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Le passé d’Asghar Farhadi

18.06
2013

lepasseMardi cinéma

Film dramatique français du réalisateur et scénariste iranien Asghar Farhadi (Une séparation, 2011)

Sortie : 2013.

Une séparation, le passé…. A chaque fois notre horizon d’attente est finalement induit en erreur, car le nœud dramatique principal n’est pas tant le passé du couple que formaient Ahmad et Marie auparavant, qui ne sera quasi-jamais évoqué ou maintenu au silence (au dénouement), que les raisons du conflit ouvert entre Marie, qui souhaite hâter son divorce d’avec Ahmad, rentré d’Iran, pour se remarier avec Samir, dont elle attend un enfant, et sa fille aînée, adolescente, Lucie, qui désapprouve ce remariage.

De ce huis clos tenu quasiment par une poignée de personnages sourd un drame familial, dont la tension psychologique va crescendo. L’énigme, car il y a énigme sur les raisons du suicide de Céline, devient rapidement le centre d’intérêt du drame, mais

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J’ai adoré

Asghar Farhadi la développe avec beaucoup de subtilité et de sensibilité, se gardant bien de changer d’atmosphère en omettant de placer ses personnages face à leur messagerie, ou en tombant dans le mélo. Même s’il n’est pas question ici d’évoquer le jeu des acteurs, on ne peut que saluer leur talent. Magistral !

 

Grisnoir * de Plessix & Dieter (1991)

26.01
2011

Julien Boisvert entame son séjour au calme à la pension Grisnoir, sur l’île de Guernesey, et propose à un autre pensionnaire d’emmener promener son fils Daniel, lequel disparait. Immédiatement les soupçons se portent sur la mère…

Certes, on s’attarde sur la précision des paysages et sur la tendresse des traits donnés à la plupart des personnages, Basset Hound ou humains, on s’émeut des réminiscences du personnage principal, mais l’intrigue en elle-même ne prend pas. On ne s’inquiète pas une seconde pour ce petit garçon. Impossible de le croire en danger, ni d’être tenu en haleine par un probable mystère, dont Julien Boisvert trouve des résonances dans sa propre enfance…

Bon, allez, on tente un autre tome de la série, qui mérite bien une seconde chance.


Grisnoir / scénario Dieter et Plessix ; dessins Michel Plessix…. – Paris : Delcourt, 1991. – 48 p. : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 33 cm. – (Julien Boisvert. ; 2) (Collection Conquistador). - ISBN 2-906187-56-9 (rel.) : 72 F.

La conversation amoureuse *** d’Alice Ferney (2000)

07.11
2003

Une jeune femme a rendez-vous avec un homme d’une quarantaine d’années. C’est la première fois. Ils se connaissent de vue, à l’école où ils amènent l’une, mariée, son fils et l’autre, sur le point de divorcer, sa fille. C’est le désir qui les aimante. Pendant qu’ils dînent ensemble, leurs amis communs se retrouvent à une soirée de rugby, les hommes suivant le match, les femmes bavardant. Parmi ces hommes, le mari, parmi ces femmes, la future divorcée…

Quel écho à nos questions, nos doutes et nos désirs que ce magnifique roman, orchestré principalement autour de cette soirée où deux futurs amants se retrouvent, pendant que d’autres couples de leurs amis se retrouvent ensemble. Quelle fine psychologie, soutenue par une mise en mots irréprochable ! On touche du doigt la perfection pour un thème pourtant très classique mais renouvelé d’une façon si contemporaine, avec un style digne des plus grands romanciers de ce nouveau millénaire. Un vrai bijou, une merveille.

FERNEY, Alice. – La conversation amoureuse. – Arles : Actes sud, 2003. – 472 p.. – (« Un endroit où aller »). – ISBN : 2-7427-2875-9 : 21,19 €. P.S. : Roman dédicacé lors des rencontres de Rennes pour le prix Goncourt des lycéens 2002.