elle a une rivale en la personne de sa propre soeur Akane qui, jalouse, la défigure. Désespérée, la princesse se jette alors dans le lac. A son retour, le guerrier, en apprenant le sort de sa bien-aimée, se crève alors les yeux et la rejoint dans ce lac que leur amour dote d’un pouvoir magique accordant l’immortalité à Arkane. Deux siècles plus tard naît une petite fille défigurée…

Cette légende orientale, largement empreinte de folklore japonais, nous plonge dans un univers fantastique et onirique servi par un graphisme de toute beauté. Tout comme les êtres humains, les fantômes accompagnent, parfois avec sagesse et humour, le destin des personnages principaux, ou, lorsqu’ils sont bornés ou manipulés, les assassinent. Cette violence est constamment adoucie par la nature des sentiments qui agitent les personnages principaux, mais aussi et surtout par les traits des personnages, la chaleur et la douceur des couleurs. Une série à l’esthétisme envoûtant.

 

 

La sagesse de l’éditeur d’Hubert Nyssen

23.03
2012

Après La sagesse du bibliothécaire de Michel Melot, je suis rentrée cette année du Salon du livre avec celle de l’éditeur. Sagesse ? Hubert Nyssen, qui a fondé Actes Sud, préfère parler, lui, de la folie de l’éditeur. A commencer par la sienne. Il retrace ainsi son appréhension du monde de l’édition par le biais de sa grand-mère, son amour des livres et des rencontres avec des auteurs. Ses coups de poker aussi. Son flair. Ainsi, c’est, sans presque l’avoir prémédité, avec un géographe, à sa troisième tentative de fonder une maison d’édition qu’il y parvient. Un éditeur, c’est normalement avant tout un découvreur de talents. Et, c’est en dénichant deux auteurs que personne ne voulait alors publier qu’il assure la prospérité de son entreprise : l’auteure russe Nina Berberova et l’écrivain américain Paul Auster, et en rééditant l’oeuvre complète dans une nouvelle traduction de Dostoïevski. Hubert Nyssen nous parle aussi des livres, de l’objet-livre, de sa conception, de sa faculté à se faire oublier pour faire vivre le texte. Il égratigne quelque peu les grandes maisons d’édition qui n’ont plus qu’une logique comptable, et délaissent leur rôle de découvreuse de talents. Il encense le rôle des femmes, qui de lectrices peuvent devenir éditrices. On pense notamment à Viviane Hamy, Anne Marie Métailié. En revanche, sa considération sur les expressions telles que « Françaises, Français » m’a parue déplacée. Enfin, ce petit ouvrage m’a laissée sur ma faim (sans jeu de mots) : toutes ces considérations sur la folie de l’éditeur ne permettaient pas d’entrer à fond dans le sujet, de connaître également le quotidien de la profession.

 

NYSSEN, Hubert. - La sagesse de l’éditeur. - Paris : L’œil neuf éditions, 2006. – 111 p. ; 20 cm. – (Sagesse d’un métier). - EAN13 978-2-915543-13-1 : 12,50 €.

 

Serge de Régis Loisel & Tripp

21.03
2012

cop. Casterman

La veuve Marie Ducharme emmène chez elle Serge Brouillet, en panne à moto. Impossible de repartir avec toute cette neige. Au village de Notre Dame des Lacs, cela fait jaser. Alors Serge part dormir dans le cabanon qui jouxte la maison. Fin cuisinier, il propose un repas de Noël qui restera à jamais gravé dans la mémoire de ses convives. Lui vient alors une idée…

On commence à bien connaître la personnalité de tous ces habitants du village québécois, et même l’histoire des trois vieilles bigotes, dans cette intrigue qui prend son temps, se déploie au rythme de la vie des villageois, servie par un graphisme plein de chaleur et de tendresse. Serait-ce les prémisses d’une histoire d’amour ? Pas sûr. Le nouvel arrivant, serviable et bourré de qualités, remplit les yeux de Marie de rêves, et son estomac de mets délicieux inspirés de chez Maxim’s, mais ne répond pas à ses voeux pour l’instant…

Toujours un vrai régal cette série !

Retrouvez dans Carnets de SeL les chroniques de :

1. Marie

4. Confessions