Categorie ‘Livres d’art

Danse contemporaine et littérature

30.05
2017
cop. Centre national de la danse

cop. Centre national de la danse

 

Entre fictions et performances écrites

Partant du constat que « les scènes de la danse contemporaine composent de plus en plus leurs partitions à partir de textes de différentes natures, textes philosophiques, chansons et histoires personnelles« , Magali Nachtergael et Lucille Toth ont voulu cet ouvrage collaboratif qui traite de littérature et de danse contemporaine. Beaucoup de chorégraphes lisent en amont, écrivent eux-mêmes, laissent derrière eux des carnets ou invitent des écrivains sur scène, comme Carlotta Ikeda et Pascal Quignard.

A priori, il existerait trois manières de croiser les deux disciplines artistiques :

- le « danseur parlant », avec une mise en voix des textes : essoufflé par le texte, encombré par lui, le danseur danse quand même, malgré tout.

- les « danseurs versus récitants » : sur scène les comédiens côtoient les danseurs sans se mêler à eux.

- « l’absence de texte » : le texte, écrit en amont, est réécrit par la danse, absent de la scène, digéré et restitué autrement,  comme Maguy Marin transposant Beckett dans May B..

Trois options distinguant le corps et l’esprit, la danse et la littérature, comme capables d’interactions mais irréductiblement opposées. L’art littéraire s’apparenterait ainsi à « l’art du geste de la trace« , et l’art chorégraphique à « l’art du geste sans la trace« . Ainsi, sur scène ce qui est dit n’est pas ce qui est montré, et ce que l’on peu comprendre, on ne peut pas le voir. Et  la danse montre l’indicible. Etrange dichotomie entre ces deux arts, comme s’il y avait une collision entre l’écoute intérieure du corps et l’assujettissement du corps à la musique envahissante. Notons au passage l’existence du Festival Concordanses, qui favorise précisément « une aventure singulière où un écrivain rencontre un chorégraphe ».

Une lecture qui invite à découvrir les différents spectacles chorégraphiques mettant en exergue la littérature.

 

Lecture dans le cadre de mon Challenge danse

cop. SeL

cop. SeL

Il était une fois dans l’est : tome 1 de Julie Birmant et Clément Oubrerie

24.05
2017
cop. Dargaud

cop. Dargaud

« Il était une fois dans l’est » : non, il ne s’agit pas d’un western spaghetti, mais du biopic d’Isadora Duncan, célèbre danseuse contemporaine, à travers sa relation avec de Serge Essenine, poète russe. J’étais donc complètement passée à côté de ce nouveau biopic d’une femme célèbre, et qui plus est d’une danseuse dont j’avais commencé à écrire le scénario, tant sa vie fut à la fois passionnante et tragique !

Ce premier tome commence par la fin tragique d’Isadora pour ensuite directement passer à l’été 1923 avec Serge Essenine et revenir sur les débuts de leur relation, soudaine et passionnée. Ayant lu l’autobiographie d’Isadora Duncan et de nombreux témoignages sur elle, j’avoue être passablement déçue par cette entrée en matière. Je veux bien croire que l’éditeur ait pensé, à tort ou à raison, que les noms d’Isadora Duncan et de Serge Essenine étaient inconnus du grand public, et qu’il fallait attirer le chaland en le faisant rêver d’exotisme venu du Nord et de passion, mais tout de même, je reconnais là bien mal l’image que je m’étais faite d’Isadora Duncan, danseuse inspirée des déesses grecques ! La mise en double page, hors cases, de sa danse, aérienne, rend seule hommage à sa danse, pour l’instant. Quel dommage !

Lecture dans le cadre de mon Challenge danse

cop. SeL

cop. SeL

 

L’histoire de l’art en BD : de la préhistoire à la Renaissance

28.09
2016
cop. Casterman

cop. Casterman

 

Un grand-père raconte à ses petits-enfants le commencement de l’art il y a 75 000 ans… ou quand on utilise la bande dessinée à des fins pédagogiques : difficile de la lire d’une traite tant l’absorption de tout un patrimoine artistique deviendrait, en si peu de pages, vite indigeste pour des enfants de 11-14 ans auxquels il est destiné.

Augustin, Marion, Heitz, Bruno

L’histoire de l’art en BD : de la préhistoire à la Renaissance

Casterman (L’histoire de l’art en BD, 2016)

EAN 13 9782203101005 : 14,95 €

Lire la bande dessinée de Benoit Peeters

18.08
2016
cop. Champs Flammarion

cop. Champs Flammarion

Benoit Peeters propose ici une lecture initiatique de la bande dessinée, que l’on peut lire d’ailleurs de toutes les manières possibles (politique, sociologique, philosophique, psychanalytique,…) et dans tous les sens possibles. Selon lui, ce qui fait la spécificité de la BD, c’est « la case, le strip, la planche, les relations entre le texte et le dessin, entre le scénario et sa mise en images ». L’auteur de BD a pour seul impératif de devoir « partager la planche en un certain nombre de segments afin de séparer des actions qui dans le récit se succèdent« . Ensuite, « les possibilités d’intervention sur la taille de l’image, assez rares au cinéma, sont ici presque infinies ».

Néanmoins, il touche du doigt l’incomplétude de la case, qui en fait toute la richesse, car la case n’est, somme toute, qu’une « variable dans un ensemble« , un « instant dans une continuité ». En effet, aucune image ne fait bande à part : « la véritable magie de la bande dessinée, c’est entre les images qu’elle opère, dans la tension qui les relie. » Pour Benoit Peeters, les plus grands créateurs de bande dessinée ont toujours réussi à « mettre l’accent à la fois sur les paramètres internes à la case et sur les relations qui les unissent. »

Il critique ainsi l’utilisation conventionnelle de la BD (qui privilégie le récit, comme le gaufrier), ou décorative (BD qui privilégie l’image), et fait l’éloge de son utilisation rhétorique (la case et la planche servent le récit) ou productrice (c’est l’organisation de la planche qui semble dicter le récit).

Une bonne ouverture pédagogique sur le neuvième art.

 

 

Le cordon de soie de Frédérique Deghelt

30.07
2016
cop. Actes Sud

cop. Actes Sud

« Ta naissance accélère le Temps. Nos neuf mois gigognes ont disparu pour te laisser là. Chaque jour qui passe voit ton visage changer. Et cette course enclenchée donne à ma contemplation des allures d’urgence. » (p. 19)

« Bruit et fureur, ta bouche immense éclipse ton visage, tout entier dans la colère. Rouge, raideur des membres, yeux fermés sans larme, tu n’es qu’un cri jeté au ciel pour m’impressionner. J’en oublie la raison, fascinée par le spectacle offert de ton corps déchaîné dans une souffrance insoutenable. Quand je songe à me défaire, tu es plus défait que moi, râles et trembles. Ta bouche enfin me trouve, tu t’étrangles. Un dieu semble d’un geste bannir l’ouragan. Dans ta succion encore, l’exaspération d’une attente, puis le contentement te gagnent. Ta gueule de vieux furieux fait place au visage d’un ange, lisse, calme. » (p. 24)

Un beau présent que cet écrin d’images poétiques, virevoltant entre les impressions d’une mère découvrant son enfant le long des premières semaines, et les photographies en noir et blanc et couleurs de Sylvie Singer Kergall. Trois mois déjà…

Offert par Manou

 

 

 

 

Le cabaret des muses : tome 3 de Gradimir Smudja

04.05
2016
cop. Delcourt

cop. Delcourt

Sur demande du Moulin rouge, le Bordel des muses devient avec ce troisième volet le Cabaret des muses.

Si l’album tient ses promesses graphiques, avec des cases imitant les plus grands peintres, l’histoire en revanche est passablement tirée par les chevaux / cheveux… Et la chute de Darling, la jument, ne laisse pas de songer à celle de la belle Mimi.

La Grèce

11.02
2015

cop. Casterman

Ce nouveau voyage d’Alix en Grèce réunit en un seul volume en grand format deux tomes publiés il y a une douzaine d’années. Athènes, Olympie, Delphes, Corinthe, Eleusis, Epidaure, Sparte, Mycènes, Pylos, La Crète et Cnossos, Délos, Lindos, Rhodes, Troie, Pergame, Halicarnasse, Priène, Sélinonte… cet ouvrage documentaire fait revivre par ses dessins ces sites grandioses pour notre plus grand plaisir.

DE BROCHE, Pierre, MARTIN, Jacques
La Grèce
Casterman, 2014 (Les Voyages d’Alix)
64 p. : ill. en coul. ; 24*32 cm
EAN13 9782203085848 : 12,90 €