Categorie ‘Littératures nordiques

Hiver arctique ** d’Arnaldur Indridason (2009)

09.02
2009

Titre original : Vetrarborgin (Islande, 2005)

Baignant dans son sang, les cheveux collés au givre, un petit garçon de dix ans, d’origine thaïlandaise, est retrouvé assassiné au bas de son immeuble. Aussitôt le commissaire Erlendur et ses deux collègues vont enquêter dans son école, théâtre de rivalités nourries par la xénophobie aussi bien de la part d’élèves que de quelques professeurs.
« L’image du corps d’Elias allongé sur le terrain de l’immeuble lui vint à l’esprit, entraînant immédiatement celle, ancienne, d’un autre petit garçon qui, des années plus tôt, avait péri dans une tempête déchaînée. C’était son frère, âgé de huit ans. Ce ne fut qu’alors, au moment où il se trouva plongé dans la tranquillité nocturne de sa salle à manger, seul avec lui-même qu’il comprit combien la découverte du petit garçon au pied de l’immeuble l’avait ébranlé. » (p. 95)

On ne présente plus cet auteur islandais qui rafle des prix pour chacun de ses polars venus du froid, et que chaque année maintenant on attend avec impatience, tout excité, certain d’être emporté par une nouvelle intrigue captivante. Après

voici, parallèlement à la vie privée du commissaire et de ses deux collègues avec qui on se familiarise un peu plus à chaque fois, une histoire tragique, celle de la mort de l’innocence-même, d’un enfant gentil, studieux et adorable, qui va nous faire plonger cette fois au sein des préjugés raciaux et surtout xénophobes qui minent le petit territoire de l’Islande. Les deux pistes suivies sont l’une et l’autre horribles, puisque la cruauté d’un tel meurtre tend à supposer des motivations racistes ou pédophiles pour l’expliquer.
Un polar à vite aller chercher par ce grand froid, pour le lire sous la couette.

INDRIDASON, Arnaldur. – Hiver arctique / trad. de l’islandais par Eric Boury. – Métailié, 2009. – 334 p.. – (Bibliothèque nordique). – ISBN 978-2-86424-673-2 : 19 €.

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Hiver arctique d’Arnaldur Indridason (2009)

08.02
2009

copyright éditions Métailié

Titre original : Vetrarborgin (Islande, 2005)

 

Baignant dans son sang, les cheveux collés au givre, un petit garçon de dix ans, d’origine thaïlandaise, est retrouvé assassiné au bas de son immeuble. Aussitôt le commissaire Erlendur et ses deux collègues vont enquêter dans son école, théâtre de rivalités nourries par la xénophobie aussi bien de la part d’élèves que de quelques professeurs.

« L’image du corps d’Elias allongé sur le terrain de l’immeuble lui vint à l’esprit, entraînant immédiatement celle, ancienne, d’un autre petit garçon qui, des années plus tôt, avait péri dans une tempête déchaînée. C’était son frère, âgé de huit ans. Ce ne fut qu’alors, au moment où il se trouva plongé dans la tranquillité nocturne de sa salle à manger, seul avec lui-même qu’il comprit combien la découverte du petit garçon au pied de l’immeuble l’avait ébranlé. » (p. 95)

On ne présente plus cet auteur islandais qui rafle des prix pour chacun de ses polars venus du froid, et que chaque année maintenant on attend avec impatience, tout excité, certain d’être emporté par une nouvelle intrigue captivante. Après

La Cité des jarres * (2005)

La Femme en vert ** (2006)

La Voix ** (2007)

L’Homme du lac *** (2008)

voici, parallèlement à la vie privée du commissaire et de ses deux collègues avec qui on se familiarise un peu plus à chaque fois, une histoire tragique, celle de la mort de l’innocence-même, d’un enfant gentil, studieux et adorable, qui va nous faire plonger cette fois au sein des préjugés raciaux et surtout xénophobes qui minent le petit territoire de l’Islande. Les deux pistes suivies sont l’une et l’autre horribles, puisque la cruauté d’un tel meurtre tend à supposer des motivations racistes ou pédophiles pour l’expliquer.

Un polar à vite aller chercher par ce grand froid, pour le lire sous la couette.

 

INDRIDASON, Arnaldur. – Hiver arctique / trad. de l’islandais par Eric Boury. – Métailié, 2009. – 334 p.. – (Bibliothèque nordique). – ISBN 978-2-86424-673-2 : 19 €.

Le dresseur d’insectes * d’Arni Thorarinsson (2008)

10.12
2008
Titre original : Dauoi truo sins

Traduit de l’islandais par Eric Boury

Correspondant du Journal du Soir, en quête d’informations à sensation, Einar se retrouve à passer la nuit dans une maison soit-disant hantée, prochain lieu de tournage d’une compagnie de cinéma hollywoodienne, après avoir reçu le coup de fil anonyme d’une prétendue médium. Le lendemain matin, il repart bredouille. Pendant ce temps, en ce début du mois de juin, cette bourgade du nord de l’Islande se prépare à la grande fête du Week-end des Commerçants, à laquelle vont participer la fille d’Einar et son petit ami. Mais il y a des lendemains de fête qui déchantent et Einar va déterrer une histoire bien sordide d’entre les murs de la vieille bâtisse abandonnée…
Second roman traduit de l’auteur islandais Arni Thorarinsson, Le Dresseur d’insectes dénonce les différents fléaux dont est secouée la ville la nuit : alcoolisme, drogue, agression raciste, viol, meurtre,… La liste est longue. A l’image de son titre tiré d’une bande-son très rock, ce roman sonne le glas d’une Islande paysanne qui cède la place à la violence urbaine. Pour les amateurs de polars sociaux.

THORARINSSON, Arni. – Le dresseur d’insectes / trad. de l’islandais par Eric Boury. – Métailié, 2008. – 345 p.. – (Bibliothèque nordique. Noir). – ISBN 978-2-86424-666-4 : 19 €.

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L’homme du lac *** d’Arnaldur Indridason (2008)

07.02
2008

Titre original : Kleifarvatn (Islande, 2004)

Un polar excellentissime, surgi des profondeurs de la Stasi

A la suite d’un tremblement de terre, une faille s’est ouverte au fond du lac de Keifarvatn qui s’y vide peu à peu, découvrant sur son fond asséché un squelette lesté par un émetteur radio russe. Chargés de l’enquête, Erlendur et ses confères suivent deux pistes, l’une sur les disparitions non élucidées ayant eu lieu au cours des années 60, l’autre vers les ambassades des pays alors en guerre froide…

Arnaldur Indridason : retenez bien ce nom, pour qui ne connaîtrait pas encore cet auteur islandais qui a renouvelé le paysage du polar. Car ce quatrième roman surpasse encore les trois premiers qui, déjà, avaient remporté de nombreux prix. Nous retrouvons avec bonheur notre cher Erneldur, toujours obsédé par la disparition de son frère, avec à ses côtés l’apparition de son fils, Sindri Snaer, sa fille Eva Lind demeurant introuvable.

Comme dans La Femme en vert, le roman commence par un squelette retrouvé, des disparitions non élucidées et une affaire vieille de quarante ans, en plein climat de guerre froide. Cela semble d’ailleurs devenir une constante chez lui, qui lui réussit : l’important n’est en effet pas tant le meurtre, ni la victime, ni le meurtrier, mais le filet d’événements socio-historiques qui a conduit au crime. Cette fois-ci, c’est finalement une histoire d’amour que va déterrer Erneldur, commencée et interrompue pour toujours à Leipzig, en Allemagne de l’est, Tomas rentrant brisé en Islande. Car nous voici plongés en pleine guerre froide, où, comme dans le magnifique film La Vie des autres, le protagoniste va lui aussi, on le devine, changer d’attitude : étudiant de vingt ans destiné à un brillant avenir au sein du parti socialiste, arrivant à Leipzig avec la foi inébranlable de sa jeunesse voulant offrir un meilleur avenir pour son pays, il commence par trouver normales la suppression de la liberté d’expression et la pratique des écoutes et de la surveillance réciproque. Puis, les doutes s’insinuent, et d’idéaliste optimiste embrassant la cause d’un régime, il redevient un individu exerçant son esprit critique, capable de sentiments, d’amour, et donc un être terriblement humain… qui sera alors confronté aux rouages impitoyables de la Stasi.

« Quand il quitta l’université, il lui sembla étrange en regardant autour de lui de constater que rien n’avait changé. Les gens se comportaient comme si rien n’était arrivé. Ils marchaient d’un pas pressé sur les trottoirs ou restaient debout à discuter. Son monde à lui venait de s’écrouler et pourtant rien n’avait changé. » (p. 228)

Sans conteste, l’un des meilleurs polars de l’année.

INDRIDASON, Arnaldur. – L’homme du lac / trad. de l’islandais par Eric Boury. – Métailié, 2008. – 348 p.. – (Noir. Bibliothèque nordique). – ISBN 978-2-86424-638-1 : 19 €.

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Le temps de la sorcière * d’Arni Thorarinsson (2007)

10.09
2007

Titre original : Tim nornarinnar (2005)
traduit de l’islandais par Eric Boury

Contraint à quitter la capitale par le Journal du Soir pour créer une antenne à Akureyri, dans le nord de l’Islande, Einar doit rendre compte, assisté d’une photographe, des problèmes engendrés par l’arrivée massive de main-d’oeuvre immigrée du chantier d’un barrage. Mais parallèlement, d’autres événements, pour certains anodins, surviennent : d’abord cet accident de rafting de l’épouse du directeur d’une usine à bonbons, tombée dans la rivière glaciaire. Aussitôt la mère de la victime le contacte pour accuser le mari. Puis, à sa première question du jour, il déchaîne un scandale au lycée en publiant la réponse volontairement provocatrice d’une élève aux mauvaises fréquentations à propos d’un professeur. Ensuite le chien de son collègue disparaît étrangement. Et enfin cet adolescent, Skarphédinn, qui interprète le rôle-titre d’une pièce du XIXe siècle, Loftur le Sorcier, est retrouvé mort dans une décharge…

Après le succès d’Indridason, voici un nouvel auteur de romans noirs venus d’Islande. Là aussi, les personnages ne manquent pas d’épaisseur, d’ailleurs le protagoniste, journaliste, ressemble assez au commissaire Erlendur, et l’atmosphère de cette ville provinciale est bien posée. Mais l’intrigue pèche par sa lenteur, et c’est bien dommage !

THORARINSSON, Arni. - Le temps de la sorcière / trad. de l’islandais par Eric Boury. – Métailié, 2007. – 332 p.. – (Bibliothèque nordique). – ISBN : 978-2-86424-621-3 : 20 €.
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La voix **d’Arnaldur Indridason (2007)

18.02
2007

Titre original : Röddin (2002)

traduit de l’islandais par Eric Boury (2007)

Un polar profondément amer et révoltant

La voix, celle gravée sur deux vinyles du jeune garçon qu’il fut, qui semblait alors destinée à être écoutée à travers le monde mais avait mué trop tôt, brisant les espoirs de son père, c’est tout ce qui reste désormais de cet homme trouvé poignardé dans sa chambre lugubre au sous-sol de l’hôtel où il travaillait, déguisé en son rôle de père Noël, le sexe protégé par un préservatif couvert de salive. Au fil de cette enquête sur cette gentillesse faite homme que personne, pas même son père ni sa soeur, ne semblait regretter ni même connaître, c’est à son frère de 8 ans perdu dans une terrible tempête de neige que pense le commissaire Erlendur en cette liesse de fêtes de Noël, mais aussi à ce petit garçon hospitalisé pour coups et blessures et à son père refusant de passer aux aveux….

Après La Cité des jarres* et La Femme en vert**, voici le troisième polar que je lis d’Arnadur Indridason qui m’avait habituée à ses atmosphères lugubres et peuplées d’injustices, de violences et de paumés. Noir à souhait, glauque dès l’incipit, ce roman ne déroge pas à la règle et, en plus des problèmes de viol, de drogue et de prostitution qu’il évoque intelligemment, il met cette fois l’accent sur les relations entre père et fils, tantôt conflictuelles, tantôt destructives, mais toujours douloureuses. Sous ses apparences d’histoires entrecroisées de maltraitance, de pédophilie et d’intolérance, ce polar psychologique nous donne de magistrales leçons de vie… Un polar comme seuls je les aime, profondément amer et révoltant.

INDRIDASON, Analdur. – La voix / trad. de l’islandais par Eric Boury. – Métailié, 2007. - 329 p.. - ISBN : 978-2-86424-600-8 : 19 €.
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La Femme en vert ** d’Arnaldur Indridason (2006)

04.01
2006

Quelle n’est pas la surprise d’une mère lorsqu’un étudiant en médecine, venu récupérer son petit frère, lui apprend que son bébé est tout bonnement en train de mâchouiller un os humain ! Lequel en définitive s’avère appartenir à un squelette enterré soixante ans auparavant, mis à jour par un chantier de cette banlieue de Reykjavik en pleine expansion. Il n’en fallait pas davantage pour piquer la curiosité du commissaire Erlendur même si, le même jour, il reçoit un appel au secours vite interrompue de sa fille junkie enceinte, qu’il retrouve plongée dans le coma, et à laquelle il livrera peu à peu de douloureux souvenirs. Parallèlement à l’enquête, un récit se déploie, intense et douloureux, celui d’une femme qui, d’abord seule avec sa fille handicapée, puis avec ses deux autres fils, devient la victime d’un mari violent qui la bat, l’insulte et la menace de tuer ses enfants…

Dès les premières pages, on ne peut plus quitter cette nouvelle enquête du commissaire Erlendur et de ses deux adjoints Elinborg et Sigurdur Oli, tant le récit tragique de cette famille, dont l’auteur nous brosse le portrait psychologique de chaque membre, nous empoigne et nous maintient en haleine jusqu’au dénouement. Me voilà réconciliée avec les romans policiers !

INDRIDASON, Arnaldur. - La Femme en vert / trad. de l’islandais par Eric Boury. – Métailié, 2006. – 296 p.. – ISBN : 2-86424-566-3 : 18 €.
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