Categorie ‘* J’ai apprécié

Metro châtelet direction Cassiopée & suite de Mezieres & Christin

11.10
2017
cop. Dargaud

cop. Dargaud

La sortie au cinéma du film de Luc Besson, Valérian et la Cité des mille planètes, m’a donné envie de lire cette aventure de Valérian agent spatio-temporel, écrite par Pierre Christin et dessinée par Jean-Claude Mézières, composée de Métro Châtelet direction Cassiopée et de Brooklyn station terminus cosmos.

Valérian se retrouve dans le Paris des années 80, à picoler en attendant son contact, Monsieur Albert, un bon vivant flegmatique, ou à se laisser tenter par les avances d’une Américaine à la solde d’une multinationale. Pendant ce temps, Laureline affronte les pires dangers sur Zomuk et ailleurs…

Cette série pourrait sembler à première vue un peu has been pour les lecteurs adolescents d’aujourd’hui, mais c’est surtout le dessin qui pêche : le scénario n’a rien perdu de son intérêt, avec un Valérian presque agaçant, qui subit plus qu’il n’affronte les éléments et une Laureline perspicace et combattive. Une lecture divertissante, sans être haletante.

 

cop. Dargaud

cop. Dargaud

Le monde de Zhou Zhou de Golo Zhao & Bayue Chang’an

13.09
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

La mère élève seule Yu Zhouzhou, âgée de 6 ans, dans un quartier populaire. Quand sa petite fille est en âge d’entrer à l’école, elle est obligée de l’envoyer vivre chez sa grand-mère avec ses deux cousines, pour lui permettre d’avoir une scolarité correcte. Zhouzhou doit donc quitter son seul ami, Benz-Benz, qui pleure toujours car son père le bat, pour partir partager la même chambre avec deux cousines qui ne lui réservent pas un très bon accueil. A l’école, elle se retrouve la plus mauvaise élève de la plus mauvaise classe, la CP7. Heureusement, elle ne manque pas de répartie et s’évade en compagnie de ses amis imaginaires. Bientôt elle rencontre Yang Lin, un garçon de la première classe, et se lance comme défi de remonter jusqu’à sa classe…

A travers la vie quotidienne de cette petite fille, on découvre l’inégalité sociale qui rejaillit sur le système scolaire, et l’extrême compétition mise en place dans chaque classe et entre les classes, avec des professeurs qui valorisent les meilleurs élèves et négligent les plus faibles. Le dessin, façon manga, l’origine sociale, et l’univers que s’est créé cette petite fille solitaire, qui a une approche de la vie et des autres différente, rendent l’héroïne très attachante. On attend la suite…

Légendes de la mer de Bernard Clavel

03.09
2017
cop. Livre de poche

cop. Livre de poche

Bernard Clavel s’est inspiré de mythes et contes régionaux, de Bretagne comme des quatre coins du monde, pour imaginer ces légendes de la mer et des fleuves.

On est loin de la petite sirène, prête à tout sacrifier pour son beau prince : ici les sirènes se montrent redoutables pour les pêcheurs. Les intentions des hommes, suivant qu’elles soient bonnes ou mauvaises, se trouvent récompensées ou sévèrement punies. Ainsi sont louées leurs bonnes actions envers les animaux de la mer, et aux plus méritants sont offerts des objets magiques.

Un recueil que j’ai retrouvé de mon enfance, que j’ai dû lire maintes fois alors. Les histoires non édulcorées ne m’ont pas forcément séduites, toutes finalement ou naïves ou cruelles.

La danseuse d’Izu de Kawabata

16.07
2017
cop. Biblio

cop. Biblio

 

La danseuse d’Izu entame ce recueil de cinq nouvelles,qui est une oeuvre de jeunesse de ce lauréat du prix Nobel de littérature en 1968 : un étudiant, séduit par la danseuse qui se produit dans une troupe de forains, choisit de faire route avec eux, malgré l’opprobre sur les « gens de cette espèce« .

Elégie fait l’éloge, à l’annonce de la mort de celui que l’amante a aimé et qui est parti avec une autre, du « sentiment de l’analogie du destin des plantes et de celui des hommes« , et donc des textes sacrés du bouddhisme à l’inverse des autres religions qui croient que l’homme survit « en conservant, dans un monde à venir, la forme qui fut déjà sienne dans un monde antérieur ».

Bestiaire raconte l’amour d’un homme pour une danseuse écervelée qu’il s’apprête à revoir après plusieurs années, qui lui fait pensée aux oiseaux dont il s’entoure, à défaut d’aimer la compagnie des hommes, et qu’il laisse cruellement mourir par négligence ou par accident.

Retrouvailles conte celles de Yuzo, après la défaite de la seconde guerre mondiale, avec Fujiko, son ancienne maîtresse.

Et enfin La lune dans l’eau raconte les souvenirs d’une épouse qui a eu l’idée de confier à son mari, alité et mourant, sa glace à main pour qu’il puisse voir leur potager, le ciel et les nuages…

Tout est ici d’une cruauté sans nom, enrobée de subtilité, de raffinement, d’élégance toute japonaise. A la finesse psychologique de Kawabata, je continue néanmoins à préférer la tension d’un Fusil de chasse de Yasushi Inoué.

Lady Whisky de Joël Alessandra

05.07
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

Alors que sa tante, Helen Arthur, grande critique de whisky, vient de décéder, Joël Alessandra découvre dans ses carnets qu’elle laisse derrière elle une quête inachevée, celle d’un whisky tourbé, malté, salé, marin, au goût d’algue pour sa propre marque. Délaissant sa documentation sur le sujet qui décline toutes les sortes de whisky dans le monde, Joël s’oriente vers la Mecque du whisky, l’Ecosse, et même vers la Mecque de la Mecque du whisky, l’île d’Islay, qui dispose du plus grand nombre de distilleries d’Ecosse au mètre carré. Il demande alors à Caroline Dewer, une ancienne collègue et amie de Helen, de l’accompagner dans ce voyage initiatique…

Cette bande dessinée se lit comme un beau carnet de voyages et de rencontres, qui nous fait découvrir, à l’instar du narrateur, comment on obtient le whisky, comment on le boit et où on trouve les plus recherchés.  Vous êtes invités chez un amateur de bon whisky ? Ne cherchez plus : offrez-lui cette BD.

Séducteurs de rue de Léon Maret

16.06
2017

 

cop. Casterman

cop. Casterman

Vous connaissez la collection Sociorama de Casterman ? Non ? Je vous avais fait découvrir La Banlieue du 20h et tout récemment La fabrique pornographique, et je m’apprête à vous présenter un titre par semaine : Séducteurs de rue, Turbulences, Encaisser !, Chantier interdit au public, Plus belle la série et Sous la blouse. Le principe ?

« La collection Sociorama signe la rencontre entre bande dessinée et sociologie. D’un côté, des sociologues amateurs de BD qui ont créé l’association « Socio en cases » pour accompagner la transformation graphique d’enquêtes sociologiques ; de l’autre, des auteurs de BD curieux de sociologie qui se sont lancés dans une aventure originale, à l’écart de toute adaptation littérale ou illustration anecdotique. Le résultat : des fictions ancrées dans les réalités du terrain. Toute ressemblance ne sera pas pure coïncidence… »

Sacha ne sait absolument pas parler aux filles, ni les séduire. Trop intimidé, il les effraie. Un jour, il décide de faire appel à un coach de la séduction. Dès lors, il apprend au sein d’un groupe tout un tas de techniques et change de look. Les filles deviennent alors pour lui des proies qu’il manipule plus qu’il ne séduit. Plus question d’amour ou de sentiment, place au jeu !

Difficile de ne pas ressentir un certain malaise en lisant cet opus, aussi bien par rapport à son sujet, la drague de rue, dégradante et misogyne, que son dessin, qui fait très américain, façon cartoon volontairement un peu crade. Mais il a le mérite de me faire découvrir un domaine de coaching absolument hideux, d’après une enquête de Mélanie Gourarier, que j’ignorais complètement, avec son propre lexique.

La fabrique pornographique de Lisa Mandel

07.06
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

Vigile dans un grand magasin, Howard mate le soir des films X. Fan de Pamela, qui d’actrice porno vient de passer derrière la caméra, il lui avoue un jour au Salon de l’érotisme vouloir travailler avec elle. Ni une ni deux, elle lui donne sa chance, et en est contente. Howard propose alors à une vendeuse avec qui il vient d’avoir une aventure de l’accompagner sur un tournage en Espagne pour gagner sa vie en faisant du X…

Directrice de la nouvelle collection Sociorama chez Casterman, Lisa Mandel attaque fort en choisissant de retranscrire le milieu pornographique pour ce premier opus. A partir des recherches du sociologue Mathieu Trachman, elle nous fait découvrir l’industrie sans fard du porno. Ainsi on découvre que le racisme dans le choix des rôles et des partenaires, tout comme le sexisme chez les réalisateurs, existent là aussi. Et puis, on s’aperçoit que si au départ il y a une excitation, un désir d’aventures, très vite la lassitude commence à s’installer, de même qu’une fatigue physique, certaines positions peu naturelles étant indispensables pour la caméra. Enfin, les carrières sont courtes, autant à cause des motifs cités qu’à cause du public avide de nouvelles « têtes ».

Une bande dessinée instructive, qui n’est pas tombée dans l’écueil du voyeurisme déplacé, et qui a aucun moment ne porte de jugement sur le milieu pornographique et les motivations des uns et des autres.