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Carnet du Pérou de Fabcaro

26.06
2020

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Alors, y est-il ou n’y est-il pas allé au Pérou ? Voici un carnet de voyage bien original puisque Fabcaro se met lui-même en scène en train d’écrire son carnet de voyage, rentré du Pérou, avec son entourage qui s’étonne de le voir en train de décrire un voyage qu’il n’a pas fait !

Toujours drôle, moins cependant que dans Zaï zaï zaï zaï, Formica et Et si l’amour c’était aimer ? qui restent ses incontournables.

Ecrire de Marguerite Duras

25.06
2020

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Qu’a Marguerite Duras à dire sur l’acte d’écrire ? L’autrice évoque ses conditions d’écriture : la solitude, l’isolement le plus total dans une maison qu’elle avait à Trouville-sur-mer. Elle livre aussi ses convictions sur le silence autour de l’œuvre en train de se faire :

« Aux amants, les femmes ne doivent pas faire lire les livres qu’elles font. » (p. 18-19)

« Dans la vie il arrive un moment, et je pense que c’est fatal, auquel on ne peut pas échapper, où tout est mis en doute : le mariage, les amis, surtout les amis du couple. Pas l’enfant. L’enfant n’est jamais mis en doute. Et ce doute grandit autour de soi. Ce doute, il est seul, il est celui de la solitude. Il est né d’elle, de la solitude. (…) Le doute, c’est écrire. Donc c’est l’écrivain, aussi. » (p. 26)

« Écrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. (…) Ça ne parle pas beaucoup parce que c’est impossible de parler à quelqu’un d’un livre qu’on a écrit et surtout d’un livre qu’on est en train d’écrire. » (p. 34)

Suivent d’autres textes : La Mort du jeune aviateur anglais, Roma, Le nombre pur, L’exposition de la peinture, qui m’ont moins marquée.

San Antonio : si ma tante en avait de Mickaël Sanlaville

12.06
2020

IMG_20200602_214637San-Antonio est muté en Bretagne, à Ploumanac’h Vermoh, avec Béru. Il y retrouve Pinaud et son ex-patron, devenu sous-préfet. Il pense y passer son temps à séparer les marins éméchés, jusqu’à ce que l’un de ceux qu’il a séparés la veille est retrouvé mort le lendemain, puis le gardien du phare,…

Le cœur insensible à la mort, mais toujours prêt à dégainer pour une jolie veuve nymphomane ou une adolescente consentante, San-Antonio, bourreau des cœurs au langage fleuri, est de retour.Voilà haute en couleurs, une histoire inspirée de l’univers de Frédéric Dard : suspens, sexe, violence rythment cette aventure chez les bretons. Pour les amateurs pur jus.

San Antonio : si ma tante en avait de Mickaël Sanlaville
D’après l’univers créé par Frédéric Dard
Casterman, 2020
92 p. : ill. en coul. ; 31*24 cm
EAN13 9782203172722 : 16 €
aventure, humour, enquête, policier : genre

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The amazing Bibi : tome 2 de Mo/CDM

10.06
2020

IMG_20200609_223042Bibi a tout des problèmes d’ado : il s’endort en plein cours de maths, refuse d’aborder la fille de sa classe dont il est amoureux, rêve d’être hyper-intelligent ou d’avoir un autre corps, et cherche sans succès à embrouiller son père pour lui cacher une mauvaise note…

Avec Bibi, les rêves prennent le pas sur la réalité, au point de l’inhiber ou de se retrouver avec pour pote le caca de son premier pot quand il était tout petit. Des couleurs acidulées pour de l’humour bien potache.

Pour un public surtout adolescent.

The amazing Bibi : tome 2 de Mo/CDM
Fluide glacial, 2020
48 p. : ill. en coul.
EAN13 9782378783709 : 10,95 €

 

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L’Aleph et autres contes de Jorge Luis Borges

30.05
2020

IMG_20200529_230159Trois nouvelles seulement composent ce recueil bilingue :

L’Immortel, parue pour la première fois en 1947 dans la revue Los Anales de Buenos Aires, retranscrit une histoire retrouvée dans un manuscrit à la fin des six volumes de l’Illiade : il s’agit du journal d’un tribun d’une légion romaine à qui un cavalier confie avant de mourir être à la recherche d’un fleuve situé à l’Extrême-Orient dont les eaux donneraient l’immortalité, et de la cité des Immortels sur son autre rive. Aussitôt celui-ci part à la recherche de ces eaux et de cette étrange cité…

Deutsches Requiem met en scène au cours de la seconde guerre mondiale le monologue d’un nazi fanatique, Otto Dietrich zur Linde, qui s’étonne de se sentir heureux, soulagé de savoir la défaite du troisième Reich proche.

Dans L’Aleph, le narrateur n’est autre que Borges, l’écrivain, qui « oublie » volontairement en 1929 de faire jouer son réseau pour un auteur dont il estime peu l’œuvre. Celui-ci lui confie peu après qu’il possède, pour l’inspirer, un trésor inestimable dans le sous-sol de la maison familiale dont on veut le congédier, un Aleph, qui permet de voir tous les lieux de l’univers sous tous les angles…

Borges prend soin d’ancrer ses récits dans la vraisemblance, en identifiant très précisément mais toujours de manière illusoire ses personnages, ses lieux, le contexte de transmission de l’histoire fantastique, en citant des références bibliographiques et littéraires, pour que le caractère fantastique du récit puisse en ressortir davantage.

La seconde nouvelle ne m’a pas marquée, la dernière un peu plus, abordant très brièvement la notion de réseautage, de jugement et de jalousie entre écrivains, de récompense, et la notion d’infini dans l’espace.

Des trois nouvelles c’est incontestablement la première qui m’a le plus plu : enchâssé IMG_20200529_165009dans le récit de cette transmission du manuscrit d’un antiquaire à une princesse, ce journal fictif conte une aventure dans le désert en compagnie de mercenaires pour commencer, avant une rencontre avec une peuplade étrange, qui lui semble un peu attardée, et la visite d’une cité très inquiétante, avant qu’un de ces êtres ne lui révèle leur incroyable secret, qui remet en question les présupposés sur l’immortalité que le protagoniste et le lecteur pouvaient avoir en tête. Une nouvelle vraiment très intéressante sur la notion d’infini et de relativité, sur notre rapport au temps, ce qui rend un événement singulier, ou au contraire dénué d’intérêt car récurrent au point d’ôter tout sel à sa propre vie et à celle des autres. Elle évoque également le thème de la paternité d’une œuvre universelle comme l’Illiade et l’Odyssée, de l’immortalité de son auteur devenu personnage de légende.

Une écriture toujours très référencée et érudite, s’inspirant des trésors de l’Histoire et de la Littérature pour les réécrire sous la forme d’anecdotes fantastiques.

 

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Le reste du monde 3. Les frontières de JC Chauzy

08.05
2020

IMG_20200508_115352Deux ans plus tard, la survie s’est organisée, hélas souvent au bénéfice de gangs dénués de scrupule qui volent, violent, torturent, massacrent. Après avoir abandonné leur mère qui s’est sacrifiée pour sauver leur vie, Hugo et Jules ont rejoint un groupe pacifique dans une ancienne colonie de vacances des Pyrénées orientales, et vivent de la chasse et des produits de leur potager.

Dans ce troisième volet de cette série composée de quatre tomes, Jean-Christophe Chauzy nous immerge dans un récit apocalyptique où les catastrophes naturelles ont chassé toute moralité chez les humains, qui s’entretuent pour survivre. Comme dans l’épouvantable roman La Route de Cormac McCarthy, l’homme devient concrètement un loup pour l’homme. Et dans un ironique renversement de situation, ce sont les Marocains et Algériens qui empêchent désormais les rescapés occidentaux de franchir leurs frontières au niveau des Pyrénées. Au point de vue du dessin, les personnages me plaisent bien moins que les paysages de désolation que Jean-Christophe Chauzy imagine en bandes verticales ou horizontales. La trame principale semble pour l’instant assez conventionnelle. A vérifier dans le dernier tome, où un dernier personnage énigmatique, présent en voix off, va entrer en scène…

 

Avant-printemps de René Guy Cadou

12.04
2020

IMG_20200412_105206AVANT-PRINTEMPS

Des œufs dans la haie

Fleurit l’aubépin

Voici le retour

Des marchands forains

Et qu’un gai soleil

Pailleté d’or fin

Éveille les bois

Du pays voisin !

Est-ce le printemps

Qui cherche son nid

Sur la haute branche

Où niche la pie ?

C’est mon cœur marqué

Par d’anciennes pluies

Et ce lent cortège

D’aubes qui le suit.

René Guy CADOU

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