Categorie ‘Peinture

Les dessous des chefs-d’oeuvre : un regard neuf sur les maîtres anciens

10.02
2012

cop. Taschen

 

Les dessous des chefs-d’oeuvre : un regard neuf sur les maîtres anciens (tome 1) de Rose-Marie et Rainer Hagen

Cet ouvrage se propose de nous donner les clés de lecture de quelques-unes des toiles célèbres du patrimoine occidental européen, du 15e siècle au 19e siècle, notamment des toiles françaises, italiennes (7 tableaux chacun), hollandaises (5), allemandes (4), espagnoles (2) et anglo-saxonnes (1).

Sont ainsi décryptés sur six pages en moyenne certains chefs-d’oeuvre comme La Naissance de Vénus de Botticelli (1486), ou Les Noces de Cana de Véronèse (1562), l’un des plus grands tableaux jamais peints au monde. Pour analyser un tableau, les auteurs commencent évidemment par le décrire, puis par le restituer très précisément dans son contexte social et historique, avant de donner les conditions de sa commande et de sa réception.

Parmi cette sélection, La Tour de Babel de Pieter Bruegel l’Ancien (1563) frappe les esprits en lançant un message trans-historique aux métropoles de jadis (Babylone, Anvers) comme à celles d’aujourd’hui et de demain (New-York, Shanghaï, Dubaï).

Un excellent ouvrage pédagogique, décliné en trois tomes, dont voici le premier.

 

Le monde de Picasso de John Finlay

20.01
2012

 

cop. Larousse

 

Peintre de génie, mais aussi sculpteur, décorateur de théâtre, graveur et dessinateur, Pablo Picasso (1881-1973) est l’un des artistes qui a le plus révolutionné l’art au XXe siècle.

Après s’être détaché des sujets religieux que son père andalou trouvait plus lucratifs, Pablo Picasso fréquente « Els Quatre Gats », café barcelonais attirant de nombreux écrivains, intellectuels et artistes, souvent séduits par l’anarchie et par l’oeuvre de Friedrich Nietzsche, d’Oscar Wilde, de Paul Verlaine, de Wagner et de Kropotkine. Sa peinture est à cette période influencée par Munch. Monté à Paris à partir de 1904, il visite les expositions universelles, va voir Loïe Fuller, la très populaire « danseuse aux voiles », et fait un dessin de Sada Yacco, la danseuse japonaise : il assimile très vite les influences impressionnistes et expressionnistes avant d’élaborer un style qui commence déjà à être bien à lui :  »Les Bleus » de Barcelone illustrent sa vision pessimiste de l’art, que Picasso estime procéder de la tristesse et de la douleur. Locataire d’un atelier au Bateau-Lavoir à Montmartre, il a pour ami Guillaume Apollinaire avec lequel il partage comme sujets les artistes de cirque, arlequins et baladins.

Mais c’est son amitié avec Georges Braque et leur influence mutuelle qui vont se révéler déterminantes, puisqu’ils vont tous deux inventer leur propre mouvement, le cubisme, mouvement le plus controversé du XXe siècle, auquel le théâtre, l’art du cirque, la musique et la danse ne sont d’ailleurs pas étrangers.

 

1907 - Les demoiselles d'Avignon

Ce sont Les Demoiselles d’Avignon (1906-1907) intitulées à l’origine Le Bordel philosophique qui vont marquer une rupture et initier le mouvement. Sur ce tableau étaient prévus à l’origine sept personnages dont deux hommes, avec une nature morte : un marin, un étudiant en médecine et cinq prostituées. Finalement sept prostituées nues, a priori à la toilette, revisiteront le mythe intemporel de la femme à la toilette, de la naissance de Vénus, entre une promesse de sexe débridé et la peur de la maladie. On reconnait alors le statuaire ibérique et les masques africains qui vont durablement s’inscrire dans l’esthétique de Picasso. Nul besoin d’ajouter que ce tableau créa la stupéfaction, donnant l’impression aux spectateurs de quelque chose de fou et de monstrueux. Il ne fut d’ailleurs connu qu’après 1937.

Sa Femme nue aux bras levés (1907) fera à son tour voler en éclat les canons académiques de la beauté.

1917 - Parade

Le cubisme se traduit non seulement par son traitement du sujet, mais aussi par ses techniques - collage, papier collé et construction, par son introduction d’un objet étranger. Il devient même parfois hermétique (Ma jolie 1911-1912).

 

En 1917, Picasso, aux côtés de Guillaume Apollinaire et de Jean Cocteau, fait le pari fou de monter Parade.

Dans les années 20, il retourne bizarrement dans quelque chose de plus figuratif, mettant en scène des rêveuses, des lectrices, des bacchantes courant sur la plage, dans des fresques antiques et sculpturales.

1925 - La danse

 

 

Breton choisit La Guitare de Picasso pour le premier numéro de La Révolution surréaliste (1924). Pourtant, même si Picasso retourne avec La Danse (1925) aux thèmes d’hystérie et de sauvagerie des Demoiselles d’Avignon (1907), il est  »trop sage et indépendant » pour faire partie du groupe des Surréalistes et de leur culte de la démence.

 

De nouveau, il imagine le rideau, les décors et les costumes d’un ballet, Mercure, en 1924.

 

 

 

 

1937 - Guernica

 

Sans militer dans un quelconque parti politique, il dénoncera l’atrocité de la guerre dans d’immenses toiles comme Guernica (1937) et Massacre en Corée (1951).

1951 - Massacre en Corée

 

 

Dans sa dernière période, jaloux de Matisse, il privilégiera les sculptures (Tête de taureau 1942 conçue avec une selle et un guidon de vélo), avant de donner sa version des toiles des grands maîtres dans les musées. La question de sa postérité le taraudait toujours…

 

 

Un excellent documentaire retraçant période par période son cheminement artistique.

 

 

FINLAY, John. – Le monde de Picasso : un regard intime sur la vie et l’oeuvre de Picasso. – Larousse, 2011. – 180 p. : ill. en coul. ; 31 cm. – EAN 13 9782035861405 : 29,90 €.

 

 

 

Edvard Munch : l’oeil moderne : l’exposition

18.11
2011

Rien de tel que de télécharger l’excellent dossier pédagogique pour préparer sa visite à une exposition, en le lisant dans le train à l’aller, puis de feuilleter au retour le catalogue d’exposition, pour y retrouver les oeuvres qu’on y a admirées.

Les deux se complètent à merveille. Car si le premier permet de préparer et d’éduquer notre oeil, le second joue plus ou moins le rôle d’album souvenir, s’attardant sur l’explication de certaines toiles ou photographies de Munch. Hélas la reproduction de tableaux dans un livre reste toujours aussi décevante : il y manque le rendu des couleurs, le format et la texture des tableaux, d’où l’intérêt d’aller à la rencontre de l’oeuvre originale, et à l’exposition Edvard Munch, l’oeil moderne, présentée à Beaubourg jusqu’au 9 janvier. Vous y découvrirez non pas Le Cri, l’oeuvre emblématique datant des débuts de Munch (1893), mais « comment sa production des années 1900 à 1940 s’est nourrie du développement de la photographie et du cinématographe, de ses expériences dans le domaine théâtral, ainsi que des interrogations de son temps concernant » « la reproductibilité de l’oeuvre d’art » et « les possibles interprétations des pratiques artistiques et littéraires ».

Arrêts parmi les 140 oeuvres sur les suivantes :

Vampire (1893), Puberté (1894-1895), Le Baiser (1897), La Vigne vierge rouge (1898-1900), Jalousie (1907), Femme en pleurs (1907, grand format), Le Soleil (1910-1913), Enfants dans la rue (1910-1915), Travailleurs rentrant chez eux (1913-1914), Autoportrait à Bergen (1916), L’Artiste et son modèle (1919-1921), Nuit étoilée (1922-1924), L’Enfant malade (1925), La Bagarre (1932).

 

Edvard Munch :  l’oeil moderne  :  l’exposition  :  [réalisé à l'occasion de l'exposition présentée au Centre Pompidou, Paris, Galerie 2, du 22 septembre 2011 au 9 janvier 2012, à la Schirn Kunsthalle, Francfort, du 9 février au 13 mai 2012 et à la Tate Modern, Londres, du 28 juin au 12 octobre 2012  [conception et rédaction, Marion Diez, Caroline Edde  ; traduction, Caroline Taylor-Bouché]. 

Paris  : Cente Pompidou , 2011
59 p.  : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul.  ; 27 x 27 cm
Textes en français et en anglais 

ISBN 978-2-84426-538-8 (rel.) : 8,50 €.

Hiroshige : sur la route de Tôkaïdo

11.11
2011


Utagawa Hiroshige (1797-1858) fut avec Hokusaï le  »maître du paysage » au Japon. Fin observateur de la nature changeante au gré des saisons, il fut aussi un grand admirateur du Tôkaïdo, dont il composa 30 séries. A partir de l’âge de 36 ans, il mena son existence comme il l’entend, voyageant et dessinant sans contrainte désormais.

 

Cet ouvrage magnifique, écrin d’une sélection de tirages faits en 1840, est un enchantement pour le regard : voyez par vous-mêmes !

 

Au parcours biographique et aux courts descriptifs présentés par Nelly Delay, on aurait aimé voir adjoindre des explications plus plastiques : pourquoi avoir choisi telle tonalité de couleurs ?  Pourquoi représenter les personnages, les arbres, l’eau de cette manière ? Etc… C’est dommage.

 

En savoir plus sur le site des éditions Hazan.

 

Apprécié

Hiroshige  :  sur la route du Tōkaidō  [présentation par Nelly Delay]. - Paris  : Hazan , 2010 .- 1 coffret  : ill. en coul.  ; 21 x 30 cm.
Contient un volume de reproductions de la série d’estampes « Cinquante-trois étapes du Tōkaidō » (112 f. dépl. : ill. en coul. ; 17 cm), un album comparatif de planches (112 p. : ill. en coul. ; 20 x 29 cm) et une plaquette de textes (23 p. : ill. ; 19 x 28 cm). - ISBN 978-2-7541-0498-2 (coffret) : 35 €.

L’art abstrait

08.07
2010

 

cop. Larousse

 

Bon nombre de préjugés et d’a priori sont véhiculés sur l’art abstrait, hermétique pour beaucoup au premier regard, car refusant le mimétisme et réfléchissant sur son contexte (l’espace, la matière la texture, le geste) et sur lui-même. Kandinsky le premier cherchera, en combinant simplement lignes, formes et couleurs, non plus à reproduire un objet réel mais plutôt à retranscrire une émotion, même musicale. Bien d’autres suivront, chacun affirmant son style, inimitable car hautement identifiable, tels que le carré blanc sur fond blanc de Malevitch ou le dripping de Pollock.

Après avoir proposé sa définition de l’art abstrait, Laure-Caroline Semmer passe en revue plus ou moins rapidement, dans leur ordre chronologique, les principaux artistes abstraits et leurs œuvres.

Un outil idéal pour appréhender l’art abstrait, à lire chez soi à tête reposée, mais aussi à emporter à chaque visite d’exposition permanente ou temporaire.

 

Beaucoup aimé

SEMMER, Laure-Caroline. – L’art abstrait. – Larousse, 2010. – 167 p. : ill. en coul. – (Comprendre Reconnaître). – ISBN 978-2-03-584335-7 : 23 €.

 

L’icône d’André Fisch et Agnès Raynaud

30.01
2007

cop. Dessain & Tolra

Outre sa valeur religieuse et symbolique, ce genre emblématique requiert un minutieux travail de préparation et d’exécution, notamment pour la pose de l’or. Ce dernier est ici expliqué dans le détail avant d’être mis en application à travers quatre modèles célèbres, supposant l’apprentissage des drapés, de la pose de l’or à l’eau ou à la mixtion, du proplasme et du glacis. En fin d’ouvrage un lexique.

FISCH, André, RAYNAUD, Agnès. – L’icône. – Dessain et Tolra, 2006. – 72 p. : ill. en coul. ; 21*29 cm. – (L’atelier du copiste). – ISBN : 2-295-00067-X : 14,90 €.

Natures mortes des XVIIe et XVIIIe siècles d’André Fisch, Agnès Raynaud

30.01
2007

cop. Dessain & Tolra

 

La représentation des natures mortes, objets usuels, vaisselle, fruits, légumes et fleurs, connut son âge d’or aux XVIIe et XVIIIe siècles. Après un bref historique, les auteurs s’attachent à montrer l’évolution des pratiques anciennes aux nouvelles, avec force conseils sur les supports, le choix des pinceaux et le mélange des couleurs. Suivent huit exercices illustrés de tableaux à copier parmi les grandes écoles de peinture, soit en entier, soit en détail, émaillés de conseils d’atelier. En fin d’ouvrage un lexique.

FISCH, André, RAYNAUD, Agnès. – Natures mortes des XVIIe et XVIIIe siècles. – Dessain et Tolra, 2006. – 72 p. : ill. en coul. ; 21*29 cm. – (L’atelier du copiste). – ISBN : 2-295-00066-1 : 14,90 €.