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Un lit de ténèbres de William Styron

10.09
2005

Un père, Milton Loftis, attend sur le quai d’une gare l’arrivée du cercueil de sa fille, Peyton, qui vient de se suicider. Des souvenirs affluent, ceux de Peyton enfant délicieuse qu’il chérissait plus que tout, de Maudie, son autre fille, infirme dès la naissance, morte elle aussi, que couvait Helen, son épouse, dont il s’est séparé depuis… Des souvenirs douloureux qui suivent le corbillard, retraçant les relations conflictuelles entre Peyton et Helen, cachant sous sa foi sa haine pour sa fille, des souvenirs embués par l’alcool qu’il buvait plus que de raison…

De fait, c’est un portrait de famille bien triste que nous brosse William Styron, dans cette région du Sud encore enlisée dans ces années 30-40 par un relent raciste et puritain. Mais cette histoire de famille déchirée finit par nous prendre aux tripes, et nous refermons ces 600 pages complètement remués, et éberlués : comment ? Ce lacis d’introspections de personnages fragiles, de focalisations internes d’une finesse psychologique incroyable, enchevêtrées les unes aux autres pour basculer vers cette description de la folie palpée de l’intérieur, ce serait un premier roman ?

STYRON, William. – Un lit de ténèbres. – Paris : Gallimard, 2004. – 603 p.. – (L’imaginaire ; 497). – ISBN : 2-07-077062-1 : 11,90 €.

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