Categorie ‘Littérature « américaine »

Les éléphants d’Hannibal de Robert Silverberg

24.04
2016
cop. Folio SF

cop. Folio SF

Un recueil de huit nouvelles de Robert Silverberg autour d’une même thématique : les invasions extraterrestres. Quelle forme auraient-ils ? Quelles seraient leurs intentions ? Quelles seraient nos relations ?
Dans Les éléphants d’Hannibal, les ET établissent leur quartier général dans Central Park, ce qui ne lasse pas d’attirer quelques curieux imprudents…
Dans Martel en tête, un ET s’est malencontreusement retrouvé à bord d’un vaisseau, et cherche désespérément à communiquer avec les humains pour pouvoir repartir sur sa planète.
Hardware propose une forme de « vie » informatique qui connait le moyen de faire sauter les planètes.
Échanges touristiques commence par un long prologue, dans lequel l’auteur raconte sa genèse et le dialogue avec son éditeur, avant d’aborder le thème du désir sexuel entre humain et extraterrestre, tout comme dans La Route de Spectre City.
Longue nuit de veille au temple remet en question la « Bible » d’une religion supposant le retour de trois sauveurs extraterrestres. 
Passagers dérange par l’impuissance d’hôtes humains comme possédés par la volonté d’extraterrestres qui disposent de leur corps et de leur esprit quand bon leur semble, et comme bon leur semble.
Le recueil s’achève sur une nouvelle écrite par Henry James, assistant à l’invasion martienne avec H.G. Wells.
Un vrai régal, avec quelques pépites vraiment originales, comme Martel en têteLa Route de Spectre City, Longue nuit de veille au temple et Passagers.

Les gaspilleurs de Mack Reynolds

29.03
2015

cop. Le Passager clandestin

Réputé comme étant l’un des meilleurs agents secrets au service des Etats-Unis, Paul Kosloff dérange lorsqu’un rapprochement entre les deux superpuissances est au goût du jour. Il est insidieusement mis au placard en étant chargé d’infiltrer un groupuscule de révolutionnaires d’extrême-gauche. Ce faisant, il est confronté à une vision de la société radicale qui va lui ouvrir les yeux…

Ce récit d’anticipation datant de 1967 n’a hélas pas pris une ride : ses dialogues, comme l’intrigue, permettent au narrateur/lecteur de découvrir une nouvelle lecture du monde, dépouillée du capitalisme, plus respectueuse du genre humain et des ressources naturelles. Une éthique politique au vernis fictif, vers laquelle il serait bon de se tourner, en ces années de repli sur soi.

 

REYNOLDS, Mack

Les gaspilleurs

trad. de l’amér. par J. de Tersac

Le Passager clandestin (2015).

106 p. ; 17*11 cm.

EAN13 9782369350293 : 7 €.

Le fantôme locataire d’Henry James

22.02
2015

cop. Folio

Dans Histoire singulière de quelques vieux habits, une jeune femme, Perdita, est demandée en mariage par un beau jeune homme riche, aux dépens de sa sœur Viola qui en conçoit une extrême jalousie. Alors que Perdita meurt des suites de ses couches, elle fait promettre à son époux de conserver au grenier ses habits pour que leur fille puisse seule en hériter plus tard…

Dans Le fantôme locataire, un jeune étudiant en théologie découvre une maison hantée dans lequel pénètre chaque trimestre un vieillard, qui vient y récupérer son loyer à sa fille défunte…

Sous le vernis fantastique, Henry James critique ouvertement le sort réservé aux femmes dans sa société et crée un bel effet de surprise dans la chute de ces deux nouvelles motivées par la vengeance d’une sœur et d’une fille.

JAMES, Henry

Le fantôme locataire précédé de Histoire singulière de quelques vieux habits

Trad. De l’américain par Pierre Fontaney, annoté par Annick Duperray et Pierre Fontaney

Gallimard, 2015 (Folio 2€, 5900)

116 p.

EAN13 9782070462636 : 2 €.

Frank Merriwell à la maison blanche de Ward Moore

25.01
2015

cop. Le passager clandestin

Magnat politique amoureux fou de la fille d’un savant fou, Stevenson Woolsey propose à ce dernier de bien vouloir lui confier sa dernière invention, un androïde, pour qu’il se porte candidat aux prochaines élections. C’est l’androïde qui accepte contre son gré. A son premier meeting, l’androïde Frank Merriwell commence ainsi : « Electeurs, je suis opposé à tout progrès. Merci. » Contre toute attente, ses arguments plaisent…

Alors âgé de 70 ans, Ward Moore en 1973 bouscule avec beaucoup d’humour les discours de campagne attendus, qui emportent malgré tout l’adhésion par l’aplomb et la logique imparable de son orateur. Il évoque avant l’heure la décroissance synonyme d’un monde où il fait bon vivre. Finalement, un petit roman fleurant bon l’utopie.

MOORE, Ward. – Frank Merriwell à la maison blanche / trad. de l’amér. par A. Duffaud. – Le passager clandestin, 2014. – 78 p. ; 11*17 cm. – (dyschroniques). – EAN13 978-2-36935-021-7 : 6 €.

Nous mourons nus de James Blish

16.11
2014

cop. Le Passager clandestin

La veille, Alex avait haussé les épaules lorsque Fantasia lui avait prédit la fin du monde. Mais, le lendemain, Alex apprend de la bouche d’un haut fonctionnaire que l’effet de serre va d’ici peu provoquer des réactions en chaîne qui vont détruire toute trace d’humanité. En sa qualité de chef d’un syndicat étroitement soumis au contrôle gouvernemental, il a le droit d’être évacué sur la Lune, accompagné de dix personnes de son choix…

En 1969, Arthur C. Clarke, l’auteur entre autres de 2001 : l’odyssée de l’espace, propose à trois de ses confrères, d’imaginer le futur de l’humanité mis en danger par le progrès technologique. James Blish (1921-1975) met en lumière ici le concept d’anthropocène, une quinzaine d’années avant qu’il ne fasse débat chez les scientifiques et qu’il soit énoncé par Paul Crutzen, prix Nobel de chimie. En effet, Blish montre dans son histoire l’influence néfaste et surtout irréversible de l’action humaine sur le système terrestre. De quoi donner froid dans le dos, car la fiction rejoint ici indiscutablement la réalité…

BLISH, James. – Nous mourons nus / trad. de l’américain par Bruno Martin. – Le passager clandestin, 2014. – 90 p.. – (Dyschroniques). – EAN13 978-2-36935-020-0 : 7 €.

Dead zone de Stephen King

03.08
2014

dead zoneCela faisait très longtemps que je n’avais pas acheté ni lu un Stephen King… Depuis le lycée où je les avalais, fascinée. Mais jamais encore je n’en avais lu un après avoir vu son adaptation au grand écran, ce que j’évite toujours de faire afin de ne pas brider l’imaginaire encore rendu possible par la lecture.

Tout petit, John Smith a eu un accident qui a failli lui coûter la vie, ignoré des parents, mais qui devait lui donner des cauchemars de « glace noire ». Devenu un enseignant très apprécié de ses élèves, John Smith entame une relation amoureuse avec l’une de ses collègues.
Greg Stillson, lui, est alors un voyageur de commerce de bibles, sans aucune morale, qui a violé une fille et tué un chien.
Un soir, après avoir gagné à tous les coups à la loterie foraine, John Smith a un terrible accident qui le laisse dans le coma durant 4 ans 1/2. A son réveil, sa fiancée s’est mariée avec un autre dont elle a eu un enfant. Mais surtout, son pouvoir, déjà latent au moment de la loterie, s’est intensifié. Rien qu’en touchant quelqu’un ou quelque chose, John Smith voit ce qu’il a vécu ou ce qu’il va vivre. Son médecin a peur qu’il ne devienne une attraction de music-hall dans le cirque médiatique. Pour sa mère, devenue avec son accident une mystique hystérique, il est un Elu, chargé d’une Mission. Chaque jour, des anonymes lui envoient lettres et colis. Mais « quel bien pourrait-il faire…. ? » et « En quoi cela l’aiderait-il à mieux vivre ? ». Lorsqu’il renvoie un journaliste, les médias se retournent contre lui : les anonymes cessent de le harceler, mais son établissement scolaire refuse de le reprendre. Un jour, le shérif lui demande de l’aider sur le serial killer qui vient de tuer la camarade de sa petite fille. John Smith sait très vite de qui il s’agit, au grand dam du shérif… Car, remarque John Smith, les gens même bien, même très gentils et amicaux, deviennent distants, méfiants lorsqu’ils ont la preuve de son pouvoir : « les gens se méfient de ceux qui peuvent tout connaître d’eux rien qu’en les touchant. » Il n’en est pas quitte de ses questionnements lorsque son destin croise celui de Greg Stillson, devenu un candidat politique très en vogue : « si vous pouviez utiliser la machine à remonter le temps et revenir en 1932, assassineriez-vous Hitler ? »

Terriblement efficace, ce roman de Stephen King est l’un de ceux qui utilisent le moins d’artifices imaginaires, ce qui ne le rend pas moins angoissant : comment vivre lorsqu’on est doté d’un pouvoir nous conférant de si grandes responsabilités ? Comment bien s’en servir ?

Vent d’est, vent d’ouest de Franck M. Robinson

20.07
2014
cop. Le passager clandestin

cop. Le passager clandestin

Dans un futur relativement proche, l’air est devenu quasi irrespirable. Jim Morrison, jeune employé attaché à l’organisme Air Central, est chargé d’une mission importante par son patron : retrouver le criminel qui fait encore rouler une voiture particulière signalée dans une partie de la ville…

Publiée en 1972, Vent d’est, vent d’ouest prend la forme d’un petit polar qui condamne l’aveuglement de lobbies pollueurs, lesquels se voilent la face et continuent à faire des profits, faisant porter le poids de la culpabilité aux particuliers, jusqu’au point de non retour pour l’Humanité.

ROBINSON, Franck M.. – Vent d’est, vent d’ouest / trad. de l’américain par Jean-Marie Dessaux. – Le Passager clandestin, 2014. – 75 p. ; 11*17 cm. – (Dyschroniques). – EAN 13 978-2-36935-010-1 : 5 €.