Categorie ‘* J’ai apprécié

L’incal de Jodorowsky & Moebius

30.12
2016
cop. Les Humanoïdes associés

cop. Les Humanoïdes associés

Dans le futur, John Difool se voit confier d’un Berg mourant une petite pyramide, l’Incal lumière, qui s’avère posséder des propriétés extraordinaires. Il est bientôt pourchassé par le Méta-baron, que l’on fait chanter, et par les chefs de différentes corporations de la galaxie…

Devenu un classique, publié de 1980 à 1988 sous le titre Une Aventure de John Difool, l’Incal a visiblement bien inspiré le Cinquième élément de Luc Besson, même si Moebius et les Humanoïdes associés ont perdu le procès contre le cinéaste. Difficile de se faire une idée juste de son originalité lorsque sa lecture arrive après tous les scenarii et dessins qui s’en sont nourri. Du coup, et d’autant plus que je connais la série ultérieure des Technopères, plus rien ne m’a vraiment surprise, ni les dessins, ni le scénario, qui paraissent un peu « old school » désormais.

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Mémé d’Arménie de Farid Boudjellal

14.12
2016
cop. Futuropolis

cop. Futuropolis

 

1960. Un jour, les parents de Mahmoud reçoivent un télégramme : son grand-père vient de mourir. Son père décide aussitôt d’aller chercher sa grand-mère pour qu’elle vienne vivre avec eux à Toulon. Mahmoud va de surprise en surprise : sa grand-mère porte la croix, fête Noël, elle est chrétienne, alors que lui, musulman de père en fils, va bientôt être circoncis. Et le chirurgien qui va l’opérer cherche à tout prix, en vain, à la faire parler du génocide arménien…

Le dessin, tout en douceur et rondeur, me plaisait bien, mais quelle déception de pas en savoir davantage sur le génocide arménien ! Finalement cette histoire pourrait être transposée à toute famille sur plusieurs générations ayant vécu un traumatisme. Ici il est davantage question du silence autour de souvenirs tragiques que de la biographie de cette vieille dame. Bref on n’apprend rien de plus.

Louise Michel : la Vierge rouge de M. & B. Talbot

23.11
2016
cop. Vuibert

cop. Vuibert

La biographie de Louise Michel m’est pour le moins familière, m’étant intéressée de près à cette figure féministe et anarchiste de la Commune, au point de vouloir en écrire le biopic. Le même mois où je découvre que La Danseuse, biopic de Loïe Fuller sur lequel je travaillais, était portée au grand écran, j’aperçois donc cette bande dessinée publiée en dehors du circuit des grands éditeurs, fruit du travail d’un couple de britanniques. C’est ce qu’on appelle l’herbe coupée sous le pied, par deux fois.

Priorité a été donnée ici à son action pendant la Commune, et à son parti pris contre les injustices sociales partout où elle va, à Paris comme en Guyane. Coup de projecteur pertinent, mais qui ne met du coup pas en lumière toutes ses autres activités du quotidien, d’éducation et de transmission notamment. De même, le dessin de Monique est simplifié à l’extrême : pourquoi ? Choix a également été fait de faire ressortir le rouge du noir et blanc, qui éclate parfois sur les planches. Bref j’ai bien aimé mais regretté que le scénario ne nous semble qu’effleurer le personnage, comme s’il restait à distance, sans vraiment lui donner corps, nous le faire connaître, nous faire entrer en lui en nous faisant partager ses émotions et sa vie.

Continuer de Laurent Mauvignier

06.11
2016

continuer

 

Samuel ce soir n’est pas rentré dans leur appartement de Bordeaux. Sibylle passe la nuit à l’attendre. Et puis, un coup de fil. Samuel s’est laissé entraîner par ses mauvaises fréquentations à une fête, qui s’est mal finie. Les écouteurs sur les oreilles, Samuel reste dans sa bulle, ignore sa mère qui, des semaines durant, prépare un voyage de plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, pour l’empêcher de sombrer dans la haine et la délinquance. Mais c’est aussi son histoire à elle qui la rattrape, elle qui a eu un jour son destin brisé…

« Ce matin, Samuel ne parle pas de comment il a été agacé par les deux hommes la veille au soir, comment il a été surtout irrité par son comportement à elle, comment il n’a pas aimé voir sa mère en train de jouer le jeu de la séduction. »  (p. 110)

Après avoir été enthousiasmée par Des hommes en 2009, Ce que j’appelle oubli et Loin d’eux, Autour du monde m’avait déçue, à tel point que je n’avais pas poursuivi ma lecture, mon temps étant désormais précieux. Si, ici, je me suis laissée davantage porter par le récit, je ne retrouve pourtant toujours pas la plume qui m’avait séduite. Continuer, oui, à écrire aussi pour Laurent Mauvignier, et son inspiration cherche un second souffle dans les faits divers et les drames qui ont parfois secoué les espaces publics français. Et pourtant, il y a dans cette relation entre une mère qui continue de vivre malgré ses cauchemars qui reviennent la hanter, et cet adolescent qui refuse le contact, l’échange, la parole, quelque chose de vrai, d’authentique, tout comme ce désir sensuel refoulé de part et d’autre, comme une résurgence de deux chairs qui se sont connues du moins les premiers mois de la vie.

Un beau roman malgré tout.

Les gardiens du Louvre de Jirô Taniguchi

02.11
2016
cop. Futuropolis

cop. Futuropolis

 

On découvre avec surprise cette bande dessinée de Jirô Taniguchi au format européen, qui se lit néanmoins à la japonaise, de droite à gauche. C’est le onzième opus de la collaboration entre les éditions Futuropolis et le musée du Louvre.

Jirô Taniguchi revisite ici le syndrome de Stendhal à travers un personnage à forte empreinte autobiographique, qui profite de cinq jours à Paris pour visiter le Louvre. Et ce n’est autre que la Vénus de Samothrace qui le guide dans les méandres du musée pour voir la Joconde le premier jour. Le second, il satisfait alors son désir de voir les peintures de Corot, qu’il admire profondément, et se retrouve dans la forêt à dessins du peintre. Le troisième jour, il part à Auvers-sur-Oise sur les traces de Vincent Van Gogh, qu’il retrouve. Le quatrième, ce sont sur les paysages de Daubigny qu’il s’arrête. Et enfin, le dernier jour est consacré à un hommage à Pierre Schommer qui en 1939 décida de mettre à l’abri les oeuvres d’art avant que des mains nazies ne s’en emparent. Le dernier jour, toujours entre rêve et réalité, il finit par y retrouver sa défunte bien-aimée…

Si ses réflexions sur les trois peintres français et sur leur influence au Japon sont enrichissantes, l’histoire elle-même paraît bien décousue, sans véritable trame, la Vénus étant le mince fil conducteur entre les paysages de peintres, les histoires à peine ébauchées de gardiens du Louvre, le déménagement de 1939 et l’amour perdu du personnage principal. Un scénario trop mince et décevant pour moi, qui me fait dire que Taniguchi n’a pas vraiment réussi à relever le défi, contrairement à ses prédécesseurs, comme Marc-Antoine Mathieu ou Eric Libergé par exemple.

L’histoire de l’art en BD : de la préhistoire à la Renaissance

28.09
2016
cop. Casterman

cop. Casterman

 

Un grand-père raconte à ses petits-enfants le commencement de l’art il y a 75 000 ans… ou quand on utilise la bande dessinée à des fins pédagogiques : difficile de la lire d’une traite tant l’absorption de tout un patrimoine artistique deviendrait, en si peu de pages, vite indigeste pour des enfants de 11-14 ans auxquels il est destiné.

Augustin, Marion, Heitz, Bruno

L’histoire de l’art en BD : de la préhistoire à la Renaissance

Casterman (L’histoire de l’art en BD, 2016)

EAN 13 9782203101005 : 14,95 €

Gai-Luron sent que tout lui échappe… de Fabcaro & Pixel Vengeur

21.09
2016

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Eperdument amoureux de Belle-Lurette, Gai-Luron cherche maladroitement à la séduire…

Fabcaro et Pixel Vengeur ont relevé le défi de faire vivre de nouvelles aventures à Gai-Luron, en reprenant totalement l’esprit de Gotlib, qui plus est de son vivant. Pari tenu : ce nouvel album semble tout droit sorti de l’imaginaire de son créateur, non seulement par les gags mais aussi par les jeux intertextuels, les références cinématographiques et le mélange des supports. Gai-Luron est mort, vive Gai-Luron !

 

Fabcaro ; Pixel Vengeur

Gai-Luron sent que tout lui échappe…

Fluide Glacial (2016), Les nouvelles aventures de Gai-Luron : tome 1

46 p. : ill. en coul. ; 31*24 cm.

EAN13 9782352076773 : 10,95 €