Mots-clefs ‘justice’

Le tueur affaires d’état : 1. Traitement négatif

18.02
2020
cop. Casterman

cop. Casterman

 

Effectuant un travail de bureau dans une entreprise portuaire en couverture, Denis est chargé d’une mission par Barbara, à la solde des services de sécurité de l’État, avec un associé, Nicolas, un ancien des forces spéciales : tuer le bras droit du maire, issu de la cité, et qui trafique encore beaucoup….
Dans un premier temps, le dessin a été un vrai repoussoir. Puis, dans un second, on lit avec intérêt les réflexions cyniques, un peu longues pour de la BD, de ce personnage énigmatique et assez antipathique, qui donnent un peu de sel à cette histoire sans grande originalité malgré tout.

JACAMON, Luc, MATZ
Le tueur affaires d’état : 1. Traitement négatif
Casterman, 2020
56 p. : ill. en coul. ; 23*31 cm. EAN13 9782203191143 : 11,50 €

Phoolan Devi, reine des bandits

12.02
2020

 

cop. Casterman

cop. Casterman

Née en 1963 dans l’une des plus basses castes de l’Inde, dès son plus jeune âge, Phoolan connait l’injustice, celle de sa condition sociale, celle d’être regardée comme un objet sexuel, celle de sa famille où son oncle, Mayadin, a spolié son père de son héritage. Quelques années après avoir coupé l’arbre devant lui procurer sa dot, agacé par l’insolence de Phoolan, âgée seulement de onze ans, celui-ci présente à son père un ami à lui pour l’épouser. Cet homme beaucoup plus âgé la viole, la séquestre et la roue de coups, si bien qu’elle finit par s’enfuir. Mais la guerre ne fait que commencer. De retour dans son village, Phoolan va vivre un enfer…

Quelle terrible biographie retraçant une vie qui n’a été qu’humiliations, viols, vengeances et révoltes ! Incarnée par un dessin à mi-chemin entre le réalisme et l’abstrait, cette histoire forte fait naitre chez son lecteur un sentiment d’injustice, qui se double d’une admiration pour son courage et sa capacité à prendre son destin en main.

FAUVEL, Claire
Phoolan Devi, reine des bandits
Casterman, 2018

218 p. : ill. en coul.

EAN13 9782203112117 : 22 €

 

La mort n’oublie personne de Didier Daeninckx (1989)

29.07
2010

Isolé dans un pensionnat pour apprentis, Lucien Ricouart est retrouvé noyé dans un bassin près duquel Marc Blingel, l’un des élèves parti à sa recherche avec un professeur, lit l’inscription tracée dans la terre « Mon père n’est pas un assassin ». Vingt-quatre ans après, Marc, devenu historien, interviewe Jean Ricouart, son père, sur son parcours de résistant…


Les histoires de Didier Daeninckx sont toujours d’autant plus révoltantes qu’elles s’inspirent de faits réels et dénoncent des pans de l’histoire que beaucoup préfèrent laisser dans l’ombre. Dénonciations de collaborateurs envieux, tortures, déportations, parodie de justice, suicide suite à des insultes calomnieuses injustifiées, tout concourt en effet à créer autant de monstres qu’il y a d’êtres humains capables de malfaisance. Miliciens, soldats, voisins, juges, tous, même des enfants, sont capables du pire.

La dénonciation des discriminations et des injustices est bien le fer de lance de l’inspiration de Didier Daeninckx. Et on ne peut qu’y applaudir. Nonobstant il y a comme une petite ambiguïté gênante dans ce choix de n’écrire que sur ce que l’humanité a pu faire de pire, de plus scandaleux, puisqu’on ne peut que réussir à émouvoir au plus haut point le lecteur avec un matériau aussi épouvantable que la torture, la calomnie ou la déportation.

DAENINCKX, Didier. – La mort n’oublie personne. – Denoël, 2009. – 189 p.. – (Folio policier ; 60). – ISBN 978-2-07-040807-8.
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Death note * à ** de Tsugumi Ohba, Dessin Takeshi Obata (2003-2006)

27.12
2008

cop. Kana 2007

Scénario Tsugumi OHBA

Dessin Takeshi OBATA

Manga de type shōnen, en série de 12 tomes, publié en France depuis 2007.

1er tome ** (21/08/2007) : Les démons de la mort s’ennuient à mourir… sans le pouvoir. L’un d’entre eux se distrait en faisant tomber pour la seconde fois son Death note, son cahier de la mort, dans le monde des Humains. Light, brillant élève au lycée, s’ennuie lui aussi jusqu’à ce qu’il ramasse ce cahier tombé du ciel, avec ce mode d’emploi en anglais qui commence par : »La personne dont le nom est écrit dans ce cahier meurt. » Quand le Dieu de la mort retrouve le cahier et son possesseur, qu’il est obligé de côtoyer jusqu’à la disparition de l’un ou de l’autre, le cahier est déjà noirci de noms, car Light veut débarrasser la Terre de tous ses criminels. Cette épidémie de morts soudaines finit par étonner Interpol qui demande au mystérieux L, avec le soutien des services de police du monde entier, de se lancer à la recherche de ce nouveau justicier…

Voici LE manga dont tout le monde parle. Cette série est en cours : quatre tomes sont parus pour l’instant en France, il n’en compterait que 12 au total. Ce n’est pas tant la qualité du graphisme, ni l’irruption du merveilleux japonais (l’incipit est d’ailleurs assez lourd et simpliste) qui font parler d’eux, mais bien plutôt sa moralité : le personnage principal a en effet le droit de vie et de mort sur tout un chacun et choisit sans l’ombre d’une hésitation d’utiliser son droit de mort sur des individus qu’il juge nuisibles, avec l’ambition ultime de devenir une sorte de dieu sur Terre punissant les méchants…Comment dès lors s’attacher à ce héros ? D’autant plus qu’il va peut-être devoir balayer pour ce faire tous ceux qui se dresseront sur son passage, lesquels travaillent véritablement pour la police et la justice… Grâce au témoin monstrueux du démon qui trouve lui-même Light fascinant, on en vient à vouloir aussi être étonné par le raisonnement et les trouvailles de ce nouveau justicier très intelligent, et forcément, on a bien envie de suivre son parcours, oscillant entre le bien et le mal, dans les prochains tomes ! Et vous, qu’auriez-vous fait, si vous vous étiez trouvé en possession de ce carnet ? Car toute la justification des actes du « héros » est là : il agirait dans l’intérêt collectif et non pas pour son seul intérêt particulier. D’autres peut-être en auraient profité pour assouvir leur désir de pouvoir et d’argent, d’autres enfin n’y auraient-ils jamais touché ?

2e tome * : Light s’engage sans remords vers le côté obscur, n’hésitant pas à tuer les innocents qui se mettent en travers de son chemin… et nous découvrons en L un jeune personnage intelligent auquel on pourrait bien s’attacher…

3e tome ** : Light est placé sous vidéo-surveillance par L et son propre père. Bientôt L décide de rencontrer à visage découvert Light. C’est alors qu’un 2e Kira fait son entrée en scène…

4e tome * : Light est bien mis dans l’embarras avec ce nouveau Kira…

5e tome * : Rebondissements à la fois intéressants pour certains côtés (les motivations d’adultes jouant dans la sphère libérale) et un peu frustrants (au niveau de Light)… Je continue…

6e tome * : Moins de rebondissements… A part cette découverte de L.

7e tome *** : Un pivot dans l’histoire. Light se surpasse : sa stratégie est bien machiavélique. La fin du tome, et le rebondissement à venir, me semble malheureusement trop facile et redondante.

du 8e au 11e tome * : Difficile d’apprécier autant la suite, qui parait superflue et redondante, jusqu’à la fin du 11e tome où la tension renaît enfin…

12e et dernier tome * : Ca y est, l’histoire s’achève. Je maintiens l’idée qu’il aurait fallu achever le récit au 7e tome, plus percutant, mais la morale n’aurait pas été sauve…

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