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Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo ** de Stanislas Gros (2007)

23.03
2011

Copyright Delcourt

Dans Le Dernier Jour d’un condamné (1829), Victor Hugo évoque, comme le titre de son roman l’indique, les dernières semaines d’un condamné à mort, dont il ne décline ni l’identité ni le crime pour lequel il a été jugé, de manière à lui donner une portée universelle. En décrivant ses cauchemars, ses angoisses et ses souffrances, Hugo écrivait alors un véritable plaidoyer contre la peine de mort, qui ne sera pourtant aboli en France qu’en 1981.

Double challenge pour Stanislas Gros à qui Jean-David Morvan (auteur et directeur de la collection Ex-libris, qui avait remarqué son travail sur son site) a confié l’adaptation de ce grand classique de la littérature française tombé dans le domaine public, et ce pour un tout premier album !

Pari réussi, même si personnellement, l’imprécision des dessins, des contours des personnages me gêne un peu : comment en effet ne pas éprouver d’empathie pour ce condamné à mort, prenant les traits de Victor Hugo, dont on peut lire les monologues intérieurs, les répliques cyniques et voir sa compagne de tous les instants, celle qui le hante et l’attend, la mort ?! Une adaptation fidèle à l’esprit du roman, qui fait froid dans le dos.

Stanislas Gros a sorti un second album *** depuis, pas sur commande cette fois, où il a adapté l’univers fantastique, où il semble plus à l’aise du Portrait de Dorian Gray.

Le dernier jour d’un condamné  de Victor Hugo  / scénario et dessin, Stanislas Gros  ; couleur, Marie Galopin. - [Paris]  : Delcourt , 2007 .- 47 p.  : ill. en coul., couv. ill. en coul.  ; 30 cm .- (Ex-libris). –  ISBN 978-2-7560-0533-1 (rel.) : 9,80 €.

Death note * à ** de Tsugumi Ohba, Dessin Takeshi Obata (2003-2006)

27.12
2008

cop. Kana 2007

Scénario Tsugumi OHBA

Dessin Takeshi OBATA

Manga de type shōnen, en série de 12 tomes, publié en France depuis 2007.

1er tome ** (21/08/2007) : Les démons de la mort s’ennuient à mourir… sans le pouvoir. L’un d’entre eux se distrait en faisant tomber pour la seconde fois son Death note, son cahier de la mort, dans le monde des Humains. Light, brillant élève au lycée, s’ennuie lui aussi jusqu’à ce qu’il ramasse ce cahier tombé du ciel, avec ce mode d’emploi en anglais qui commence par : »La personne dont le nom est écrit dans ce cahier meurt. » Quand le Dieu de la mort retrouve le cahier et son possesseur, qu’il est obligé de côtoyer jusqu’à la disparition de l’un ou de l’autre, le cahier est déjà noirci de noms, car Light veut débarrasser la Terre de tous ses criminels. Cette épidémie de morts soudaines finit par étonner Interpol qui demande au mystérieux L, avec le soutien des services de police du monde entier, de se lancer à la recherche de ce nouveau justicier…

Voici LE manga dont tout le monde parle. Cette série est en cours : quatre tomes sont parus pour l’instant en France, il n’en compterait que 12 au total. Ce n’est pas tant la qualité du graphisme, ni l’irruption du merveilleux japonais (l’incipit est d’ailleurs assez lourd et simpliste) qui font parler d’eux, mais bien plutôt sa moralité : le personnage principal a en effet le droit de vie et de mort sur tout un chacun et choisit sans l’ombre d’une hésitation d’utiliser son droit de mort sur des individus qu’il juge nuisibles, avec l’ambition ultime de devenir une sorte de dieu sur Terre punissant les méchants…Comment dès lors s’attacher à ce héros ? D’autant plus qu’il va peut-être devoir balayer pour ce faire tous ceux qui se dresseront sur son passage, lesquels travaillent véritablement pour la police et la justice… Grâce au témoin monstrueux du démon qui trouve lui-même Light fascinant, on en vient à vouloir aussi être étonné par le raisonnement et les trouvailles de ce nouveau justicier très intelligent, et forcément, on a bien envie de suivre son parcours, oscillant entre le bien et le mal, dans les prochains tomes ! Et vous, qu’auriez-vous fait, si vous vous étiez trouvé en possession de ce carnet ? Car toute la justification des actes du « héros » est là : il agirait dans l’intérêt collectif et non pas pour son seul intérêt particulier. D’autres peut-être en auraient profité pour assouvir leur désir de pouvoir et d’argent, d’autres enfin n’y auraient-ils jamais touché ?

2e tome * : Light s’engage sans remords vers le côté obscur, n’hésitant pas à tuer les innocents qui se mettent en travers de son chemin… et nous découvrons en L un jeune personnage intelligent auquel on pourrait bien s’attacher…

3e tome ** : Light est placé sous vidéo-surveillance par L et son propre père. Bientôt L décide de rencontrer à visage découvert Light. C’est alors qu’un 2e Kira fait son entrée en scène…

4e tome * : Light est bien mis dans l’embarras avec ce nouveau Kira…

5e tome * : Rebondissements à la fois intéressants pour certains côtés (les motivations d’adultes jouant dans la sphère libérale) et un peu frustrants (au niveau de Light)… Je continue…

6e tome * : Moins de rebondissements… A part cette découverte de L.

7e tome *** : Un pivot dans l’histoire. Light se surpasse : sa stratégie est bien machiavélique. La fin du tome, et le rebondissement à venir, me semble malheureusement trop facile et redondante.

du 8e au 11e tome * : Difficile d’apprécier autant la suite, qui parait superflue et redondante, jusqu’à la fin du 11e tome où la tension renaît enfin…

12e et dernier tome * : Ca y est, l’histoire s’achève. Je maintiens l’idée qu’il aurait fallu achever le récit au 7e tome, plus percutant, mais la morale n’aurait pas été sauve…

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