Categorie ‘** J’ai beaucoup aimé

La petite mosquée dans la cité

08.08
2018
cop. Casterman

cop. Casterman

Moussa dirige un cabinet d’architecture. Mais, dès qu’il quitte le bureau, c’est pour prêcher : il est l’imam modéré d’une petite mosquée de quartier. Un jour, la mairie décide de fermer leurs locaux à cause d’un projet de rénovation du quartier. Dès lors, Omar, licencié à cause de l’incompatibilité de ses pratiques religieuses avec sa sociabilité dans l’entreprise, brigue le poste d’imam salarié et politisé, et appelle les fidèles à la construction d’une mosquée avec le soutien du Maroc et de la Ligue Islamique mondiale. Mais les femmes ne sont pas prêtes à perdre leur cours, ni le prêche bilingue arabe-français, des acquis que leurs financeurs pourraient remettre en question…

Ce récit sociologique, fondé sur 10 ans d’enquête auprès d’imams, de fidèles et du ministère de l’intérieur, montre bien les enjeux du lieu de culte pour l’intégration des musulmans dans leur ville et dans la société française. Il met en évidence le bénévolat de ces pratiquants qui se heurtent à l’hostilité des habitants de la ville et la méfiance des RG. Une BD à mettre entre toutes les mains, musulmans et non-musulmans, pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de l’édification d’une mosquée.

JOUANNEAU, Solenne, CONSIGNY, Kim

La petite mosquée dans la cité

Casterman, 2018 (Sociorama)

164 p. : n.b.

EAN13 9782203168220 : 12 €

Blue de Kiriko Nananan

20.07
2018
cop. Casterman

cop. Casterman

Dans un lycée japonais de province, deux adolescentes, Endo et Kayako, se lient d’amitié. Endo, qui a, par le passé, eu une liaison adultère avec un homme plus âgé, attire Kayako… et leur relation, d’amicale devient amoureuse…

Cette histoire a été prépubliée en 1996 dans le magazine « Comic Aré » au Japon. Après une première édition dans le sens de lecture japonais en 2004 chez Casterman, elle est aujourd’hui rééditée dans la collection « écritures ». C’est donc bien avant la parution de l’autre BD, « Bleu est une couleur chaude », de Julie Maroh et de son adaptation sulfureuse au cinéma (« La Vie d’Adèle ») que ce manga a abordé de manière très subtile et poétique le thème de la découverte du sentiment amoureux entre deux jeunes filles. Ici le cadrage fait la part belle au gros plan et au très gros plan, afin de souligner les regards appuyés de Kayako sur la nuque et le visage d’Endo, qu’elle dessine, et de mettre en exergue la pudeur et la délicatesse de chacune dans sa relation à l’autre. Avec une économie de décors et de personnages, Kiriko Nananan raconte avec nostalgie une période clé de sa vie, le moment crucial des choix qui forgent toute une vie. Un très beau manga.

Nananan, Kiriko
Blue
Casterman, 2018 (Écritures)

227 p. : n.b.

EAN13 9782203155701 : 18,95 €

Je vais rester de Trondheim et Chevillard

16.07
2018
cop. Rue de Sèvres

cop. Rue de Sèvres

 

Fabienne et Roland arrivent à Palavas pour une semaine de vacances d’été. Roland a tout réglé, tout réservé, tout planifié dans son carnet, tout sauf le fait d’être décapité par un auvent quelques minutes à peine après être arrivé. Fabienne, choquée, répond alors sur le portable de Roland qui sonne que tout va bien, et qu’ils sont bien arrivés…

Trondheim nous régale ici d’un scénario en demi-teinte, douce amère : le déni d’une mort absurde et le vide qu’elle laisse sur l’horizon d’une autre vie qui doit se reconstruire, et la chaleur d’une amitié pourtant éphémère avec un type que Fabienne n’aurait probablement jamais fréquenté auparavant. A ce scénario touchant aux planches souvent muettes, comme une focalisation interne de Fabienne par rapport à ce qui l’entoure, et qu’elle observe, en retrait, détachée de toute cette vie qui continue sans lui, sans eux, s’ajoute la qualité d’un dessin savoureux, au grain sépia. Une excellente BD.

La guerre des Lulus : 1916 – La perspective Luigi 1/2

18.06
2018
cop. Casterman

cop. Casterman

En ce printemps 1916, c’est Lucien, le plus âgé des cinq orphelins, qui a l’idée de rejoindre la Suisse en train, sauf qu’ils prennent le mauvais train et débarquent à Berlin. Aussitôt poursuivis par la police, ils rejoignent une bande de gosses de rues en se faisant passer pour des Suisses…

C’est un vrai plaisir que de replonger dans les aventures de nos petits Lulus, cette fois racontées vingt ans après par Luigi à un historien.

HAUTIERE, Régis, CUVILLIER, Damien

La guerre des Lulus : 1916 – La perspective Luigi 1/2

Casterman, 2018

56 p. : ill. En coul. + supplément

EAN13 9782203136847

Ailefroide : altitude 3954 de Rochette

25.04
2018
cop. Casterman

cop. Casterman

Jean-Marc Rochette, fasciné depuis l’enfance par Le Boeuf écorché de Soutine au musée de Grenoble, tombe un jour amoureux de la montagne. Souffrant de sa relation tendue et peu affective avec sa mère obligée de l’élever seule, et de l’intransigeance aveugle de ses professeurs au lycée, il fuit l’internat les mercredis après-midis pour escalader des sommets avec son ami Sempé. A 16 ans, tous deux rêvent de devenir un jour guides de haute montagne, d’ouvrir de grandes voies, de remplir une liste de courses pour postuler à la formation d’aspirant guide. Mais au moindre faux pas, à la moindre mauvaise évaluation du temps, la montagne est sans pitié…

Puissant et sans concession, ce récit autobiographique révèle la première vocation du dessinateur Jean-Marc Rochette, l’auteur du Transperce-neige, qui a dû renoncer à son rêve de grimper un jour la face nord d’Ailefroide et d’en faire son métier, vaincu par la dangerosité de l’alpinisme.

Dans ce récit initiatique, Jean-Marc Rochette nous livre malgré tout un vibrant hymne à la beauté des sommets et de la montagne.

ROCHETTE, Jean-Marc
Ailefroide : altitude 3954
Casterman, 2018
284 p. : ill. en coul.
EAN 9782203121935 : 28 €

Godman de Jonathan Munoz

18.04
2018
cop. Fluide glacial

cop. Fluide glacial

 

Qui n’a pas rêvé d’être indestructible, immortel, capable de voler ? Pourtant cela n’a pas l’air du tout de plaire à Dieu, devenu adolescent sur Terre, qui se retrouve seul au monde, après qu’un allumé suicidaire a fait exploser une bombe le jour de son anniversaire. Sans famille, ni ami ni petite amie, blasé de tout, Dieu ne s’attache à personne, fuyant la foule qui l’idolâtre. Un jour, son chemin croise la fille de Cathy, une journaliste, que des malfrats pensent être sa fille et enlèvent…

Un album jeunesse qui critique avec humour le fanatisme de tout bord.

MUNOZ, Jonathan

Godman : Au nom de moi

Fluide glacial, 2018

47 p. : ill. en coul.

EAN 9782378780173 : 14,50 €

La forêt millénaire de Jirô Taniguchi

21.03
2018

P1140786Au début de l’été, dans les années 50, Wataru, âgé de dix ans et demi, est accueilli chez ses grands-parents, suite au divorce de ses parents et à la maladie de sa mère. De la capitale il débarque seul dans un village dans la région de San’in, au coeur des montagnes et d’une nouvelle forêt mystérieuse. Lorsqu’un groupe de ses nouveaux camarades de classe cherche à le tester, il grimpe au « grand arbre » et il lui semble entendre sa voix l’encourager…

Quelle frustration que cette histoire inachevée ! Jirô Taniguchi, décédé le 11 février 2017 à l’âge de 69 ans, n’a pas pu achever cet album, une commande des éditions Rue de Sèvres, qui devait être le premier d’une série de cinq tomes. Ce serait une bonne idée, en s’appuyant sur les ambitions de l’auteur, de proposer un concours de scénario pour inviter les lecteurs à écrire la suite !

Les thèmes chers à Jirô Taniguchi, qu’ils partagent avec Miyazaki (Princesse Monoké, Nausicaa), occupent ici toute l’histoire, celle de l’homme non plus maître de la Nature mais de l’humain en symbiose avec la Nature, celle de la construction de l’enfant sur une transmission familiale.

Le format à l’italienne valorise les magnifiques dessins en pleine page à l’aquarelle, tout en nuances de vert, qui contribuent à générer un sentiment de paix et de sérénité chez le lecteur.

L’ouvrage est complété par un dossier « Les racines du projet » réalisé par Corinne Quentin et Motoyuki Oda, éditeur de Taniguchi au Japon, et un carnet de croquis.

 

La librairie Le Temps retrouvéAcheté à la librairie au temps retrouvé de Villard-de-Lans, seule librairie du Vercors.

et lu à Méaudre