Mots-clefs ‘adolescence’

Girl power ! D’Eleonora Antonioni et Francesca Ruggiero

08.03
2020

89389496_10157936186272999_9043960429583269888_oAu lycée, Federica a son fan club. Un jour elle décide que Giulia peut le rejoindre…
Anna sèche pour la première fois les cours, pour suivre sa nouvelle amie, Marilena.
Clarice s’entraîne à la course et vit avec sa playlist d’enfer sur les oreilles, jusqu’à ce qu’une émission télé la repère malgré elle, et au grand dam de Federica.

Trois journaux intimes au Bic 4 couleurs d’adolescentes en pleine construction d’identité, dans les années 90, qui vont se détacher de l’emprise des autres pour s’affirmer. Un roman graphique qui correspond bien aux problématiques des ados.

Casterman, 2020
168 p. : ill. en couleur. ; 24*17 cm
Ean 13 9782203209053 : 18 e

La BD qui t’aide à avoir confiance en toi

04.02
2020

IMG_20200201_160106A l’aide de cinq personnages croqués par Adrienne Barman, Géraldine Bindi livre toutes les recettes pour améliorer sa confiance en soi : lister ses dix qualités, ses points faibles, ses capacités scolaires, ses réussites, ses réalisations, ses récompenses,… et surtout ne pas vouloir la perfection, savoir se faire aider des autres, et faire de son mieux à chaque fois qu’on le souhaite.

Une bande dessinée au service d’un message pédagogique et bienveillant : il ne reste « plus qu’à » mettre en pratique !

 

 

 

 BINDI, Géraldine, BARMAN, Adrienne.

La BD qui t’aide à avoir confiance en toi.

Casterman, 2019. 59 p. : ill. en coul.  ; 27*20 cm. EAN13 9782203194823 : 13,95 €.

 

 

 

 

Comment naissent les araignées de Marion Laurent

01.04
2015

cop. Casterman

Les Etats-Unis, dans les années 1990. Alice souffre du peu d’autonomie que lui laisse sa mère. Un soir où elle réussit à sortir, elle fait la connaissance de Dwight, peu communicatif, qui aime la dessiner, mais qui disparait du jour au lendemain, sans un mot. Empruntant la voiture de son oncle, elle renverse quelqu’un… Isadora, alcoolique, fait la manche depuis qu’elle s’est faite licencier d’une maison de retraite, hantée par la mort de sa propre mère qui a détruit sa vie… Alice et Isadora sauvent ce soir-là Billie, qui allait au même cours de danse qu’Alice avant que son frère et ses amis ne décident de le lui interdire, ainsi que tout contact avec le garçon blanc dont elle est amoureuse… Dwight, enfin, est amoureux d’Alice depuis bien avant leur rencontre mais n’a jamais osé le lui avouer…

Ce roman graphique entrelace les destins de trois Américaines et d’un jeune Américain à la manière d’un film choral. Pour ce faire, Marion Laurent préfère un dessin au trait pur, découpe ses planches et choisit ses plans comme des images cinématographiques. A travers les destins croisés de ces quatre personnages, Alice, adolescente timide, Isadora, sans domicile fixe car ayant rompu toute attache familiale, Billie, jeune afro-américaine brimée par l’extrémisme religieux de sa mère et de son frère, et Dwight, artiste introverti, elle aborde le manque de confiance en soi, la perte des repères, le carcan familial, mais aussi l’art et l’amour. Une première histoire bouleversante de cette jeune auteure.

 

LAURENT, Marion.

Comment naissent les araignées

Casterman (2015).

157 p. : ill. en coul. ; 19*28 cm.

EAN13 978220306075-3 : 23 €.

A tous et à personne de Grazia Verasani

22.07
2012

cop. Métailié

Détective privée à Bologne, quadragénaire célibataire, Giorgia Cantini se voit contrainte par son père de prendre une jeune assistante débarquant de sa province. Alors qu’une bourgeoise lui demande de suivre en filature sa fille de dix-sept ans, Barbara, qui sèche ses cours depuis plusieurs semaines, Giorgia suit aussi avec intérêt l’enquête de son ami policier Luca Bruni sur le meurtre de Franca Palmieri, “La fille aux crapauds”, qui a grandi dans le même quartier qu’elle, accueillant dans sa chambre tous les garçons de son âge…

« Un type dans les quarante ans, maigre et chauve, en veste et cravate desserrée, me donne un coup de coude, s’excuse, fait une blague : il me drague. J’ai envie de lui apprendre qu’il existe des pays plus civilisés, des pays où quand une femme entre dans un bar toute seule personne ne se sent en droit de l’importuner. Des pays où on peut dire : « Merci, j’ai envie d’être seule., sans se sentir en faute ni forcée de sourire. » (p. 38)

Un petit polar qui se perd un peu dans les souvenirs nostalgiques de la narratrice, autour de l’élucidation de l’affaire de « La fille aux crapauds », mais qui pointe du doigt, avec l’histoire de l’adolescente, un crime omniprésent dans toutes les époques et différentes sociétés.

 

VERASANI, Grazia. – A tous et à personne / trad. de l’italien par Gisèle Toulouzan et Paola de Luca. – Métailié, 2012. – 236 p. ; 19 cm. – (Suite italienne). – EAN13 9782864248606 : 10 €.

J’apprends l’hébreu ** de Denis Lachaud (2011)

25.09
2011

 

cop. Actes Sud

« Il faut penser autrement. Il faut que je déplace les cloisons dans ma tête. J’ai l’habitude. Ce n’est pas là une source de souffrance potentielle. L’hébreu va tout réorganiser.

Il faut tellement penser autrement qu’il faut se retourner et lire dans l’autre sens, de droite à gauche. Parmi toutes les langues dont j’ai entrepris l’apprentissage, l’hébreu est la première qui se lit et s’écrit de droite à gauche. La phrase connaît son devenir vers la gauche. Autant dire que mon cerveau qui lit entre en ébullition, comme un pays en révolution. » (p. 35)

D’emblée, Frédéric est différent. En tout cas, il a une vision différente des choses. A l’âge de dix-sept ans, il a déjà beaucoup déménagé, pas dans la ville d’à côté, mais plutôt à Paris, Oslo puis Berlin, au gré des mutations de son père. Cette fois-ci, il atterrit à Tel-Aviv, une ville construite sur les sables, qui deviennent mouvants pour Frédéric, qui, totalement désorienté, s’invente un compagnon imaginaire, qui n’est autre que Benjamin « Théodor » Herzl, commence à apprendre l’hébreu et interroge les passants sur leur conception du territoire…

« Aujourd’hui, le livre me révèle qu’en hébreu, le verbe « être » ne se conjugue pas au présent.

Être, au présent, ça n’existe pas, non.

On peut être au passé, on peut être au futur, mais pas au présent.

L’hébreu est la langue qui sait qu’on ne peut pas être au présent. » (p. 35)

Le récit alterne entre les errances de Frédéric, en but avec les mots, entre autres l’hébreu, et avec les gens, en particulier avec son petit frère qu’il trouve insupportable, et le passé de ses parents, frère et soeur. Au-delà de l’expérience singulière de cet adolescent, dont les problèmes de communication vont l’amener au bord de la shizophrénie, c’est le portrait d’Israël que brosse l’auteur, pays qui, lui aussi, est tiraillé par ses contradictions et par sa quête d’identité.

Un roman fort, à double entrée, dont on sort avec un certain malaise.


LACHAUD, Denis. – J’apprends l’hébreu. – Arles : Actes Sud, 2011. – 236 p. : couv. ill. en coul. ; 22 cm. – (Domaine français). – EAN 9782742799435 : 18,50 euros.

Scintillation de John Burnside

11.09
2011

 

cop. Métailié

Dans Une vie nulle part, John Burnside avait déjà suivi les errances d’une jeunesse cherchant à sortir de l’ombre de l’usine où avaient trimé ses parents. Dans ce nouveau roman, il plante l’intrigue dans un décor sans nom, l’Intraville, une ville ayant poussé à la périphérie d’une usine chimique désormais à l’abandon, qui fit vivre un temps ses habitants, avant de les empoisonner insidieusement, tout comme le bois aux arbres noircis. Il y campe un adolescent, Leonard, qui raconte cette histoire avant de l’oublier, on ignore pour quelle raison, une histoire qui commence par la mystérieuse disparition de cinq adolescents. Un mensonge de l’unique policier de la ville, corrompu, car aucun d’entre eux n’a en réalité réussi à fuir ce purgatoire, où tout végète avant de pourrir lentement. Il le sait bien, lui qui a découvert, dans le bois empoissonné, la première victime pendue par quelqu’un ou quelque chose…

John Burnside démarre son roman comme un thriller, mais déjoue ensuite notre horizon d’attente car ce n’est pas une enquête qu’il va ouvrir, avec ses indices, mais il va plutôt prendre son temps, s’intéresser à cette ville gangrénée par l’absence d’espoir à une vie meilleure, à sa jeunesse désoeuvrée et à ce jeune Leonard, qui découvre les plaisirs de la sexualité et les grands auteurs de la littérature, qui aime observer la nature, seul ou aux côtés de son ami l’Homme-Papillon, avant de s’arrêter sur le meurtre absurde d’un innocent. Un dérapage prévisible. Mais qui l’est vraiment, innocent, dans cette ville où l’on ne lit que des histoires d’amour, où l’on préfère regarder la télévision pour se vider la tête que de se soucier des sorties nocturnes de sa progéniture, et où chacun ferme les yeux sur ce qui le dérange ? Les coupables ne manquent pas, mais pas ceux auxquels on s’attend : John Burnside s’en prend à tous ceux qui, dans l’Extraville, ont pu s’enrichir grâce au fruit du travail des habitants de l’Intraville, qui les tue à petits feux, pour ensuite les abandonner, à celui qui a trouvé le moyen de faire fructifier son capital dans la ville, en étouffant la vérité sur les meurtres d’adolescents, à tous ces parents qui ne croient pas en un avenir meilleur pour leurs enfants, à tous ceux qui pour se divertir aiment à faire souffrir les autres, dans une vertigineuse spirale de violence. Seul Leonard déroge à cette inertie, même s’il se prend aussi dans les rets de la folie collective, lui qui pense qu’il faudrait raser cette ville et donner à ses habitants un lopin de terre à cultiver pour tout recommencer. Et lui seul semble connaître la lumière, la scintillation donnée en titre français à ce roman d’une incroyable noirceur poétique, et dont on ne pourra interpréter le sens qu’à la toute fin de son histoire.

« Au bout d’un moment, quand même, je commence à me sentir drôle, comme chaud à l’intérieur, mais pas fiévreux, et tout a l’air changé. Les arbres ont plus de détails, les couleurs sont plus subtiles, tout a l’air plus compliqué et, en même temps, plus cohérent, l’air d’être là pour une bonne raison. Je ne dis pas que c’est conçu intentionnellement je ne suis pas en train de parler de je ne sais quelle connerie du genre n’est-ce pas que la nature est merveilleuse. Mais bon… c’est là, et ça n’a pas besoin d’être expliqué. » (p. 149)

Un roman psychologique d’une noirceur inquiétante, née de l’oscillation entre l’étrange et le thriller.

A ne pas manquer.

 

Prix Lire et Virgin Megastore 2011.


Du même auteur, autres romans chroniqués dans Carnets de SeL :

Un mensonge sur mon père ** (2009)

Les empreintes du diable (2008)

Une vie nulle part *** (2005)

La maison muette *** (2003)

 

BURNSIDE, John. – Scintillation / trad. de l’anglais (Ecosse) par Catherine Richard. – Métailié, 2011. – 282 p.. – EAN 978-2-86424-838-5 : 20 €.

 

Arthur et moi ** d’Emmanuel Arnaud (2008)

13.03
2011

copyright Métailié

Entre les cours de français ennuyeux de M. Jeanbois au lycée de Courbevoie, les matchs de football que regarde son père à longueur de temps et leurs vacances à Benidorm à la Toussaint, dans une grande tour, Alexandre s’ennuie. Il n’a pour se distraire que sa copine Christelle et son copain Amok, qui organise des combats de chiens.  C’est alors qu’il ouvre Les Illuminations de Rimbaud, et pour lui, c’est la révélation…

Le narrateur, un adolescent, porte déjà un regard désabusé et ironique sur son quotidien de banlieusard moyen, sur ses parents et sur son environnement avant de le transformer en un regard poétique sur la vie qui va le conduire à l’écriture et à une traduction contemporaine des poèmes de Rimbaud. Des passages savoureux émaillent le récit, tel ce Salon de la poésie où avec son ami il éclate de rire à la vue de « ces poètes barbus à l’accent chantant » qui lui « font penser à l’intersyndicale de la CGT » (p. 63). Un roman d’apprentissage par la poésie, drôle et rayonnant, qui avait d’abord été publié sous le titre Une Saison Rimbaud aux éditions du Rouergue en 2008.

ARNAUD, Emmanuel. – Arthur et moi. – Métailié, 2011. – 99 p.. – (Suite française). – EAN 9782864247578 : 8 €.