Categorie ‘*** J’ai adoré

L’Alsace

09.01
2018

L’Alsace, c’est d’abord Strasbourg ***, que vous avez pu découvrir dans un précédent billet.

Mais c’est aussi :

le Haut-Koenigsbourg **
Riquewihr ***
Kaysersberg **
Colmar ***


ainsi que Eiguisheim **, Turkheim *, Ribeauvillé *, Fréland, le parc naturel régional des Vosges.

Dans cette région, les maisons se font gaies en osant toutes les couleurs ; anciennes, elles n’ont pas été la cible des bombes allemandes. On y est traditionnellement catholique.

On y mange de la choucroute au Riesling, de la tourte à la viande et au Riesling, des tartes flambées, du Munster, du foie gras, beaucoup de charcuterie, de la truite des Vosges, et en dessert le kougelhopf, brioche aux raisins secs et aux amandes. Mais c’est surtout les vins d’Alsace qui attirent toute mon attention, notamment le pinot gris (Eiguisheim 2014) et les « alsace grand cru ».

Une région si belle et si riche qu’on ne se lasse pas de la visiter.

Découvrez le panorama légendé de l’Alsace en plein écran

en cliquant sur l’aperçu :

Adoré

Billet publié le 29 octobre 2011 lors d’une première visite en Alsace,

et mis à jour le 9 janvier 2018, après deux autres visites en Alsace, début août 2015 et début janvier 2018.

The Handmaid’s Tale (saison 1)

30.12
2017

Genre : dystopie

Dans un futur proche, aux Etats-Unis, devenu un état totalitaire religieux, June offre ses services très particuliers au commandant Fred Waterford et à son épouse : c’est une servante écarlate, qui met son appareil reproductif à la disposition du couple pour lui donner un enfant.

cop. IMDb

cop. IMDb

Effectivement, il y a quelques années de cela, la conjoncture de pollutions et de maladies sexuellement transmissibles a rendu la quasi-totalité des femmes stériles dans le monde. Une secte religieuse protestante du nom des « Fils de Jacob » en a profité pour commettre un coup d’Etat et instauré un nouvel ordre, faisant régner la terreur, éradiquant les dissidents, les homosexuels et les opposants religieux. Désormais seuls les hommes sont au pouvoir dans la sphère politique, peuvent lire et s’instruire, tandis que les femmes sont classées en quatre catégories identifiables par la couleur de leur habit :  les Épouses en bleu, femmes de hauts dirigeants, les Martha en gris, les gouvernantes et les Servantes en rouge pourpre, servant littéralement uniquement à la reproduction, sous l’autorité de quelques Tantes en marron. Après avoir tenté de fuir les Etats-Unis avec son mari et sa fille, l’un tué, l’autre détenue dans un orphelinat, June est donc la « reproductrice » du commandant, soupçonné de stérilité par sa femme, et qui a bien des secrets condamnables…

 

Plus que le but de l’héroïne qui est de survivre au milieu de personnes qui peuvent la dénoncer, la violenter, la mutiler ou la tuer à tout moment, plus que son rêve de retrouver sa vie de famille loin de ce cauchemar, c’est ce cauchemar lui-même devenu réalité dans cette série qui est fascinant : en quoi l’extrémisme religieux peut-il être contraire aux penchants naturels humains, en quoi peut-il être même le contraire de l’humanisme, en quoi peut-il devenir un piège pouvant se refermer sur ceux-là même qui l’ont imaginé…

A la fin de la première saison (ne lisez pas ce qui suit pour ceux qui n’auraient pas vu la fin), on est galvanisé par la micro-révolution d’une petite vingtaine d’esprits en marche, mais on est surtout impatient de savoir si ceux-là même qui ont instauré son cauchemar en deviendront les victimes, ou le dynamiteront eux-mêmes…
Pour plus d’informations, lire l’article La Servante écarlate

 

 

 

 

Le loup qui voulait être un artiste d’Orianne Lallemand et Eléonore Thuillier

14.12
2017
cop. Auzou

cop. Auzou

 


Loup rêvassait tranquillement en admirant le paysage quand Maître Hibou lui trouva une âme d’artiste. Aussitôt Loup se pique de devenir un grand peintre…

 

Plus long et complexe que Le loup qui voulait changer de couleur, cet album est aussi plein d’humour, énumérant tous les domaines artistiques que teste Loup sans aucun succès jusqu’à ce qu’enfin il trouve sa voie/voix, mais finit par ne plus aspirer qu’au retour à sa tranquillité.

Cet autre album préféré du Loup a accompagné Romane dès la crèche, et a même fait l’objet d’une petite lecture à voix haute accompagnée de la guitare de notre part pour la fête de fin d’année. Les deux meilleurs albums du Loup !

Le loup qui voulait changer de couleur d’Orianne Lallemand et Eléonore Thuillier

12.12
2017
cop. Auzou

cop. Auzou

 

« Il était une fois un gros loup noir qui n’aimait pas sa couleur.

Il trouvait le noir trop triste.

Lundi, le loup essaya le vert.

Il plongea sa patte dans un pot de peinture verte et s’en barbouilla le corps.

Quand il fut bien sec, il se regarda dans son miroir et s’exclama :

« Quelle horreur ! On dirait une grosse grenouille. Cela ne va pas du tout !« 

(incipit)

Cet album jeunesse peut être lu à partir de 24 mois, mais attention à ce que le loup n’y laisse pas quelques plumes – roses – le mercredi ! Chaque double page permet à l’enfant de toucher des textures différentes ou de se regarder, de se repérer dans la semaine ou dans les couleurs. L’histoire permet à l’enfant de comprendre qu’il est inutile de vouloir être ce qu’on n’est pas, et qu’il vaut mieux s’aimer tel qu’on est.

C’était déjà le livre préféré de mon aînée, Romane, avant d’entrer à l’école maternelle, et il a l’air d’être bien apprécié des maitresses aussi ;-)

Qui m’a fait ce bisou ? de Kimiko

11.12
2017
cop. L'école des loisirs

cop. L’école des loisirs

Oh ! Quelqu’un a fait un bisou au petit chien pendant son sommeil. Le voilà parti enquêter : il interroge Kiki la grenouille, Gaston le caneton, Elia la souris, Romain le cochon, Emile le putois,….

Une belle occasion de faire des baisers à son enfant, des chatouilles, de gros câlins,… au fur et à mesure qu’il découvre les divers animaux soupçonnés d’avoir fait un bisou au petit chien.

L’un des livres préférés de ma cadette, qui anticipe le plaisir des guilis guilis et des bisoutis, entre 15 et 24 mois.

Martin Eden de Jack London (EU, 1909)

01.10
2017
cop. Libretto

cop. Libretto

 

Voici un roman longtemps resté sur ma PAL, dont Didier Daeninckx a pu dire qu’il avait changé sa vie, et fait devenir écrivain.

« Si je suis devenu écrivain, c’est que j’étais lecteur, enfant. Lecteur de romans. C’est avant tout Martin Eden, de Jack London. Pour une part, c’est grâce à ce bouquin, à cet écrivain, que j’écris. » (Daeninckx par Daeninckx de Thierry Maricourt, p. 56)

Eh bien… il y a de quoi, en effet. L’histoire d’abord :

La vie du simple marin Martin Eden bascule le jour où il est introduit un soir dans une famille bourgeoise, pour avoir sauvé le fils, Arthur, d’une rixe. Il tombe amoureux de la jeune femme, Ruth, bientôt licenciée en lettres, qui lui apparait comme éthérée, et jure de s’élever de son milieu en améliorant son éducation et en corrigeant sa mise. Intelligent et déjà lecteur, il décide alors de se cultiver de manière autodidacte, aimablement épaulé par Ruth, pleine de sollicitude, mais aussi de préjugés, qui souhaiterait le voir embrasser une carrière au lieu de prétendre vouloir vivre de sa plume…

La quête initiatique du héros, guidé par l’amour, son talent d’écrivain et son esprit critique aiguisé, c’est un peu le conte de fées que j’aurais aimé, comme tant d’autres, pouvoir vivre. Pas étonnant, du reste, qu’il se soit réalisé pour Didier Daeninckx. Ajoutez à cela cette impression de poète incompris, d’albatros individualiste échoué entre un milieu populaire se noyant sous le travail et dans l’alcool, et une société bourgeoise s’inclinant devant le veau d’or, et vous aurez l’un des romans les plus réussis sur la vocation littéraire.

La moustache d’Emmanuel Carrère

17.09
2017
cop. Folio

cop. Folio

Cela fait plus de deux années que j’ai téléchargé cet epub sans le lire, sur mon macbook. C’est d’ailleurs l’un des tout premiers que je lis ainsi, en entier, sur écran. Et, ma foi, je l’ai tout de même dévoré !

C’est un réalisateur, Simon Leclerc, ancien de la Fémis, qui m’avait chaudement conseillé, pour réviser ma version de mon scénario de long-métrage, de lire La Moustache d’Emmanuel Carrère puis de regarder son adaptation cinématographique. Après avoir écrit deux scénarii de BD, je me suis fixée pour objectif cette année de retravailler intégralement mon scénario de long-métrage pour le découdre, le recoudre, le transformer et l’adapter en BD, voire en roman.

Bingo ! Ce roman m’a littéralement conquise, à tel point que c’est exactement le genre de roman que j’aurais aimé écrire…

En voici le pitch :

« Que dirais-tu si je me rasais la moustache ? »

Un soir, prenant son bain, le narrateur annonce par défi à sa femme, Agnès, qu’il va se raser la moustache, qu’il a toujours portée. Tandis qu’Agnès sort faire quelques courses, il la rase. Mais, étonné, cela n’a pas l’air de la surprendre à son retour. Elle n’en parle même pas ! Le couple se rend chez des amis, qui, eux aussi, ne semblent rien avoir remarqué. Il commence par penser qu’Agnès a voulu lui faire une blague…

Un détail, juste un détail, et soudain tout bascule : le narrateur est-il devenu fou ou a-t-il basculé dans une autre réalité en supprimant sa moustache ? Des pans entiers de la réalité, de sa biographie, se désagrègent au fil des pages, à tel point qu’il finit par avoir peur qu’Agnès n’ait jamais existé, que lui n’ait jamais existé, que des pays n’aient jamais existé… Emmanuel Carrère touche ici à la quintessence du fantastique : l’irruption d’un événement surnaturel dans le monde réel qui provoque une hésitation du narrateur / lecteur qui ne sait s’il a basculé dans la folie ou dans une autre réalité. Dans ce monologue intérieur, tout est savamment orchestré, ce glissement du narrateur vers l’incompréhension, puis la terreur. Tout s’écroule autour de lui. Pas besoin pour cela d’effets sensationnels, d’êtres imaginaires, un détail, un seul, tout simple.

Splendide.