Categorie ‘Essais sur la littérature

Le grand livre des casse-têtes… Logogriphes !

19.12
2014
cop. Larousse

cop. Larousse

Quel plaisir à feuilleter cet ouvrage mettant à mal notre conviction de tout savoir sur la langue française : faites donc un logogriphe en devinant un mot à partir d’une définition énigmatique des jeux d’esprit ; résolvez charades, devinettes, énigmes lexicales, rébus graphiques, textes à trous ; trouvez les intrus d’origine et de sens différents ou des anagrammes ; etc.

De quoi se creuser la tête avec des mots pour changer de votre sudoku habituel.

BERLION, Daniel, LAMY, Yves. – Le grand livre des casse-têtes… Logogriphes !… et chausse-trappes lexicaux. – Larousse, 2014. – 286 p.. – EAN13 978-2-03-590394-5 : 20,90 €.

Splendeurs et misères de l’aspirant écrivain

12.10
2014
cop. Flammarion

cop. Flammarion

Du désir d’écrire à la parution du premier roman, ce livre révèle et décrypte tous les us et coutumes de la chose littéraire.

Cocasse et plein d’humour, ce bêtisier du parcours de l’aspirant écrivain va en séduire plus d’un… Même si je trouve  Jean-Baptiste Gendarme bien indulgent vis-à-vis des éditeurs…

Gendarme, Jean-Baptiste. Splendeurs et misères de l’aspirant écrivain. PARIS CEDEX : Flammarion, 2014. 173 p.. . ISBN 978-2-0813-4240-8

La bande dessinée du scénario à la publication

17.01
2014

 

cop. Caster doc

cop. Caster doc

Après avoir dressé l’historique de la bande dessinée, Jean-Benoît Durand nous fait découvrir, étape par étape, la réalisation d’une bande dessinée : comment écrire un scénario, faire un découpage écrit ou dessiné, trouver le bon agencement des cases, les plans pertinents, les cadres cohérents, gérer les ellipses, créer le mouvement, imaginer les personnages, chercher de la documentation, choisir ses outils de travail, réaliser des crayonnés puis l’encrage, mettre en couleur.

Très pratique, ce documentaire à l’esthétisme soigné, dont la première version date de 1998 sous un autre titre, nous fait découvrir les concepts et les problématiques soulevés par le 9e art, qu’on ne perçoit en général que de l’autre côté de la lorgnette ! Un ouvrage de référence pour tous les néophytes, voire les amateurs avertis.

DURAND, Jean-Benoît. – La bande dessinée : du scénario à la publication. – Castor Doc, 2014. – 127 p. : ill. en coul. ; 18 cm. – EAN13 9782081308398 : 8,60 €.

Reçu en service de presse.

Jacques Sternberg ou l’oeil sauvage de Lionel Marek

06.08
2013

loeilsauvageAurait-il mieux valu que cette biographie fût publiée avant mon essai Jacques Sternberg : une esthétique de la terreur ? Tout est dit, les espaces laissés blancs par l’ère anté-net et par ses biographies successives sont recouverts à présent par ce vibrant hommage d’un fils à son père disparu, faisant, en l’achevant, une seconde fois son deuil, après avoir redécouvert pour le préparer l’intégrale de son père dans sa chronologie. Jean-Pol Sternberg, alias Lionel Marek, pseudonyme imposé par son père quand lui aussi embrasse la vocation d’écrivain, nous invite ainsi à suivre le parcours de combattant de Jacques Sternberg, d’abord en tant qu’adolescent juif à travers la seconde guerre mondiale à laquelle il survit, puis échec après échec sur la longue route pour se faire publier et accéder à la notoriété.

A propos du Raccourci : « L’auteur n’a que 25 ans, et déjà une telle sombre violence ! La guerre est passée par là. Avant de devenir un personnage littéraire harcelé par la sournoise malveillance des décors du quotidien, il aura été un Juif traqué par des êtres humains hostiles. Sternberg est sans doute belge, il sera également marqué par une certaine culture américaine, mais il demeure avant tout un Juif marqué par son passé à lui, jusqu’à se projeter dans un antihéros torturé par un délire de persécution hallucinatoire, une amplification pathologique de ce qui incarnait la qualité suprême de l’écrivain – la lucidité, ce qu’il appellera plus tard « l’oeil sauvage ». »(p. 82)

Il analyse, ce faisant, la thématique et l’écriture de Jacques Sternberg au fil de son œuvre, sans jamais glisser vers la flatterie. Il en distingue cinq registres principaux : une science-fiction libertaire de portée satirique sur la société, un fantastique quotidien et un « insolite onirique surréalisant » empreints d’humour noir, un non-sens paroxystique, des histoires d’amour tragique assez classiques, et une dérive autofictionnelle prégnante. Envers et contre les lecteurs et critiques, dont il ressort des archives les avis publiés, il lui trouve plus de génie dans ses pamphlets – Lettre ouverte aux Terriens – et dans sa création romanesque, poussant au paroxysme le non-sens et décomposant temps et espace d’une manière tout à fait novatrice, qu’en tant que maître du conte bref, même s’il déclare quelques coups de cœur comme Le Rideau, Le Délégué ou Si loin du monde :

« (…) contrairement à ce que beaucoup prétendent, le sommet de l’oeuvre de Sternberg ne culmine pas dans ses textes les plus concis, mais dans ses romans les plus novateurs. » (p. 108)

Il marque ainsi une nette préférence pour sa trilogie marquée du sceau du non-sens, L’Employé (1958), « bombe » antiromanesque, Un jour ouvrable (1961), dystopie mettant en scène une société totalitaire, et Attention, planète habitée (1970), mais également pour Le Navigateur (1977), « gigantesque fantasme » poétique, et pour Agathe et Béatrice, Claire et Dorothée (1979), à « l’improbable organisation temporelle ».

Une biographie passionnante, qui ne peut qu’inciter éditeurs et lecteurs à lire et à ressusciter les textes précités, et redécouvrir l’écrivain original que fut Jacques Sternberg.

 

MAREK, Lionel. – Jacques Sternberg ou l’oeil sauvage. – Lausanne : L’âge d’homme, 2013. – 363 p.. – EAN 13 9782825142639 : 23 €.

Atelier d’écriture de Laure d’Astragal

26.04
2013
cop. Larousse

cop. Larousse

Erreur fatale de déformation professionnelle : j’ai cru à tort que ce livre était destiné aux ateliers d’écritures que d’aucuns, légitimés par la publication d’au moins un ouvrage, animent à l’intention d’adultes ou d’élèves en milieu scolaire. Que nenni ! Sachez-le, il s’agit en fait d’un genre de manuel à l’usage d’écrivains en herbe chez eux, à qui l’on va faire appliquer la méthode Coué. Si, si. L’auto-persuasion, il n’y a que ça de vrai ! Vous l’aurez deviné, j’étais on ne peut plus sceptique, mais, passé le premier tiers de l’ouvrage, le propos devient beaucoup plus intéressant, et du coup, on finit par prendre l’auteure – ingénieur et professeur de yoga – plus au sérieux. Les conseils sont judicieux, les exercices efficaces. Plus j’ai progressé dans sa lecture, plus j’ai révisé mon jugement… Un ouvrage que je conseille au final !

D’ASTRAGAL, Laure. – Atelier d’écriture. – Larousse, 2013. – 256 p.. – (Poche). – EAN13 9782035884886 : 5,90 €.

Le petit Larousse des grands écrivains français

18.01
2013

 

cop. Larousse

De Tristan et Iseult à Le Clézio, ce Petit Larousse des Grands Écrivains français aborde 75 écrivains et poètes majeurs de la littérature française : cinq pour le Moyen Âge, autant pour le XVIe siècle, le double pour le XVIIe siècle, neuf pour le suivant, le double pour le XIXe siècle, et vingt-huit pour le seul XXe siècle. Pour chaque auteur présenté, cet ouvrage relié propose quatre pages relatant sa vie et une ou deux oeuvres, enrichies de photographies, reproductions, anecdotes et extraits emblématiques, comme Zola, qui mourut asphyxié chez lui, probablement victime d’un accident criminel commis par un antidreyfusard. En fin d’ouvrage : lexique et repères chronologiques.

Un bien bel outil pédagogique, agréable à consulter, pour les collégiens voire les lycéens.

 

MORY, Catherine. - Le petit Larousse des grands écrivains français. – Larousse, 2012. – 320 p. : ill. en coul. ; 25 cm. – (Le Petit Larousse de…). – EAN 9782035861030 : 25,50 €.

 


Une histoire de la lecture d’Alberto Manguel

02.11
2012

cop. Actes sud

Prix Médicis essai 1998

« Je voulais vivre parmi les livres. »

Alberto Manguel

(p. 34)

Voilà une ambition que je partage avec lui depuis mon plus jeune âge, et que j’ai quasiment accomplie dans tous les rouages de la chaîne du livre. Nul doute que cette lecture allait me parler. A la page suivante, d’ailleurs :

« Une fois que j’avais lu un livre, je ne pouvais supporter de m’en séparer. »

(p. 35)

Je déteste aimer un livre que j’ai emprunté : impossible de garder l’exemplaire avec lequel j’ai vécu cette expérience, d’un éditeur, d’un format, d’un papier particuliers, qui m’a procuré ce plaisir (à moins de louvoyer en prétextant l’avoir un peu abimer et en rachetant un exemplaire neuf au prêteur : je ne l’ai fait qu’une fois, et hélas, la prêteuse avait compris le stratagème, ayant le même toc !).

De même, comme Alberto Manguel, j’annote la dernière page de garde du livre au crayon en signalant les pages qui ont produit sur moi le plus d’effet.

Bref, cet essai me parlait ! Que nous dit d’autre Alberto Manguel ?

  • Lire va de paire avec la solitude, solitude imposée, prétexte, porteuse de sens ou refuge, le livre devenant pour le lecteur un monde en soi. Avec le mutisme aussi : « je ne parlais jamais à personne de mes lectures. », nous confie Alberto Manguel, qui découvre enfant avec surprise que quelqu’un à côté de soi ne peut absolument pas savoir ce qu’il lit à un mètre de lui.
  • Lire, c’est aussi choisir, privilégier des lieux de lecture, le lit, tard le soir, constituant le lieu le plus sûr, le mieux protégé.
  • Lire, c’est également accroître son expérience. Jeune lecteur, la rencontre avec d’autres enfants est souvent moins intéressante que les aventures et dialogues de personnages romanesques.
  • Lire, c’est un moyen pour l’âme d’apprendre à se découvrir.
  • Lire peut aussi être subversif, la censure et la dichotomie artificielle entre la lecture et la vie étant entretenues par ceux qui détiennent le pouvoir.

Alberto Manguel brosse aussi un historique du support de la lecture (les tablettes d’argile datant du 4e millénaire avant notre ère), de l’apprentissage de la lecture, de nos rapports à la lecture (à voix haute dès les débuts de l’écrit, y compris dans les bibliothèques, passée à la lecture silencieuse).

Il nous relate cette anecdote de Racine imprimant dans son esprit un vieux roman grec dont les moines de l’abbaye de Port-Royal lui ont brûlé les exemplaires successifs.

Il évoque son expérience de lecteur auprès de Borges, livre l’opinion de Kafka pour qui un texte ne peut être lu que parce qu’il est inachevé, d’où l’absence d’une dernière page au Château pour permettre au lecteur de poursuivre sa lecture du texte à des niveaux multiples. A l’inverse, un roman à l’eau de rose nous livrera une lecture exclusive et étanche. De fait, le nombre de lectures possibles et de réactions envisageables dépasse toujours le nombre de textes qui les ont engendrées. Et de citer la célèbre phrase de Kafka : « un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous.« 

Mais laissons-là les détails, les anecdotes. Voici ce dont parle Alberto Manguel tout au long de cet essai, de la dernière page, des faits de lecture (lire les ombres, lire en silence, le livre de la mémoire, l’apprentissage de la lecture, la première page manquante, lire les images, écouter lire, la forme du livre, lecture privée, métaphores de la lecture), des pouvoirs du lecteur (commencements, ordonnateurs de l’univers, lire l’avenir, le lecteur symbolique, lire en lieu clos, le voleur de livres, l’auteur en lecteur, lectures interdites, le fou de livres) et des pages de fin.

Beaucoup aimé

 

 

Bref une passionnante lecture sur la lecture !