Mots-clefs ‘20e siècle’

La danse au XXe siècle *** d’I. Ginot et M. Michel (2002)

15.07
2011

copyright Larousse

Cet ouvrage de référence retrace l’historique de la danse au XXe siècle jusqu’à Rachid Ouramadane.

Pour ce faire, il commence par rappeler son origine populaire mais surtout mondaine, avec le ballet de cour, ses quatre siècles d’existence et ses liens étroits avec le milieu artistique et littéraire. Ainsi les poètes de la Pléïade avaient-ils déjà prôné une forme de théâtre total : chant, musique, danse, décors, illustrant le récit. On se souviendra également des comédies-ballets de Molière (Les Fâcheux, Le Bourgeois Gentilhomme,…), d’ailleurs imité avec La Dansomanie de Pierre Gardel (1800). Des techniques et des accessoires apparaissent, qui marqueront à jamais la danse, comme la pointe de Melle Gosselin en 1813, afin de limiter un maximum le contact entre la danseuse et le sol, ou le tutu dans Giselle, qui souligne la légèreté de la danseuse. Toujours la danse classique s’attachera à ne plus se soumettre à la loi de la gravité. Enfin, Marius Petitpa fait triompher l’académisme de la danse avec ses oeuvres-phare : La Belle au bois dormant (1890), Le Lac des cygnes (1895) et Casse-noisette (1892).

Cette rapide rétrospective lui permet ainsi d’aborder la violente remise en cause au XXe siècle du répertoire classique par la danse moderne, dont trois Américaines s’avèrent les précurseuses : Loïe Fuller, Isidora Duncan et Ruth Saint Denis. Sont alors évoqués entre autres des artistes, danseurs ou pas, comme le charismatique Nijinski, Mallarmé, Wagner, Colette, le chorégraphe de ballets russes Fokine, Jean Cocteau, Serge Lifar, Roland Petit, Maurice Béjart, Tatsumi Hijikata, Nietzsche, Laban et sa kinesphère.

De nos jours, la danse contemporaine puise autant dans le répertoire traditionnel que dans d’autres sources d’inspiration artistiques, de manière à exclure tout tabou et à réinventer une nouvelle façon de s’exprimer sur scène.

Il existe une réédition de cet ouvrage datant de 2008, que je ne vais pas tarder à acquérir, tant sa lecture m’a véritablement passionnée.

 

La danse au XXe vingtième siècle  / Marcelle Michel, Isabelle Ginot. – Troisième édition. - Paris  : Larousse , 2002 .- 263 p.  : ill.  ; 29 cm .- Chronologie. – ISBN 2-03-505283-1 : 45 €.
Emprunté au C.D.I. du lycée.

De la différence des sexes * (2010)

18.12
2010

A l’aune de leur expertise sur ces périodes et à l’encontre de notre vision progressiste de l’Histoire, huit historiennes et historiens s’interrogent sur le statut et la place des femmes dans la démocratie athénienne, dans la culture romaine ou byzantine, au Moyen Âge, sous l’Ancien Régime, au XIXe ou XXe siècles.

Selon Violaine Sebillotte Cuchet, même si la fonction première de ces dernières restait l’enfantement, le principe de filiation politique prévalait dans la démocratie athénienne, intégrait ainsi du féminin et des femmes. Aussi le critère fondamental de distinction dans la cité démocratique, plus que la catégorisation sexiste, départageait les individus inscrits dans une maison citoyenne des étrangers et des esclaves.

Thomas Späth ne se prononce pas sur la dichotomie homme-femme dans la Rome antique, l’état des recherches sur la question ne le lui permettant pas, mais affirme d’ores et déjà que celle-ci est inapte à représenter le système symbolique du genre.

Georges Sidéris constate que la trisexuation modèle toute la société byzantine : « Conçus comme un contre-pouvoir face aux ambitions des militaires et une institution de limitation de la violence, chargés de garantir la pudeur des femmes de la famille impériale, les eunuques ont su dépasser leur fonction première qui les confinait au palais et à ses alentours pour apparaître comme une composante constitutive de la société, aux côtés des hommes et des femmes. » (p. 100)

Durant le Moyen-Âge, Anne-Marie Helvétius observe combien « la montée en puissance du clergé, fermé aux femmes, correspond à une dégradation de la position des laïcs en général et des femmes en particulier dans l’Eglise et dans le société. » (p. 103), auxquelles on ne concède plus que la fonction de dévôte ou le rôle de bonne épouse et mère, exclue du lit du prêtre à partir du XIe siècle.

Sylvie Steinberg souligne que la conception très hiérarchisante sous l’Ancien Régime permet certes à quelques grandes dames à dominer des hommes de rang inférieur, à des femmes au « tempérament viril » de devenir chef de famille, mais tout ceci ne reste que très théorique et utopique.

Alice Primi critique l’apparition, au XIXe siècle, du concept d’ »éternel féminin », ô combien réducteur et destructeur pour la femme, dont la nature la prédisposerait à telle ou telle humeur et à tel ou tel fonction sociale. Alors que l’homme vit pour lui-même, paraît neutre, la femme apparaît conditionnée par sa faiblesse déguisée en fragilité, et son rôle maternel. Pour se faire entendre, les femmes se heurtent toujours aux mêmes obstacles : elles se trouvent exclues de tous les débats politiques et de tous les droits civiques, et elles sont intégrées dans un système prônant une « identité féminine » qui les infériorise en prétendant les valoriser.

Françoise Thébaut dresse l’historique des avancées civiques et sociales des femmes au XXe siècle, concluant sur les élections présidentielles de 2007 où, pour une fois, une candidate, Ségolène Royale, a osé mettre en avant sa féminité, et non l’occulter.

Un ouvrage passionnant et érudit qui resitue la notion de genre à travers l’Histoire dans une longue série de contributions, et s’achève par l’analyse qu’en a fait Foucault.

De la différence des sexes : le genre en histoire / sous la dir. de Michèle Riot-Sarcey. – Larousse, 2010. – 287 p. ; 22 cm. – (Bibliothèque historique Larousse). – ISBN 978-2-03-583983-1 : 18 €.
Service de presse.

Les mouvements dans la peinture

16.09
2005

cop. Larousse

Si nous disposons du recul nécessaire pour pouvoir rattacher tel peintre du 16e au début du 20e siècle à tel ou tel courant, école ou groupe artistique, cela paraît bien plus difficile pour ces cinquante dernières années. D’où le choix assumé de consacrer plus de la moitié de ce guide d’initiation aux innombrables mouvements picturaux ayant pris naissance au cours de cette dernière période, dont la postérité reconnaîtra seulement quelques-uns. Sont donc ici répertoriés, de la Renaissance à de nos jours, une soixantaine de mouvements picturaux ayant marqué le paysage de l’art du monde occidental. Pour chacun d’entre eux est ainsi établie une fiche d’identification plus ou moins développée, décrivant son contexte d’émergence et ses caractéristiques, énumérant ses principaux artistes et œuvres, avant de commenter la reproduction d’une œuvre clé et de proposer quelques pistes de lecture.

 

Une première approche synthétique des mouvements picturaux, dont les fiches consacrées au « maniérisme » ou à l’ « Art nouveau » paraîtront forcément elliptiques au lecteur averti, que le foisonnement de mouvements des dernières décennies laissera en revanche rêveur. Un guide allant à l’essentiel, à conseiller pour les néophytes.

 

FRIDE-CARRASSAT, Patricia, MARCADE, Isabelle. – Les mouvements dans la peinture. – Nouvelle édition. – Larousse, 2005. – 239 p.. – ( Reconnaître et comprendre). – ISBN : 2-03-505525-3 : 27 €.