Mots-clefs ‘Man Ray’

La photographie de Thierry Gervais & Gaëlle Morel

28.11
2008

cop. Larousse

Ces deux spécialistes éminents nous présentent ici un tour d’horizon complet sur la photographie, tant au niveau de son histoire que des différentes techniques employées ou encore de ses multiples fonctions et enjeux, utilitaires, médiatiques ou artistiques, tant ses inventeurs que les grands photographes ooccidentaux ou les critiques et théoriciens, tant au niveau d’Internet (Flickr), qu’au niveau des institutions et collections en France.

Au fil des pages, nous avons ainsi croisé les noms de Léon Gimpel (1873-1948) qui a immortalisé Paris à La Belle Epoque, de Jacques-Henri Lartigue qui imagina le principe de l’album-photo, d’Alfred Stieglitz (1846-1946) et de son disciple Paul Strand, d’Auguste Léon qui s’attacha auxus et coutumes, faisant poser les personnages devant leur habitat : « Fixer, une bonne fois pour toutes, des aspects, des pratiques et des modes de l’activité humaine dont la disparition fatale n’est plus qu’une question de temps. » C’est ce qu’il fit par exemple en Auvergne, commandité par le richissime banquier Albert Kahn,  aux côtés du géographe Jean Brunhes. Et puis bien sûr ceux de Man Ray, Christian Schad, Roger Parry, Raoul Ubac, Brassaï. Et enfin, celui de John Heartfield qui dénonça de manière percutante la prise de pouvoir par le national-socialisme par la pratique du photomontage (ci-contre).
Assurément un ouvrage de base à posséder, pour les néophytes comme pour les amateurs.
Vous pouvez trouver de nombreuses photographies des plus grands maîtres ici.

Beaucoup aimé

GERVAIS, Thierry, MOREL, Gaëlle. - La photographie. – Larousse, 2008. – 239 p. : ill. en n.b. et coul.. – (Reconnaître et comprendre). – ISBN 2-03-583675-5 : 27 euros

Kiki de Montparnasse ** de Catel & Bocquet (2007)

19.05
2008

Vous avez tous reconnue dessinée l’égérie de Man Ray dans les années 20, celle que le tout Montparnasse appelle Kiki, et que tous les artistes de l’époque ont adulée ou prise au moins une fois pour modèle voire pour maîtresse : Soutine, Modigliani, Kisling, Fujita, rendu célèbre par son Nu couché à la toile de Jouy d’elle, Per Krohg, l’amateur d’art Henri-Pierre Roché, Picasso, Tristan Tsara, Robert Desnos, André Breton, Marcel Duchamp, Calder, Utrillo, Léger, Ivan Mosjoukine, Jean Cocteau, Henri Broca, Ernest Hemingway,… Voici la biographie tumultueuse et passionnée d’Alice Prin que rien ne prédestinait à devenir cette muse charismatique du tout Paris de l’entre-deux-guerres.

Voilà un visage aux yeux fermés que je contemple depuis longtemps sans bien le connaître, celui posant sur l’une de ces photographies de Man Ray demeurée dans la mémoire collective, Noire et blanche, datée de 1926. Cette bande dessinée a l’heur de nous plonger dans ce Paris des années 20 en pleine effervescence artistique, au milieu des histoires amoureuses des uns et des autres, de leurs amitiés perdues et retrouvées, et de leur percée les poches pleines dans le monde de l’art ou quittes pour n’être reconnus qu’à leur mort. Le personnage de Kiki, qui pourrait passer pour vulgaire et grossier, vendant ses charmes à qui veut et poussant la chansonnette grivoise sur les tables, y devient entier et attachant, et ceux des artistes les plus célèbres on ne peut plus humains. Une BD emblématique d’une époque-phare de l’art.

Prix FNAC-SNCF – 2008

Prix Essentiel – Angoulême 2007

Vous pouvez lire aussi d’autres avis, tel celui inspiré sur Lectures et autres.

Casterman, 2007. – 374 p.. – (écritures). – ISBN 978-2-203-39621-0 : 18,95 €.

Voir les 5 commentaires sur l’ancien blog