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Les robots d’Isaac Asimov

10.05
2020

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Susan Calvin, éminente robopsychologue d’U.S. Robots, raconte chronologiquement à un journaliste ses expériences avec les robots qui ont le plus marqué ses cinquante ans de carrière. Cela commence avec les premier robot offert à une petite fille comme étant à la fois sa garde d’enfants et son meilleur compagnon de jeu, et se termine par l’élection d’un nouveau maire dont les qualités laissent planer un sérieux doute sur le fait qu’il soit humain, jusqu’à ce qu’il détrompe tout le monde et devienne le Coordinateur Mondial…

Voici comblée une grande lacune : je n’avais encore jamais lu un seul titre d’Isaac Asimov, l’un des auteurs fondamentaux de SF anglaise.  Ce recueil de nouvelles quasi- indépendantes les unes des autres, reliées entre elles par les mêmes personnages, fonctionne comme un bouclé feuilletonnant, ce qui donne diablement envie de les voir portées à l’écran ! Toutes ces histoires, publiées en 1950, n’ont absolument pas pris une ride, et mériteraient d’être lues et relues, tant elles posent les bases, avec la fameuse loi robotique*, de notre future relation avec les robots et machines, sans aucun manichéisme. C’est intelligent et puissant : à lire absolument !

*Les trois lois sont:

  • Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » ;
  • Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
  • Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

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Le reste du monde 3. Les frontières de JC Chauzy

08.05
2020

IMG_20200508_115352Deux ans plus tard, la survie s’est organisée, hélas souvent au bénéfice de gangs dénués de scrupule qui volent, violent, torturent, massacrent. Après avoir abandonné leur mère qui s’est sacrifiée pour sauver leur vie, Hugo et Jules ont rejoint un groupe pacifique dans une ancienne colonie de vacances des Pyrénées orientales, et vivent de la chasse et des produits de leur potager.

Dans ce troisième volet de cette série composée de quatre tomes, Jean-Christophe Chauzy nous immerge dans un récit apocalyptique où les catastrophes naturelles ont chassé toute moralité chez les humains, qui s’entretuent pour survivre. Comme dans l’épouvantable roman La Route de Cormac McCarthy, l’homme devient concrètement un loup pour l’homme. Et dans un ironique renversement de situation, ce sont les Marocains et Algériens qui empêchent désormais les rescapés occidentaux de franchir leurs frontières au niveau des Pyrénées. Au point de vue du dessin, les personnages me plaisent bien moins que les paysages de désolation que Jean-Christophe Chauzy imagine en bandes verticales ou horizontales. La trame principale semble pour l’instant assez conventionnelle. A vérifier dans le dernier tome, où un dernier personnage énigmatique, présent en voix off, va entrer en scène…

 

Barrier de Vaughan, Martin et Vicente

04.05
2020

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Lorsqu’elle retrouve sur sa propriété du Texas la tête de son cheval, Liddy suppose qu’il s’agit d’un message en provenance d’un gang. Aussi, quand le migrant Oscar qui vient de fuir le Honduras pour rejoindre les États-Unis, atterrit chez elle, elle le menace aussitôt de son arme. Lui ne parle qu’espagnol, elle seulement l’anglais. C’est alors qu’ils se retrouvent tous deux à l’intérieur d’un vaisseau extra-terrestre…

D’emblée les couleurs très artificielles de cet album au format à l’italienne ne me donnaient pas envie de me plonger dans cette bande dessinée. J’attendais donc du scénario qu’il me surprenne. C’est ce qu’il a fait en partie, en faisant le choix de ne pas traduire les paroles des personnages, et donc de nous placer plus ou moins dans une situation inconfortable d’incompréhension. En effet il traite de manière originale du thème du migrant, de l’étranger, de la barrière de la langue, en y conviant les extra-terrestres. Malgré tout l’histoire repose sur de nombreux clichés pas forcément revisités. Un peu décevant donc.

 

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Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

19.03
2020

Des fleurs pour Algernon

Malgré ses 32 ans, Charlie Gordon est toujours un « enfant » attardé, et s’apprête à subir une opération chirurgicale, volontaire pour une expérience scientifique prétendant lui donner l’intelligence qu’il n’a pas, et bien plus. Les deux chercheurs de l’institut Beekman, le Docteur Strauss et le Professeur Nemur, lui demandent de noter sous la forme de compte-rendus tout ce qu’il pense avant et après cette opération. C’est donc son journal fictif que nous lisons, d’abord truffé de fautes d’orthographe et de grammaire, d’incompréhensions. Comme Algernon, la souris cobaye avant lui, Charlie devient rapidement un génie et surpasse les apprentis sorciers. Mais cette intelligence ne va pas de pair avec sa maturité psychologique et surtout émotionnelle : Charlie passe de l’ombre à la lumière, de l’ignorance des railleries de ceux qu’ils considéraient comme ses amis à la connaissance ; il souffre du manque d’affection de sa mère jadis, dont il se remémore alors les coups et les plaintes, et surtout il n’a jamais connu l’amour…

Difficile, une fois commencée, d’arrêter la lecture de ce classique de la science-fiction. Il me semble l’avoir lu il y a très longtemps mais je ne m’en souvenais plus. Partant d’une idée originale simple mais intéressante, celle de faire d’un homme simplet un génie, Daniel Keyes relate l’histoire à la première personne du singulier, et le journal reflète ainsi le niveau intellectuel de cet homme qui a subi un énorme manque affectif dû à son état, et qui aimerait simplement qu’on le considère comme étant une personne lorsqu’il en prend conscience. Puissant.

Le monde des A d’A.E. Van Vogt

29.09
2018
cop. J'ai lu

cop. J’ai lu

 

XXVIe siècle. Difficile de se faire une identité dans l’Empire, surtout quand on est amnésique. Car en prenant part aux jeux de la machine, qui permettent aux gagnants de rejoindre la carte des nantis sur Vénus, Gilbert Gosseyn découvre qu’il n’est pas l’homme qu’il a cru être. Ses souvenirs ne sont pas les siens, sa femme qu’il croyait décédée est bien vivante, et n’a jamais été sienne, et surtout elle n’est autre que la fille de l’empereur. Il suscite l’intérêt de quelques hommes de pouvoir, et de toute la galaxie, quand il ressuscite dans un second corps sur Vénus…

 

Pour s’immerger dans le récit de base d’un homme qui cherche à savoir qui il est et en quoi il peut être important à la galaxie (pas moins !), il faut s’affranchir du verbiage intellectualisant de la philosophie non-aristotélicienne. Il existe une suite. Pourquoi pas…

Et pourtant, l’un des romans qui m’a le plus marquée, un été entre deux années de collège, c’est A la poursuite des Slans de AE Van Vogt, tellement marquée que je m’en souviens encore, soit à force de le relire encore et encore, soit par sa puissance évocatrice. Aussi, renouant avec ce souvenir vieux de quelques décennies, j’ai fait l’acquisition de ce roman à la librairie d’occasion « Mauvais genres » de Saint-Etienne.

 

VAN VOGT, A.E.. Le Monde des A / trad. de l’américain par Boris Vian. J’ai lu. 308 p.

Première publication en 1948

Acheté à la librairie d’occasion « Mauvais genres » de Saint-Etienne

Une étoile m’a dit de Frédric Brown

22.09
2018
cop. Denoël

cop. Denoël

Me souvenant de l’humour de Martiens go home !  du même auteur, je me suis décidée pour ce recueil en flânant dans cette librairie.

Composé de huit nouvelles absurdes, ce recueil datant de 1954 traite

- de la folie d’un Robinson Crusoë échoué sur une planète dans Quelque chose de vert,

- de la folie des grandeurs d’un chef d’entreprise visionnaire qui exploite les étoiles pour son intérêt commercial dans Anarchie dans le ciel,

- d’une possible exploitation de l’hypnose dans Tu n’as point tué,

- d’une divagation d’écrivain sur sa feuille blanche dans Les Myeups,

- d’une histoire pas si épouvantable imaginée à partir du pitch « Le dernier homme sur Terre était assis tout seul dans une pièce. Il y eut un coup à la porte… »

- d’une autre possible exploitation de l’hypnose dans Cauchemar

- d’une souris à qui les extra-terrestres donnent l’intelligence de l’humain dans Mitkey,

- d’un homme qui se prend pour Napoléon car il l’a été, et qui se retrouve à enquêter dans un hôpital psychiatrique dans Tu seras fou.

Il y a de l’idée, il y a de l’idée…. Et, finalement, plus de soixante ans après, c’est encore de la SF…

 

BROWN, Frédric. Une étoile m’a dit. Denoël, 1954.

Acheté à la librairie d’occasion « Mauvais genres » de Saint-Etienne

Revoir Paris : tome 2 de Schuiten et Peeters

25.01
2017

9782203097261Arrivée sur Terre, abandonnant ses congénères âgés, Kârinh taille sa route seule, pour rejoindre Paris. Soupçonnée d’être envoyée en mission cachée par l’Arche, Kârinh finit par être sauvée par Mathias Binger, qui lui ouvre les portes du vieux Paris, musée pour touristes fortunés protégé par un dôme de verre. Kârinh retrouve alors son père…

Ce deuxième et dernier tome de Revoir Paris pêche un peu au niveau du scénario, bien faible par rapport à ce à quoi Benoit Peeters nous avait habitués. On suit les désillusions de Kârinh et la curiosité amoureuse de Mathias, sans creuser ces deus ex machina de dissidents dans la sphère. Mais, heureusement, les dessins réalistes de François Schuiten restent éblouissants. Je ne bouderai pas le plaisir que j’ai tout de même eu à lire ces deux tomes, mais je reste sur ma faim, une fin ouverte d’ailleurs.

SCHUITEN, François, PEETERS, Benoit. – Revoir Paris : tome 2. – Casterman, 2016. – 63 p. : ill. et couv. en coul. ; 32 cm. – (Univers d’auteurs). – EAN13 978-2-203-09726-1 : 17 €.