Categorie ‘Carnet de Lectures

Le vieil homme et son chat boivent du petit lait de Nekomaki

17.07
2020

IMG_20200709_132343Sur une petite île désertée par la jeunesse et les commerces subsiste une communauté de vieux villageois adorant la compagnie des chats. Daikichi, veuf et instituteur à la retraite, y vit avec son chat Tama, âgé de dix ans. L’arrivée de la jeune Michiko au café de l’île, pour aider en cuisine son oncle et sa tante, va bouleverser les habitudes des vieux insulaires, qui vont se replonger dans le passé grâce à sa cuisine, et le cœur des jeunes docteur et facteur…

Ce quatrième tome autour du duo du vieux Japonais et de son chat s’attarde sur le côté négatif de la vie insulaire comme le départ des derniers commerces, la lourdeur des déplacements maritimes pour s’approvisionner, rendre visite au vétérinaire. Mais il rebondit sur l’irruption ponctuelle de la jeunesse pour passer des vacances chez les grands-parents ou pour épauler sa famille. Les plaisirs de la vie comme la préparation de recettes traditionnelles ne sont pas en reste, ni les chats les derniers à attendre l’arrivée du poisson ! Quant au dessin, rond et coloré, il est tout simplement trop cute : en un mot, un manga très kawaii !

Date de sortie : 1er juillet 2020

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L’amour de Marguerite Duras

12.07
2020

IMG_20200711_213216La plage, la mer, un homme aux yeux clairs, un autre homme qui marche et une femme assise aux yeux fermés. Au loin une prison, une ville, S. Thala, des incendies se déclarent. Le triangle se rejoint, se sépare chaque jour : partagent-ils un passé ?

Un lieu, trois personnages décrits sommairement, peu de dialogues, pas d’actions ou si peu. Le récit est cinématographique : il rend visible des plans, audibles les échanges, mais ne permet aucune focalisation sur l’état psychologique des personnages. On pourrait presque croire à une suite du Ravissement de Lol V. Stein, un autre cercle fermé de trois personnes et une autre histoire énigmatique. Un roman très représentatif de la « nouvelle vague », certes intéressant mais pas captivant du coup, voire décevant compte tenu du titre.

 

 

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No war : tome 4 d’Anthony Pastor

09.07
2020

IMG_20200709_110913Sur Saarok, l’île sanctuaire des Kiviks, la situation continue à s’envenimer. Run et Jo, forcés par les pierres magiques à rester ensemble, se réfugient dans la grotte aux esprits, et y apprennent la vérité sur la mort de Luka, le grand frère de Run…

Les aventures des différents adolescents embarqués de près dans le conflit se poursuivent. Le plaisir à leur lecture s’émousse… La faute au délai entre les tomes, à l’effet de surprise tombé.

Carnet du Pérou de Fabcaro

26.06
2020

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Alors, y est-il ou n’y est-il pas allé au Pérou ? Voici un carnet de voyage bien original puisque Fabcaro se met lui-même en scène en train d’écrire son carnet de voyage, rentré du Pérou, avec son entourage qui s’étonne de le voir en train de décrire un voyage qu’il n’a pas fait !

Toujours drôle, moins cependant que dans Zaï zaï zaï zaï, Formica et Et si l’amour c’était aimer ? qui restent ses incontournables.

Ecrire de Marguerite Duras

25.06
2020

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Qu’a Marguerite Duras à dire sur l’acte d’écrire ? L’autrice évoque ses conditions d’écriture : la solitude, l’isolement le plus total dans une maison qu’elle avait à Trouville-sur-mer. Elle livre aussi ses convictions sur le silence autour de l’œuvre en train de se faire :

« Aux amants, les femmes ne doivent pas faire lire les livres qu’elles font. » (p. 18-19)

« Dans la vie il arrive un moment, et je pense que c’est fatal, auquel on ne peut pas échapper, où tout est mis en doute : le mariage, les amis, surtout les amis du couple. Pas l’enfant. L’enfant n’est jamais mis en doute. Et ce doute grandit autour de soi. Ce doute, il est seul, il est celui de la solitude. Il est né d’elle, de la solitude. (…) Le doute, c’est écrire. Donc c’est l’écrivain, aussi. » (p. 26)

« Écrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. (…) Ça ne parle pas beaucoup parce que c’est impossible de parler à quelqu’un d’un livre qu’on a écrit et surtout d’un livre qu’on est en train d’écrire. » (p. 34)

Suivent d’autres textes : La Mort du jeune aviateur anglais, Roma, Le nombre pur, L’exposition de la peinture, qui m’ont moins marquée.

Library wars de Yumi & Arikawa

22.06
2020

IMG_20200615_085606Les deux premiers tomes

Dans un futur alternatif, le gouvernement japonais juge néfastes certaines lectures et décide de les censurer au moyen d’un comité d’amélioration des médias. Mais les bibliothécaires défendent parfois au prix de leur vie leurs livres, revues et journaux, et finissent par faire voter la loi de sauvegarde des bibliothèques, qui crée aux côtés des bibliothécaires un corps paramilitaire. C’est ce dernier qu’intègre Iku Kasahara à l’insu de ses parents, qui veut suivre les traces d’un « prince charmant » mystérieux lequel avait sauvé son livre favori des griffes de deux membres du Comité d’amélioration des médias. Très vite ses performances physiques qui surpassent celles des filles et de nombreux garçons lui permettent d’être sélectionnée par le lieutenant Atsuhi Dojo, qui semble très dur envers elle…

Sur fond de conflit pour la liberté d’expression, de lois de confidentialité comme celle de ne pas dévoiler les lectures d’un meurtrier, se déroule semble-t-il une histoire d’amour qui s’ignore. Divertissant mais pas original au point d’avoir envie de poursuivre la lecture de cette série.

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La pluie d’été de Marguerite Duras

21.06
2020

IMG_20200621_155857C’est une famille nombreuse qui vit d’allocations. Le père, un bel Italien, et la mère, venue de l’est, se sont rencontrés à Vitry sur Seine alors qu’ils y travaillaient, puis sept enfants sont arrivés, et ils se sont arrêtés pour les regarder grandir et s’aimer. Les deux ainés, Ernesto et Jeanne, s’occupent de leurs brothers et sisters. Un jour les parents se sentent obligés de les mettre à l’école, comme les autres. Mais Ernesto revient quelques jours après en affirmant « Je ne retournerai pas à l’école parce qu’à l’école on m’apprend des choses que je ne sais pas. » Et personne ne comprend vraiment, mais tout le monde comprend qu’Ernesto est différent, surdoué, qu’il peut tout comprendre de lui-même sans suivre d’enseignement, et qu’entre Jeanne et lui, un amour grandit…

La pluie d’été, c’est d’abord une langue, une façon de parler de cette famille qui n’a pas appris à lire ni à écrire, qui désarçonne puis entre en contagion avec la langue de tous ceux qui l’approchent. C’est aussi une existence marginale, hors de Dieu, du travail, de l’école, de tout ce qui structure habituellement la société. C’est un jour sans fin au cours duquel la mère, d’une beauté saisissante qu’elle oublie, épluche les patates, et les enfants lisent dans une remise des livres trouvés, un livre brûlé déniché dans une cave, qu’Ernesto lit à tous sans savoir lire, un livre qui raconte l’histoire d’un roi, des vanités et de la poussière du vent. C’est un soir par mois la virée des parents avec l’argent pour boire dans les bars. C’est l’avènement de l’enfant surdoué autodidacte, devant la sagesse duquel les autres s’inclinent. C’est accessoirement une histoire d’inceste, mais précisément pour raconter l’amour fort qui unit Ernesto à sa sœur Jeanne, qui ressemble tant à sa mère, et qui n’est qu’un passage vers l’âge adulte. C’est une lecture perturbante, jouant sur l’indicible, plus peut-être que d’habitude…