Mots-clefs ‘amitié’

Les petits chevaux de Tarquinia de Marguerite Duras

21.05
2020

IMG_20200521_204206Sara passe ses vacances dans un village italien au bord de la mer, avec son mari, son fils, sa bonne, son amie et un couple d’amis. La chaleur est écrasante, leur rituel composé de baignades, de bitter campari, de poissons grillés en terrasse de l’hôtel et de jeux de boules. Même la mort d’un jeune démineur dans la montagne perturbe à peine ces vacances. Seul le désir de l’homme au bateau parvient à la troubler…

« L’homme », « l’enfant » : Marguerite Duras préfère aux prénoms fantoches leur désignation. Comme dans Moderato Cantabile, la mère se distingue par son amour pour son fils, constant et inaltérable, contrairement au lien amoureux avec son mari qui se délite. Ne connaitre qu’un amour absolu est-il possible ? La tentation d’une aventure l’effleure, se savoir désirée et donc exister aux yeux d’un autre la rassure. Son mari, qui l’a apparemment souvent trompée, lui, éprouve pour la première fois la douleur d’être le témoin de cette tentation. Leur couple d’amis italien se déchire continuellement, mais à l’opposé n’envisage pas d’autre partenaire. La torpeur de ces vacances qui les plonge dans l’inertie gagne aussi la lectrice que je suis, qui s’imagine parfaitement se rafraîchir dans la mer ou avec des apéros entre amis pour se reposer du train social et professionnel. J’ai adoré ce roman, dans la filiation duquel naîtra le formidable Moderato cantabile. A lire sur la plage cet été !

Gallimard, 1953
220 p.
EAN13 978207036187X

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Des vies en mieux d’Anna Gavalda

04.04
2020

IMG_20200402_155532Des vies en mieux, celles de Billie, Mathilde et Yann. Au fond d’une crevasse dans le parc des Cévennes avec son meilleur ami Franck cassé en mille morceaux, Billie raconte à la petite étoile qu’elle aperçoit cette nuit-là tout ce qu’ils ont vécu ensemble ces dernières années, et comment leur amitié et leur confiance ont germé avec On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset… Mathilde s’aperçoit que son sac à main avec une enveloppe contenant dix mille euros en cash a disparu. Un homme le lui rend trois jours après, avec tout son contenu, et disparait. Elle décide par la suite de le retrouver… Yann aide ses voisins à monter un meuble chez eux et comprend, après la soirée inoubliable qu’il passe avec eux, qu’il doit quitter son amie et changer de vie…

Je me suis fourvoyée : j’ai bien cru qu’il s’agissait d’un roman, d’un roman choral avec des personnages qui se croisaient à un moment donné, mais non, il s’agit de trois histoires totalement indépendantes les unes des autres. Pour autant elles ont un certain nombre de points communs : les personnages sont tous âgés d’une vingtaine d’années, ils souffrent tous d’un manque de confiance en eux et d’une origine sociale moins favorisée que d’autres qu’ils côtoient, ils se retrouvent tous à la capitale, avec encore un avenir à construire, qu’ils vont justement prendre à bras-le-corps.

Autre erreur : j’ai toujours cru qu’Anna Gavalda était à ranger avec Guillaume Musso et Marc Lévy… Grossière erreur, cela n’a rien à voir. Je l’ai pioché du reste dans une boîte à livres (avant le confinement) pour justement en avoir le cœur net. Elle adopte le langage de ses personnages dans son écriture, et n’hésite pas à les faire chuter au plus bas de l’échelle de l’amour de soi. Un livre que j’ai lu d’une traire.

Kong-Kong : un singe pour la vie

01.02
2020

IMG_20200201_155933Abélard vit ses aventures au quotidien avec Héloïse et son encombrant ami Kong-Kong juché au sommet de leur immeuble…

Désormais l’histoire d’amour détournée entre Héloïse et Abélard et Kong devient une succession de blagues et de gags. Drôle et léger.

AUTRET, Yann, VILLEMINOT, Vincent
Kong-Kong : un singe pour la vie.
Casterman, 2019. 79 p. : ill. en coul.. EAN13 978220318583 : 12,95 €

Je vais rester de Trondheim et Chevillard

16.07
2018
cop. Rue de Sèvres

cop. Rue de Sèvres

 

Fabienne et Roland arrivent à Palavas pour une semaine de vacances d’été. Roland a tout réglé, tout réservé, tout planifié dans son carnet, tout sauf le fait d’être décapité par un auvent quelques minutes à peine après être arrivé. Fabienne, choquée, répond alors sur le portable de Roland qui sonne que tout va bien, et qu’ils sont bien arrivés…

Trondheim nous régale ici d’un scénario en demi-teinte, douce amère : le déni d’une mort absurde et le vide qu’elle laisse sur l’horizon d’une autre vie qui doit se reconstruire, et la chaleur d’une amitié pourtant éphémère avec un type que Fabienne n’aurait probablement jamais fréquenté auparavant. A ce scénario touchant aux planches souvent muettes, comme une focalisation interne de Fabienne par rapport à ce qui l’entoure, et qu’elle observe, en retrait, détachée de toute cette vie qui continue sans lui, sans eux, s’ajoute la qualité d’un dessin savoureux, au grain sépia. Une excellente BD.

Flic & fun : deux flics amis de Pluttark, Bernstein

15.07
2018
cop. Fluide glacial

cop. Fluide glacial

Non, ce ne sont pas « deux flics à Miami » mais bien deux flics amis, que leur chef charge de filer discrètement sa femme qu’il soupçonne d’adultère, alors que celle-ci fait passer sous leurs yeux de la drogue et des armes. C’est dire à quel point ils manquent de jugeotte…

Des gags bien gros et bien débiles : on n’en attendait pas moins de ce second tome.

 

PLUTTARK, BERNSTEIN

Flic & fun : deux flics amis

Fluide glacial, 2018

47 p. : ill. en coul.

EAN 9782378780234 : 10,95 €

Momo : tome 2 de Jonathan Garnier & Rony Hotin

13.09
2017
cop. Casterman

cop. Casterman

 

Plutôt que de la placer en famille d’accueil, c’est le poissonnier, qui se révèle être un vieil ami de son père, qui prend Momo sous son aile, en attendant le retour de son père. Mais Momo fugue : elle a besoin de revoir la maison vide de sa grand-mère, et surtout son père. Françoise et « banane » vont la rattraper et l’accompagner…

La suite du premier tome continue à ressembler à une petite bulle de tendresse salée sucrée, avec cette petite boule de nerfs, qui réagit plutôt bien au deuil de sa grand-mère.

 

GARNIER, Jonathan, HOTIN, Rony

Momo

Casterman, 2017

83 p. : ill. en coul.

EAN13 9782203124301 : 16 €

L’appel de L. Galandon & D. Mermoux

05.04
2017

Couv_291686Cécile, mère célibataire, regarde un message vidéo laissé par son fils Benoît, parti faire le Djihad en Syrie auprès de ses « frères » de l’État Islamique. Elle tente de comprendre pourquoi lui, qui n’était même pas croyant, a pu se radicaliser à ce point, et espère, lors de leur prochain appel, pouvoir le récupérer.

La pertinence du récit commence par la polysémie de son titre, l’appel, celui qu’attend cette mère de son fils, celui avec qui tout commence, celui enfin avec qui tout se termine avec la radicalisation de sa foi en une autre cause. Le seul petit bémol que l’on pourrait faire à cette bande dessinée, c’est que le recours aux réseaux sociaux et aux témoignages contraignent les auteurs à favoriser le texte par rapport à l’image. Laurent Galandon ne tombe en effet dans aucun des pièges : de bout en bout, son histoire ne verse dans aucun cliché ni aucun préjugé, ni par le choix de son protagoniste (blanc et athée), ni par les raisons de sa radicalisation (forts sentiments d’amitié et d’injustice), ni par son issue. Il soulève justement les bonnes questions, à savoir les inégalités sociales et la violence des rapports entre les jeunes et la police. Néanmoins le choix du noir et blanc, parfois sépia, renforce la sobriété et la pudeur du propos : pas d’esclandre ici, pas de violence montrée, tout est (presque) suggéré.

Une excellente BD sur ce triste sujet d’actualité qui tourne déjà dans tous les C.D.I. de lycées de France, et qui constitue un excellent point de départ pour entamer un débat avec les adolescents.