Categorie ‘Société

La mythologie en BD : les Métamorphoses d’Ovide

07.09
2016
cop. Casterman

cop. Casterman

En deux à six planches, Béatrice Bottet nous propose là une sélection de mythes connus comme celui de Persée ou d’Orphée et Eurydice, et moins connus comme celui de Pygmalion.

Au premier regard, le dessin ne m’attirait pas, mais finalement, l’album se lit très bien, tant le récit des innombrables aventures des Dieux et des humains est captivant. Qui plus est, les Métamorphoses d’Ovide sont au programme de 6e.

Bottet, Béatrice, Pinet, Ariane

Les Métamorphoses d’Ovide

Casterman (La mythologie en BD ; 7)

EAN 13 9782203109681 : 13,95 €

Le cordon de soie de Frédérique Deghelt

30.07
2016
cop. Actes Sud

cop. Actes Sud

« Ta naissance accélère le Temps. Nos neuf mois gigognes ont disparu pour te laisser là. Chaque jour qui passe voit ton visage changer. Et cette course enclenchée donne à ma contemplation des allures d’urgence. » (p. 19)

« Bruit et fureur, ta bouche immense éclipse ton visage, tout entier dans la colère. Rouge, raideur des membres, yeux fermés sans larme, tu n’es qu’un cri jeté au ciel pour m’impressionner. J’en oublie la raison, fascinée par le spectacle offert de ton corps déchaîné dans une souffrance insoutenable. Quand je songe à me défaire, tu es plus défait que moi, râles et trembles. Ta bouche enfin me trouve, tu t’étrangles. Un dieu semble d’un geste bannir l’ouragan. Dans ta succion encore, l’exaspération d’une attente, puis le contentement te gagnent. Ta gueule de vieux furieux fait place au visage d’un ange, lisse, calme. » (p. 24)

Un beau présent que cet écrin d’images poétiques, virevoltant entre les impressions d’une mère découvrant son enfant le long des premières semaines, et les photographies en noir et blanc et couleurs de Sylvie Singer Kergall. Trois mois déjà…

Offert par Manou

 

 

 

 

Voyage en tête de gondole de Timothée Ostermann

20.04
2016
cop. Fluide glacial

cop. Fluide glacial

 

A seulement 24 ans, Timothée Ostermann publie déjà chez Fluide Glacial son premier roman graphique, Voyage en tête de gondole, une plongée dans les coulisses d’un hypermarché E. Leclerc où, étudiant, il a travaillé quatre étés. D’abord chargé de compacter les cartons, il finit par faire des remplacements dans différents secteurs du magasin, découvrant les soucis de ses collègues, leurs rêves déçus d’exercer un « vrai » métier, ou leur sens de la débrouille, les astuces de marketing et les lubies de certains clients.

Un bon miroir de cette entreprise perçue de l’intérieur, où l’on est aussi payé pour jeter les invendus, même du champagne, et où les bénéfices arrivent peu jusqu’en bas de l’échelle…

LAP ! Un roman d’apprentissage d’Aurélia Aurita

29.12
2015
cop. Les Impressions Nouvelles

cop. Les Impressions Nouvelles

Hantée par l’examen du baccalauréat, Aurélia Aurita, auteur BD chez  Fluide glacial, décide de s’immerger un an dans un lycée très singulier, sans proviseur, sans  administration,  sans intendance,  sans CPE ni surveillants, le LAP, Lycée Autogéré de Paris… par les professeurs et les élèves. Car ici deux principes animent l’établissement : l’autogestion et la  libre fréquentation. Pour valider son année, il faut juste au minimum 12 à 15 U.V. dont au moins une dans chaque domaine : U.V. de cours, semaines de stage, U.V. de gestion, projets et ateliers.

Notre jeune dessinatrice s’attache vite aux différentes individualités qui fréquentent le bahut, lapiens et lapiennes, certains en révolte au fond du jardin, ce qui rend son reportage profondément humain. Cette pédagogie alternative proche de l’anarchisme, intéressante, mais qui me laisse dubitative, ne colle pas tout à fait à mes attentes d’une autre façon d’enseigner.

Les impressions nouvelles (coll. For intérieur), janvier 2014.
144 p.
ISBN 978-2-87449-185-6 : 15 euros.

Olympe de Gouges de Catel & Bocquet

28.12
2015
cop. Casterman écritures

cop. Casterman écritures

 

Fruit de l’amour défendu entre « un noble et une roturière », Marie Gouzes aime lire et écrire, et, libérée des liens d’un mariage de raison par un veuvage précoce, elle décide d’élever seule son fils et de se faire appeler Olympe de Gouges. Côtoyant quelques grands noms de la littérature et de la révolution, grande amie de Louis-Sébastien Mercier, amante de Jacques Biétric de Rozières, Olympe de Gouges commence par défendre les droits des noirs, notamment à travers une pièce de théâtre, avant de rédiger la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, en 1791. Ses attaques virulentes par voie d’affichage du nouveau régime de la Terreur l’amènent droit à la guillotine.

Connaissant la biographie d’Olympe de Gouges dans ses grandes lignes, j’étais curieuse de voir de quelle manière elle serait traitée… De façon linéaire, chronologique, très (trop) détaillée sûrement (plus de 400 pages) avec chronologie et galerie de portraits célèbres en fin d’ouvrage. Un travail très sérieux donc, mais un récit qui aurait pu gagner en densité et en intensité en se concentrant sur les étapes majeures de son parcours de citoyenne soucieuse des droits de chacun.

 

Autobio de Cyril Pedrosa tomes 1 & 2

25.11
2015

cop. Fluide Glacial

Au quotidien, il n’est pas toujours simple de concilier velléités écolo et organisation de la vie familiale. Tri sélectif, insecticides, vélo hollandais, maison en paille, mesure de carte scolaire, départ en vacances : le père de famille est confronté à ses contradictions et à bon nombre de dilemmes toute au long de ces deux albums… avec beaucoup de gags à la clé.

Ces diverses facettes du mode de vie écolo feront rire aussi bien le sceptique que le bobo ou l’écologiste engagé.

 

cop. Fluide Glacial

 

 

 

Pedrosa, Cyril.

Autobio.

FLUIDE GLACIAL-AUDIE, 2008.

« Lewis Mumford » : pour une juste plénitude

23.06
2015

 

cop. Le passager clandestin

 

Thierry Paquot exhume ici la vie et l’oeuvre de l’Américain Lewis Mumford dont la mort du fils de 19 ans sur le front italien en 1944 va pousser vers une radicalité politique qui s’affichera désormais dans ses ouvrages et articles, et ce sur tous les grands sujets de société. Pour lui, le progrès technologique ne tend pas à améliorer les conditions de vie de chacun, comme les industriels cherchent à leur faire croire, mais conduit à uniformiser les modes de vie de ses concitoyens conditionnés par la société de consommation comme seul indicateur de croissance, et partant de réussite… Productivisme qui met à mal tout l’écosystème pour assurer les bénéfices de quelques-uns. La seconde partie de l’ouvrage réunit des extraits choisis de son oeuvre.

Parmi « Les précurseurs de la décroissance », Thierry Paquot nous fait découvrir ici un citoyen américain qui émit parmi les premiers des objections argumentées contre la société de consommation, le gigantisme des villes, la bombe atomique, le pillage de la Nature :

« Il existe un antagonisme fondamental entre une économie mécanique, centrée sur la puissance, et l’économie plus ancienne, centrée sur la vie… Une économie centrée sur la vie respecte les limites organiques, elle ne cherche pas à s’adjuger la plus grande quantité possible d’un bien. » 

A découvrir.

PAQUOT, Thierry.

Lewis Mumford  : pour une juste plénitude

Le passager clandestin (Les précurseurs de la décroissance ; 2015)

109 p.

EAN13 9782369350262 : 8 €.