Categorie ‘Carnet de Lectures

Le loup qui voulait être un artiste d’Orianne Lallemand et Eléonore Thuillier

14.12
2017
cop. Auzou

cop. Auzou

 


Loup rêvassait tranquillement en admirant le paysage quand Maître Hibou lui trouva une âme d’artiste. Aussitôt Loup se pique de devenir un grand peintre…

 

Plus long et complexe que Le loup qui voulait changer de couleur, cet album est aussi plein d’humour, énumérant tous les domaines artistiques que teste Loup sans aucun succès jusqu’à ce qu’enfin il trouve sa voie/voix, mais finit par ne plus aspirer qu’au retour à sa tranquillité.

Cet autre album préféré du Loup a accompagné Romane dès la crèche, et a même fait l’objet d’une petite lecture à voix haute accompagnée de la guitare de notre part pour la fête de fin d’année. Les deux meilleurs albums du Loup !

Le loup qui voulait changer de couleur d’Orianne Lallemand et Eléonore Thuillier

12.12
2017
cop. Auzou

cop. Auzou

 

« Il était une fois un gros loup noir qui n’aimait pas sa couleur.

Il trouvait le noir trop triste.

Lundi, le loup essaya le vert.

Il plongea sa patte dans un pot de peinture verte et s’en barbouilla le corps.

Quand il fut bien sec, il se regarda dans son miroir et s’exclama :

« Quelle horreur ! On dirait une grosse grenouille. Cela ne va pas du tout !« 

(incipit)

Cet album jeunesse peut être lu à partir de 24 mois, mais attention à ce que le loup n’y laisse pas quelques plumes – roses – le mercredi ! Chaque double page permet à l’enfant de toucher des textures différentes ou de se regarder, de se repérer dans la semaine ou dans les couleurs. L’histoire permet à l’enfant de comprendre qu’il est inutile de vouloir être ce qu’on n’est pas, et qu’il vaut mieux s’aimer tel qu’on est.

C’était déjà le livre préféré de mon aînée, Romane, avant d’entrer à l’école maternelle, et il a l’air d’être bien apprécié des maitresses aussi ;-)

Qui m’a fait ce bisou ? de Kimiko

11.12
2017
cop. L'école des loisirs

cop. L’école des loisirs

Oh ! Quelqu’un a fait un bisou au petit chien pendant son sommeil. Le voilà parti enquêter : il interroge Kiki la grenouille, Gaston le caneton, Elia la souris, Romain le cochon, Emile le putois,….

Une belle occasion de faire des baisers à son enfant, des chatouilles, de gros câlins,… au fur et à mesure qu’il découvre les divers animaux soupçonnés d’avoir fait un bisou au petit chien.

L’un des livres préférés de ma cadette, qui anticipe le plaisir des guilis guilis et des bisoutis, entre 15 et 24 mois.

Wonder Woman : Terre-Un de Grant Morrison et Yanick Paquette

06.12
2017
cop. Urban Comics

cop. Urban Comics

 

Devenues jadis les esclaves du demi-dieu Hercule, les Amazones se sont jurées après s’être révoltées et libérées de s’éloigner à jamais du « monde des hommes », un monde engendrant le chaos et la guerre. Plusieurs millénaires plus tard, la princesse Diana, dont les origines sont auréolées de mystère, sauve un pilote écrasé sur l’île, Steve Trevor. Incapable alors de le guérir par ses propres moyens, elle le ramène pour le faire soigner par les siens aux États-Unis…

Dans ma jeunesse, j’ai lu beaucoup de comics mais pas ceux sur Wonderwoman. En revanche, j’ai beaucoup apprécié en son temps la série télévisée. Par conséquent, le long-métrage sorti en salle cette année m’a beaucoup surprise, et cette bande dessinée en est l’adaptation  à la fois plus licencieuse et plus fidèle aux scenarii originaux : en est témoin la première de couverture qui fait de cette super-héroïne une majorette adepte du bondage, apte à attirer le lectorat essentiellement masculin de l’époque. Si bien que la forme donnée à Wonder Woman, insistant sur sa plastique et son costume, édulcore un peu le propos féministe : elle fait l’étalage de ses super – gadgets hérités des Dieux et de sa force d’Hercule, son père (et non de Zeus comme dans les versions précédentes), mais pas suffisamment de son intelligence. En revanche est soulignée l’homosexualité des habitantes de l’île et minimalisé le pouvoir de séduction des hommes. En fait, Wonderwoman est à la fois « bonne » et puissante, douce avec ses pairs et dure envers les hommes, de quoi finalement faire rêver les jeunes filles, alors… pourquoi pas ?

La petite fille aux allumettes de Sanami Suzuki

29.11
2017
cop. éd. komikku

cop. éd. komikku

Chacun a en mémoire l’histoire tragique de la petite fille qui gratte le soir de Noël les allumettes qu’elle est censée vendre, pour se réchauffer, et rêve d’un monde meilleur avant de mourir de froid.

Cette série de mangas reprend l’idée principale en débutant chacun de ses chapitres par ce leitmotiv :

« Je m’appelle Rin. Je suis vendeuse d’allumettes. Mes allumettes donnent forme aux chimères. Autrement dit… à ce qu’on pense quand on les allume. Ce sont des allumettes chimériques… C’est un mot un peu désuet, mais le style rétro, c’est à la mode ! Ca vous tente ?« 

Une fillette habillée en gothique lolita propose des allumettes pour exaucer une rêverie, quelque chose à quoi l’on pense en l’allumant, contre une année de sa vie.

Une autre fillette, elle, sa rivale, propose des bougies pour exaucer un souhait, celui au plus profond de soi.

L’une comme l’autre semblent bien désabusées sur les choix de vie de leurs victimes et la noirceur de certains personnages, notamment pour accéder à la gloire. Le concept m’avait suffisamment séduite pour avoir envie de lire cette série, mais la juxtaposition de chapitres thématiques nuit au suspens, et le fil directeur principal n’est pas suffisamment construit pour faire naître un état de tension chez le lecteur, comme dans d’autres séries comme Death note par exemple.

4 tomes publiés dans cette série actuellement.

Abécédaire de la propagande en temps de paix de Lucy Watts

20.11
2017
cop. Le passager clandestin

cop. Le passager clandestin

 

« La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature. » Noam Chomsky.

Inspiré par la lecture de Propaganda d’Edward Bernays, publié en 1928, qui évoque l’idée d’une manipulation mentale par une élite pour diriger les masses, cet abécédaire concerne tous les domaines qui désinforment l’opinion publique au quotidien. Lucy Watts choisit d’illustrer ainsi sur une double page, la belle page pour l’image, la page paire pour le commentaire, 25 exemples de manipulation pour faire accepter une guerre, rassurer sur la présence de radioactivité, écouter de faux experts, se laisser influencer par les instituts de sondage,…

Un petit documentaire -im-pertinent et concis pour forger notre esprit critique.

WATTS, Lucy
Abécédaire de la propagande en temps de paix
le passager clandestin, 2017
63 p. : ill. en coul.
EAN13 9782369350866 : 15 €

La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens

10.11
2017
cop. Stock

cop. Stock

A l’époque, « La petite danseuse de quatorze ans » d’Edgar Degas provoqua le scandale. De nos jours, on l’admire dans le monde entier mais du modèle, on ignore tout. Camille Laurens répare dans cet essai ce tort, en heurtant au passage à notre tour notre sensibilité. Car ce qui choqua les contemporains de Degas, en 1880, c’est que le sculpteur avait choisi un sujet trivial, pire obscène, puisque ce modèle, comme la majorité des petits rats de l’opéra, travaillait pour ramener de l’argent à sa mère, en dansant, en posant et en badinant avec les vieux monsieurs, leurs protecteurs, dans les coulisses de l’opéra. On est bien loin de l’image idyllique des petites danseuses actuelles en tutu blanc : celles de l’époque sont déjà de vulgaires prostituées passés onze ans, vendues par leur mère pour pouvoir survivre, les enfants des classes populaires travaillant à l’époque, et ce qu’on appelle aujourd’hui pédophilie n’étant pas alors considéré comme un crime. On fermait pudiquement les yeux sur ces abus sexuels… jusqu’à ce que Edgar Degas expose au grand jour, comme une oeuvre d’art, cette fillette nue de cire qu’il revêt de véritables vêtements.

Un essai intéressant, mais qui finalement brode surtout autour de ce qui a pu être publié sur le sujet. Un article de Télérama s’y était attardé encore récemment, en avril 2015. Peut-être d’ailleurs aura-t-il déclenché l’envie d’en faire un livre…

Lecture dans le cadre de mon Challenge danse