Categorie ‘* J’ai apprécié

Petit vampire : acte 2 de Joann Sfar

07.02
2018
cop. rue de Sèvres

cop. rue de Sèvres

Petit Vampire échappe à ses amis les trois monstres lors d’une partie de cache-cache peinture pour aller voir son nouvel ami humain Michel. En effet, il le pense en danger car il a vu le redoutable Gibbous rôder autour de sa maison. Mais le capitaine des Morts et Pandora envoient les monstres le rechercher, et avec lui Michel pour le faire taire. Mais une fois à la maison de la terreur, Michel séduit tout le monde, même s’il risque sa vie à chaque minute passée avec ses nouveaux amis…

Ces planches chargées de bulles et de cases aux dominantes vertes et violettes narrent l’histoire classique d’une amitié impossible, entre un petit humain bravant l’affreux Gibbous et un petit vampire, entouré de monstres gentils. Mignon.

 

 

SFAR, Joann, JARDEL, Sandrine

Petit vampire : acte 2 : la maison de la terreur qui fait peur

Rue de Sèvres, 2018

57 p. : ill. en coul. ; 32*24 cm

EAN13 9782369814702 : 13 €

Le monde de Zhou Zhou 1 & 2 de Golo Zhao & Bayue Chang’an

10.01
2018
cop. Casterman

cop. Casterman

La mère élève seule Yu Zhouzhou, âgée de 6 ans, dans un quartier populaire. Quand sa petite fille est en âge d’entrer à l’école, elle est obligée de l’envoyer vivre chez sa grand-mère avec ses deux cousines, pour lui permettre d’avoir une scolarité correcte. Zhouzhou doit donc quitter son seul ami, Benz-Benz, qui pleure toujours car son père le bat, pour partir partager la même chambre avec deux cousines qui ne lui réservent pas un très bon accueil. A l’école, elle se retrouve la plus mauvaise élève de la plus mauvaise classe, la CP7. Heureusement, elle ne manque pas de répartie et s’évade en compagnie de ses amis imaginaires. Bientôt elle rencontre Yang Lin, un garçon de la première classe, et se lance comme défi de remonter jusqu’à sa classe…

A travers la vie quotidienne de cette petite fille, on découvre l’inégalité sociale qui rejaillit sur le système scolaire, et l’extrême compétition mise en place dans chaque classe et entre les classes, avec des professeurs qui valorisent les meilleurs élèves et négligent les plus faibles. Le dessin, façon manga, l’origine sociale, et l’univers que s’est créé cette petite fille solitaire, qui a une approche de la vie et des autres différente, rendent l’héroïne très attachante.

On attendait la suite…

cop. Casterman

cop. Casterman

La voici :

Yu Zhouzhou a un déclic et comprend que le pinyin est la prononciation des mots : tout devient plus clair ! Non seulement Yu Zhouzhou sait lire, mais elle sait résoudre des problèmes, réciter : la maîtresse la félicite ! Mais elle se heurte à l’indifférence et à l’absence de sa mère. Bientôt elle est même sélectionnée par l’école pour participer au concours d’éloquence pour enfants !

On est de tout coeur avec cette petite Zhouzhou, qui loin d’être seulement une élève appliquée, semble faire preuve de beaucoup d’inventivité !

Article publié le 13 septembre 2017, mis à jour pour le second tome le 10 janvier 2018

Wonder Woman : Terre-Un de Grant Morrison et Yanick Paquette

06.12
2017
cop. Urban Comics

cop. Urban Comics

 

Devenues jadis les esclaves du demi-dieu Hercule, les Amazones se sont jurées après s’être révoltées et libérées de s’éloigner à jamais du « monde des hommes », un monde engendrant le chaos et la guerre. Plusieurs millénaires plus tard, la princesse Diana, dont les origines sont auréolées de mystère, sauve un pilote écrasé sur l’île, Steve Trevor. Incapable alors de le guérir par ses propres moyens, elle le ramène pour le faire soigner par les siens aux États-Unis…

Dans ma jeunesse, j’ai lu beaucoup de comics mais pas ceux sur Wonderwoman. En revanche, j’ai beaucoup apprécié en son temps la série télévisée. Par conséquent, le long-métrage sorti en salle cette année m’a beaucoup surprise, et cette bande dessinée en est l’adaptation  à la fois plus licencieuse et plus fidèle aux scenarii originaux : en est témoin la première de couverture qui fait de cette super-héroïne une majorette adepte du bondage, apte à attirer le lectorat essentiellement masculin de l’époque. Si bien que la forme donnée à Wonder Woman, insistant sur sa plastique et son costume, édulcore un peu le propos féministe : elle fait l’étalage de ses super – gadgets hérités des Dieux et de sa force d’Hercule, son père (et non de Zeus comme dans les versions précédentes), mais pas suffisamment de son intelligence. En revanche est soulignée l’homosexualité des habitantes de l’île et minimalisé le pouvoir de séduction des hommes. En fait, Wonderwoman est à la fois « bonne » et puissante, douce avec ses pairs et dure envers les hommes, de quoi finalement faire rêver les jeunes filles, alors… pourquoi pas ?

La petite fille aux allumettes de Sanami Suzuki

29.11
2017
cop. éd. komikku

cop. éd. komikku

Chacun a en mémoire l’histoire tragique de la petite fille qui gratte le soir de Noël les allumettes qu’elle est censée vendre, pour se réchauffer, et rêve d’un monde meilleur avant de mourir de froid.

Cette série de mangas reprend l’idée principale en débutant chacun de ses chapitres par ce leitmotiv :

« Je m’appelle Rin. Je suis vendeuse d’allumettes. Mes allumettes donnent forme aux chimères. Autrement dit… à ce qu’on pense quand on les allume. Ce sont des allumettes chimériques… C’est un mot un peu désuet, mais le style rétro, c’est à la mode ! Ca vous tente ?« 

Une fillette habillée en gothique lolita propose des allumettes pour exaucer une rêverie, quelque chose à quoi l’on pense en l’allumant, contre une année de sa vie.

Une autre fillette, elle, sa rivale, propose des bougies pour exaucer un souhait, celui au plus profond de soi.

L’une comme l’autre semblent bien désabusées sur les choix de vie de leurs victimes et la noirceur de certains personnages, notamment pour accéder à la gloire. Le concept m’avait suffisamment séduite pour avoir envie de lire cette série, mais la juxtaposition de chapitres thématiques nuit au suspens, et le fil directeur principal n’est pas suffisamment construit pour faire naître un état de tension chez le lecteur, comme dans d’autres séries comme Death note par exemple.

4 tomes publiés dans cette série actuellement.

La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens

10.11
2017
cop. Stock

cop. Stock

A l’époque, « La petite danseuse de quatorze ans » d’Edgar Degas provoqua le scandale. De nos jours, on l’admire dans le monde entier mais du modèle, on ignore tout. Camille Laurens répare dans cet essai ce tort, en heurtant au passage à notre tour notre sensibilité. Car ce qui choqua les contemporains de Degas, en 1880, c’est que le sculpteur avait choisi un sujet trivial, pire obscène, puisque ce modèle, comme la majorité des petits rats de l’opéra, travaillait pour ramener de l’argent à sa mère, en dansant, en posant et en badinant avec les vieux monsieurs, leurs protecteurs, dans les coulisses de l’opéra. On est bien loin de l’image idyllique des petites danseuses actuelles en tutu blanc : celles de l’époque sont déjà de vulgaires prostituées passés onze ans, vendues par leur mère pour pouvoir survivre, les enfants des classes populaires travaillant à l’époque, et ce qu’on appelle aujourd’hui pédophilie n’étant pas alors considéré comme un crime. On fermait pudiquement les yeux sur ces abus sexuels… jusqu’à ce que Edgar Degas expose au grand jour, comme une oeuvre d’art, cette fillette nue de cire qu’il revêt de véritables vêtements.

Un essai intéressant, mais qui finalement brode surtout autour de ce qui a pu être publié sur le sujet. Un article de Télérama s’y était attardé encore récemment, en avril 2015. Peut-être d’ailleurs aura-t-il déclenché l’envie d’en faire un livre…

Lecture dans le cadre de mon Challenge danse

Vaïana : La légende du bout du monde

09.11
2017

VaianaPour la fiche technique et le synopsis, on pourra se reporter à l’article Wikipédia sur ce 137e long-métrage d’animation des studios Disney, sorti en 2016 et réalisé par Ron Clements et John Musker.

Nous voici donc cette fois en Polynésie. Il s’agit une fois de plus d’une héroïne (Manne mercantile des produits dérivés ? Public de petites filles plus lucratif ?). Les différents auteurs de Wikipédia se sont prononcés dans l’article sur les sources d’inspiration du scénario, resté plus ou moins fidèle aux mythes polynésiens.

Revenons pour ma part au message véhiculé et au modèle donné aux enfants : il est dommage qu’il s’agisse ENCORE d’une princesse (une fille de chef). Cela aurait tout aussi bien pu être une jeune fille du clan, sans qu’il y ait toujours une relation monarchique, cette supériorité hiérarchique uniquement basée sur une transmission par  lien de parenté. La jeune fille apparait comme intelligente, rusée, sportive, sans qu’on insiste lourdement sur sa beauté, ce qui est louable. Elle finit par triompher de sa mission de réparation du mal causé à Dame nature, l’île déesse, avec l’aide du demi-dieu, sans qu’il lui fasse trop d’ombre et sans qu’il y ait encore une énième amourette, ce qui est bien aussi.

Une histoire somme toute distrayante, sans plus.

Isadora de Julie Birmant et Clément Oubrerie

01.11
2017
cop. Dargaud

cop. Dargaud

Second volet du biopic sur Isadora Duncan, suite du si mal nommé (stratégiquement) « Il était une fois dans l’est », Isadora ferme le diptyque de la vie tragique de cette immense danseuse, un peu cinglée, nostalgique des temps révolus de la Grèce antique.

Dans cette seconde partie, sa relation avec Serge Essenine, poète russe, semble plus lui peser que compter comme un atout dans sa carrière. Julie Brimant choisit de ne pas s’attarder sur l’épisode tragique de la mort de ses deux enfants noyés, qui la hante, ni sur son ingratitude envers Loïe Fuller, qui lui permet d’accéder à la renommée en lui faisant bénéficier de son réseau.  Elle la fait fuir sa famille passablement frappée, qui choisit de revivre comme aux calendes grecques, alors qu’elle est aussi obsédée par ces temps révolus, si ce n’est davantage encore, montant une école. Bref je ne suis pas sortie convaincue de cette lecture, puisque je m’étais faite une toute autre idée de cette célèbre danseuse !

Lecture dans le cadre de mon Challenge danse