Mots-clefs ‘espionnage’

Le mystère de la grande pyramide d’Edgar P. Jacobs

09.05
2012

Les aventures de Blake et Mortimer

Pré-publié en 1950 dans le Journal de Tintin, publié en deux tomes en 1954-1955.

Invité par son ami l’égyptologue égyptien Ahmed Rassim Bey à déchiffrer ses dernières trouvailles, Philip Mortimer, secondé par Nasir, débarque au Caire. Rassim Bey et son assistant Abdul Ben Zaim lui montrent alors un papyrus parlant d’une chambre d’Horus et du trésor d’Aton. Il n’en faut pas moins pour éveiller la curiosité mais surtout la cupidité de criminels, pour lesquels Ben Zaim espionne et subtilise le précieux document…

Les aventures de Blake et Mortimer, une série devenue culte, manquaient à ma culture générale. A première vue, la place du texte dans les bulles s’avère prépondérante, dense, tandis que les traits des personnages, quoique simples (à tel point que ces derniers semblent interchangeables et méconnaissables dans cette intrigue !), sont réalistes. Il y a beaucoup d’informations dans cette série, nourrie de mystères qui n’ont pas encore vraiment été élucidés.

Tout part ici de l’hypothèse de la chambre d’Horus, située sous le plateau de Gizeh, qui abriterait le trésor d’Akhenaton. En découle tout un historique nous rappelant en quoi ce pharaon se distingua de ces prédécesseurs et successeurs, érigeant un dieu unique en lieu et place d’une religion alors polythéiste. L’Histoire devient alors le prétexte d’une histoire pleine d’aventures et de magie, semée d’embûches, où la mort frôle les protagonistes à plusieurs reprises, avec des adversaires bien identifiés. Un bon moment de détente, qui plus est instructif.

L’étoile rouge et le poète d’Alicia Dujovne-Ortiz

05.09
2009

cop. Métailié

La muneca rusa


Après avoir été à la tête des miliciens à la guerre d’Espagne, Africa de las Heras, désormais à la solde du KGB et formée par Oleg, amoureux d’elle, commence par être la secrétaire de Trotski, séjournant alors à la Casa Azul de Diego Rivera et Frida Khalo, avant d’être chargée de séduire un poète uruguayen, Felisberto, anticommuniste déclaré, pour l’épouser et introduire sur le sol américain des espions soviétiques.
« Et si la clé ne se trouvait pas dans ce que l’on conserve, mais dans ce que l’on perd, ou dans l’interstice existant entre les deux ? » (p. 244)
A partir d’une histoire vraie, Alicia Dujovne-Ortiz nous brode une romance totalement farfelue et fantaisiste sur fond d’espionnage en pleine guerre froide, qui se lit sans déplaisir.
DUJOVNE-ORTIZ, Alicia. – L’étoile rouge et le poète / trad. de l’espagnol (Argentine) par Claude de Frayssinet. – Métailié, 2009. – 243 p.. – (Bibliothèque hispano-américaine). – ISBN 978-2-86424-689-3 : 18 €.

 

L’homme du lac *** d’Arnaldur Indridason (2008)

07.02
2008

Titre original : Kleifarvatn (Islande, 2004)

Un polar excellentissime, surgi des profondeurs de la Stasi

A la suite d’un tremblement de terre, une faille s’est ouverte au fond du lac de Keifarvatn qui s’y vide peu à peu, découvrant sur son fond asséché un squelette lesté par un émetteur radio russe. Chargés de l’enquête, Erlendur et ses confères suivent deux pistes, l’une sur les disparitions non élucidées ayant eu lieu au cours des années 60, l’autre vers les ambassades des pays alors en guerre froide…

Arnaldur Indridason : retenez bien ce nom, pour qui ne connaîtrait pas encore cet auteur islandais qui a renouvelé le paysage du polar. Car ce quatrième roman surpasse encore les trois premiers qui, déjà, avaient remporté de nombreux prix. Nous retrouvons avec bonheur notre cher Erneldur, toujours obsédé par la disparition de son frère, avec à ses côtés l’apparition de son fils, Sindri Snaer, sa fille Eva Lind demeurant introuvable.

Comme dans La Femme en vert, le roman commence par un squelette retrouvé, des disparitions non élucidées et une affaire vieille de quarante ans, en plein climat de guerre froide. Cela semble d’ailleurs devenir une constante chez lui, qui lui réussit : l’important n’est en effet pas tant le meurtre, ni la victime, ni le meurtrier, mais le filet d’événements socio-historiques qui a conduit au crime. Cette fois-ci, c’est finalement une histoire d’amour que va déterrer Erneldur, commencée et interrompue pour toujours à Leipzig, en Allemagne de l’est, Tomas rentrant brisé en Islande. Car nous voici plongés en pleine guerre froide, où, comme dans le magnifique film La Vie des autres, le protagoniste va lui aussi, on le devine, changer d’attitude : étudiant de vingt ans destiné à un brillant avenir au sein du parti socialiste, arrivant à Leipzig avec la foi inébranlable de sa jeunesse voulant offrir un meilleur avenir pour son pays, il commence par trouver normales la suppression de la liberté d’expression et la pratique des écoutes et de la surveillance réciproque. Puis, les doutes s’insinuent, et d’idéaliste optimiste embrassant la cause d’un régime, il redevient un individu exerçant son esprit critique, capable de sentiments, d’amour, et donc un être terriblement humain… qui sera alors confronté aux rouages impitoyables de la Stasi.

« Quand il quitta l’université, il lui sembla étrange en regardant autour de lui de constater que rien n’avait changé. Les gens se comportaient comme si rien n’était arrivé. Ils marchaient d’un pas pressé sur les trottoirs ou restaient debout à discuter. Son monde à lui venait de s’écrouler et pourtant rien n’avait changé. » (p. 228)

Sans conteste, l’un des meilleurs polars de l’année.

INDRIDASON, Arnaldur. – L’homme du lac / trad. de l’islandais par Eric Boury. – Métailié, 2008. – 348 p.. – (Noir. Bibliothèque nordique). – ISBN 978-2-86424-638-1 : 19 €.

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