Categorie ‘Biographies

Paroles sans papiers

21.12
2016
cop. Delcourt

cop. Delcourt

Vous vous souvenez peut-être de l’évacuation médiatisée des sans-papiers de l’église Saint-Bernard, soutenus par Emmanuelle Béart.

Plus de dix ans après, en 2007, Alfred, Michaël Le Galli et David Chauvel, offrent la parole à ces « sans papier ». Ce sont ainsi neuf tranches de vie différentes qu’ils nous donnent à voir et à lire, anxiogènes, humiliantes, autant de drames où les droits humains les plus élémentaires sont reniés, pour ne pas dire piétinés. Neuf destins mis en scène par neuf illustrateurs reconnus pour bien démarquer chacune de ces situations emblématiques : marches dans le désert, pluies de coups et de balles, traumatisme des enfants, prostitution, esclavage, survie sans papiers et sans possibilité d’avenir professionnel, expulsions,…

Un album terrible et tellement beau à la fois, porté par des dessinateurs aussi talentueux que Mattotti, Gipi, Frederik Peeters, Cyril Pedrosa,…

Mémé d’Arménie de Farid Boudjellal

14.12
2016
cop. Futuropolis

cop. Futuropolis

 

1960. Un jour, les parents de Mahmoud reçoivent un télégramme : son grand-père vient de mourir. Son père décide aussitôt d’aller chercher sa grand-mère pour qu’elle vienne vivre avec eux à Toulon. Mahmoud va de surprise en surprise : sa grand-mère porte la croix, fête Noël, elle est chrétienne, alors que lui, musulman de père en fils, va bientôt être circoncis. Et le chirurgien qui va l’opérer cherche à tout prix, en vain, à la faire parler du génocide arménien…

Le dessin, tout en douceur et rondeur, me plaisait bien, mais quelle déception de pas en savoir davantage sur le génocide arménien ! Finalement cette histoire pourrait être transposée à toute famille sur plusieurs générations ayant vécu un traumatisme. Ici il est davantage question du silence autour de souvenirs tragiques que de la biographie de cette vieille dame. Bref on n’apprend rien de plus.

Haytham : une jeunesse syrienne de N. Hénin & K. Park

07.12
2016
cop. Dargaud

cop. Dargaud

 

À Deraa, en Syrie, Haytham, âgé de 14 ans, veut accompagner son père dans les manifestations. Mais bientôt ce dernier, devenu l’un des leaders de la jeune révolution, est activement recherché. Il quitte sa famille pour se cacher avant de passer la frontière. Pendant ce temps, à Deraa, un couvre-feu est instauré et les opposants torturés ou exécutés. Finalement sa famille décide de fuir le pays, à son tour, pour rejoindre la France.

Nicolas Hénin, s’inspirant de la biographie de Haytam, ne nous présente pas ici la même image de la Syrie d’avant Daesh que Ryad Sattouf. Haytam évolue dans un milieu urbain, côtoie les amis de son père, dans l’opposition politique, gagne des tournois d’échecs, passe le brevet : on est bien loin de la caricature de la population syrienne faite dans l’Arabe du futur. Le parcours de Haytam est d’ailleurs exemplaire, lui qui n’a « pas démérité » comme il le souligne en conclusion en remerciant la France de les avoir accueillis. Le dessin au crayon, presque réaliste, est bien rythmé.

Une BD dans la vague des récits de vie sur les migrants, pour faire connaître au grand public leur parcours.