Categorie ‘## J’ai subi

Vies minuscules de Pierre Michon

12.09
2015
cop. Folio

cop. Folio

 

Ce titre, cet auteur, je les ai entendus maintes fois vanter par des libraires, comme étant une lecture incontournable. Las ! J’ai dû l’abandonner à regrets.

Cette écriture beaucoup trop ampoulée pour parler de vies d’autrefois m’a ennuyée prodigieusement… Je n’ai pas tenu au-delà de la seconde nouvelle.

 

Tao-tö king de Lao-Tseu

08.06
2015

Livre de bambou chinois, By vlasta2, bluefootedbooby on flickr.com [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0)], via Wikimedia Commons

Bible fondatrice du taoïsme, le « livre de la voie et de la vertu » présente la doctrine monothéïste de Lao-Tseu (570-490 avant J.-C.). Il s’agit d’un recueil d’aphorismes sibyllins et elliptiques qui ont fait l’objet d’innombrables commentaires et interprétations.
Partie d’un a priori plutôt positif, j’ai été rapidement déçue par ce que j’ai pu y lire entre les lignes : certes, il s’inscrit à un degré beaucoup moindre que je ne l’aurais cru dans une pensée proche de l’épicurisme :
« Qui prend conscience de son erreur ne commet plus d’erreur. »
Mais il prône surtout l’existence d’un esprit supérieur, le Tao, et l’absence de trouble dans une société en se gardant bien d’élever la conscience du peuple… Et cela ne lasse pas de me déranger aux encoignures.
Tao-tö king de Lao-Tseu

Trad. du chinois par Liou-Kia-hway

Gallimard (Folio Sagesses ; n° 5956), avril 2015

198 p.

Le dernier brame de Jean-Claude Servais

07.12
2011

cop Dupuis

Lors d’un salon du livre, au début des années 80, Claudine, la larme à l’oeil, serrant son livre préféré Monsieur Blanche entre ses bras, le fait dédicacer par son auteur, le célèbre Bernard Chalenton. Ce dernier, lui faisant un numéro de charme, lui suggère de se mettre à écrire, proposition qu’elle décline aussitôt, préférant placer tous ses espoirs dans sa future fille. Bernard Chalenton glisse donc l’allusion dans sa dédicace, ainsi que sa carte de visite… Vingt ans plus tard, Colette, qui a grandi dans une famille d’adoption, lie connaissance avec sa mère, vivant en hôpital psychiatrique, au moyen de ce fameux roman qui l’a hantée toute sa vie. Mais le seul moyen de la toucher vraiment, c’est de se mettre à écrire pour elle un roman…

En général, un festival de la BD invite à rencontrer des auteurs qu’on apprécie pour se faire dédicacer nos achats, mais aussi à en découvrir d’autres. Ne connaissant Servais que de nom sans jamais l’avoir lu, j’ai donc saisi l’occasion de sa présence au salon pour faire l’acquisition de sa toute dernière bande dessinée…

Nonobstant les dessins somme toute plutôt bien faits (même si la mère me semble avoir un corps bien trop parfait pour son âge), le scénario est consternant de banalités, comme ce parallèle entre la sexualité du cerf et celle de l’écrivain, et bourré de clichés. Mieux vaut ne pas s’étendre sur le sujet en poursuivant une critique blessante et en venir au fait : c’était assez mauvais.

SERVAIS, Jean-Claude. – Le dernier brame. – Dupuis, 2011. – (Aire libre).

Swing mineur de José-Louis Bocquet

20.11
2009

Trois mouvements, trois temps pour cette saga dans le milieu de l’industrie du skeud (comprenez du disque), trois points de vue pour ce portrait  brossé d’un producteur, Monsieur K. C’est aussi, relatés par un narrateur passé d’assistant de production à conseiller à la direction artistique, l’ascension, la chute puis le retour médiatique de Rachid, la vedette du rap avec son tube La Rasquale

« A l’époque, si je savais depuis longtemps que le père Noêl était la caissière en blouse rose d’un supermarché, je croyais encore en la possible existence d’un ange gardien providentiel qui viendrait m’arracher des griffes des hommes du cardinal ou des gitans de la rue de Strasbourg. C’était ma dernière chance de croire encore au monde de la fiction. J’ai prié Zorro, puisque ni Jackie ni Bruce n’étaient libres.
Et c’est Rachid qui est arrivé. » (p. 15-16)

Un roman, porté par le ton familier et nonchalant d’un jeune narrateur banlieusard,sur les rouages de l’industrie du disque et sa médiatisation.

BOCQUET, José-Louis. – Swing mineur. – La table ronde, 2009. – 218 p.. – ISBN 978-2-7103-3150-6 : 18 euros.
Service de presse
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La ferme des concombres de Patrick Robine

20.06
2009

« C’est comme ça que je suis venu au monde, un 25 décembre en 49, par ma tante. » (p. 19)

Dans ce monologue, l’humoriste Patrick Robine invite son spectateur, maintenant lecteur, au voyage.

D’abord mis en espace sur scène au théâtre du Rond-Point, ce texte retranscrit la teneur du spectacle qui a reçu le Grand prix de l’humour noir pour son spectacle au Procope, le 24 février 2009.

ROBINE, Patrick. – La ferme des concombres. – La Table ronde, 2009. – 75 p.. – ISBN 978-2-7103-3113-1 : 12 euros.

Au-delà des terres infinies de Sôkyû Genyû

28.05
2008

cop. Picquier

Titre original : Chuin no hana (Japon, 2001 – France, 2008)

Médium, Mme Ume a prédit sa propre mort, laquelle s’accompagne de phénomènes inhabituels qu’observe Sokudô, jeune bonze qui a la charge d’un petit temple dans les montagnes, sans en dire un mot, tandis que sa femme Keiko lui confie l’avoir consultée après sa fausse couche…

Sous-directeur du temple Fukujuji de la secte zen Rinzai-Myôshinji, Genyû Sôkyû a reçu en 2001 le prix Akutagawa (le Goncourt japonais) pour cette histoire tirée de son expérience personnelle de bonze. Il n’en faut pas moins pour susciter l’intérêt, mais ce court « roman » le fait vite retomber, ne dégageant rien de vraiment intéressant, ni au niveau de l’intrigue, ni au niveau de la réflexion spirituelle.

« Il s’était bien dit que s’il gardait fortement la conscience qu’il était bonze, tout devrait aller bien : plus de cauchemars et pas question d’envoûtement.«  (p. 57)
GENYÛ, Sôkyû. – Au-delà des terres infinies / trad. du japonais par Corinne Quentin. – Picquier, 2008. – 117 p.. – ISBN 978-2-8097-0014-5 : 12,50 €.

Qui est Lou Sciortino ? d’Ottavio Ceppellani

10.06
2007

cop. Métailié

Qui est Lou Sciortino ? Avant tout le petit-fils de don Lou, chef de clan mafieux sur la côte Est des States, dont il suit les conseils à la lettre : s’exercer à poser ce regard triste sur les autres, comme si à l’avance il s’excusait d’avoir un jour à les tuer, et partir produire des films de série B aux scenarii abracadabrantesques. Mais tout va à vau-l’au, même le business des pâtes d’amande, et bientôt il faut que le vieux intervienne pour faire rétablir l’ordre dans le clan…

Ce premier roman d’Ottavio Cappellani s’inscrit dans la filiation du maître du roman noir sicilien Andrea Camilleri, nous faisant entrer dans une ambiance policière tout à la fois drôle et critique, résonnant d’un argot mafieux original, mélange d’italien, de sicilien et d’américain. Hélas, je ne suis décidément pas sensible à ce genre, mais d’autres semblent l’avoir apprécier…

CAPPELLANI, Ottavio. - Qui est Lou Sciortino ?. – Métailié, 2007. – 232 p.. – (Bibliothèque italienne). – ISBN : 978-2-86424-597-1 : 18 €.