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Le pilon de Paul Desalmand

09.09
2012

cop. Quidam éditeur

« Il me semblait que si le livre restait là, sans même que je l’ouvrisse, il commencerait à parler, d’une voix que je n’ai pas oubliée, que peut-être la nuit, il se mettrait debout, prendrait forme, figure humaine… »

Paul Desalmand ouvre son premier chapitre intitulé « Je me présente » sur cette citation de Nicole Vedrès, et sur l’incipit suivant :

« Un roman doit commencer par une gifle et se terminer par un coup de poing, me dit un frère de papier. Pour un autre, il faut impérativement un cadavre dans le premier chapitre. Tous se méprennent sur mon projet. Je souhaite uniquement raconter ma vie de livre d’une façon linéaire. J’ai donc tout banalement commencé par l’entrepôt à la sortie des presses pour continuer par les librairies et les bibliothèques où j’ai vécu, qui furent le lieu de longues discussions entre compagnons de rayonnage. Je m’y étais même fait un ami. Plus que tout, mes lecteurs, puisque je ne vivais que par eux. »  (p.13)

Vie et mort d’un livre : voici, vous l’aurez compris, l’étrange récit autobiographique d’un livre, qui ne dit jamais son titre. Après avoir décliné son identité physique - « né le 17 juin 1983, à 16 h 37, sorti des presses de La Manutention à Mayenne. Format : 16,5 com x 12,5 cm. Poids : 230 grammes. Nombre de pages : 224 (…) -, le héros de l’histoire connait l’angoisse d’être dévoré par les souris ou renvoyé au pilon à défaut d’acheteur, avant de nous faire partager ses multiples rencontres et anecdotes avec des libraires et lecteurs, mais aussi avec d’autres livres, prétextes à de multiples citations d’auteurs…

Quelle bonne idée de raconter le parcours d’un livre en le choisissant comme narrateur ! Cette « autobiographie » devient ainsi le prétexte à un tour d’horizon des différentes pratiques de libraires (les passionnés, les purs commerçants, les bouquinistes, les marchands de ventes aux enchères…), des bibliothèques et surtout des lecteurs, quasiment tous bien réels : l’occasion de saluer les « vrais » bons passeurs de livres, et de faire découvrir les multiples rouages du circuit du livre comme les positions les plus originales de lectures. Avec beaucoup d’humour, l’auteur fait vivre ainsi à son narrateur de multiples rebondissements rocambolesques, lui accordant une vie au final singulièrement bien remplie pour un seul exemplaire.

Un bijou de jovialité, idéal à offrir à tous les passionnés de livres.

 

DESALMAND, Paul. – Le Pilon / préf. de Patrick Cauvin. – Meudon : Quidam éditeur, 2011. – 161 p. ; 18 cm. – EAN13 978291501877 : 8 €.

Etre bibliophile ** de Flavigny (2004)

24.09
2007

Etre bibliophile : petit guide pratique / Bertrand Galimard Flavigny

Pour tous ceux qui comme moi se trouvent attirés par ces livres anciens aux belles reliures, voici un outil qui permettra de mieux appréhender l’objet-livre lui-même et son vocabulaire descriptif, puis d’assimiler quelques conseils d’achats. Pour vous montrer combien cet ouvrage fait le tour du sujet pour les néophytes, en voici le sommaire non détaillé : Qu’est-ce qu’un bibliophile ? La reliure – Les gardes et les papiers marbrés – L’ex-libris et les marques de provenance – et les reliures aux armes – Les papiers – Les lettres et leur ordonnance – La belle page – L’illustration – Comment lire l’aspect du livre sans le voir ? – Etre bibliophile – Le prix des livres, les lieux et les moyens de ventes et d’achats – La bibliographie – La bibliographie bibliophilique – Manipulation et entretien – Des faux et de la fausse bibliophilie – Les vocabulaires

En page 22, un terme m’a amusée : bibliosophe, terme créé par Octave Uzanne pour désigner le « sage ami des livres ». Au fil de ce guide, dont je possédais au préalable quelques notions, j’ai ainsi pu retenir quelques conseils, comme bien vérifier qu’un ouvrage est complet avant d’en faire l’acquisition, préférer le plus proche de l’édition originale et en l’état, et puis surtout acheter le petit Brunet (82 €), le grand en plusieurs volumes, la bible des libraires spécialisés, se trouvant être très cher, ou encore à défaut L’Argus du livre de collection.

Pour l’instant, contrairement à beaucoup de collectionneurs pour qui l’objet-livre prime sur son contenu, je recherche des oeuvres littéraires ou philosophiques lues ou que j’ai envie de lire. Quelques photographies remplaceront alors probablement les couvertures ordinaires dont j’illustre mes critiques.

Anglet : Atlantica – Séguier, 2004. – 237 p.. – ISBN : 2-84049-387-X : 20 €.

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