Categorie ‘Littératures nord-américaines

Les robots d’Isaac Asimov

10.05
2020

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Susan Calvin, éminente robopsychologue d’U.S. Robots, raconte chronologiquement à un journaliste ses expériences avec les robots qui ont le plus marqué ses cinquante ans de carrière. Cela commence avec les premier robot offert à une petite fille comme étant à la fois sa garde d’enfants et son meilleur compagnon de jeu, et se termine par l’élection d’un nouveau maire dont les qualités laissent planer un sérieux doute sur le fait qu’il soit humain, jusqu’à ce qu’il détrompe tout le monde et devienne le Coordinateur Mondial…

Voici comblée une grande lacune : je n’avais encore jamais lu un seul titre d’Isaac Asimov, l’un des auteurs fondamentaux de SF anglaise.  Ce recueil de nouvelles quasi- indépendantes les unes des autres, reliées entre elles par les mêmes personnages, fonctionne comme un bouclé feuilletonnant, ce qui donne diablement envie de les voir portées à l’écran ! Toutes ces histoires, publiées en 1950, n’ont absolument pas pris une ride, et mériteraient d’être lues et relues, tant elles posent les bases, avec la fameuse loi robotique*, de notre future relation avec les robots et machines, sans aucun manichéisme. C’est intelligent et puissant : à lire absolument !

*Les trois lois sont:

  • Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » ;
  • Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
  • Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

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Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

19.03
2020

Des fleurs pour Algernon

Malgré ses 32 ans, Charlie Gordon est toujours un « enfant » attardé, et s’apprête à subir une opération chirurgicale, volontaire pour une expérience scientifique prétendant lui donner l’intelligence qu’il n’a pas, et bien plus. Les deux chercheurs de l’institut Beekman, le Docteur Strauss et le Professeur Nemur, lui demandent de noter sous la forme de compte-rendus tout ce qu’il pense avant et après cette opération. C’est donc son journal fictif que nous lisons, d’abord truffé de fautes d’orthographe et de grammaire, d’incompréhensions. Comme Algernon, la souris cobaye avant lui, Charlie devient rapidement un génie et surpasse les apprentis sorciers. Mais cette intelligence ne va pas de pair avec sa maturité psychologique et surtout émotionnelle : Charlie passe de l’ombre à la lumière, de l’ignorance des railleries de ceux qu’ils considéraient comme ses amis à la connaissance ; il souffre du manque d’affection de sa mère jadis, dont il se remémore alors les coups et les plaintes, et surtout il n’a jamais connu l’amour…

Difficile, une fois commencée, d’arrêter la lecture de ce classique de la science-fiction. Il me semble l’avoir lu il y a très longtemps mais je ne m’en souvenais plus. Partant d’une idée originale simple mais intéressante, celle de faire d’un homme simplet un génie, Daniel Keyes relate l’histoire à la première personne du singulier, et le journal reflète ainsi le niveau intellectuel de cet homme qui a subi un énorme manque affectif dû à son état, et qui aimerait simplement qu’on le considère comme étant une personne lorsqu’il en prend conscience. Puissant.

A voté

03.02
2020

IMG_20200202_113150_010Les médias et tous les Américains attendent de connaitre, fébriles, l’identité de celui qui a été sélectionné par le puissant ordinateur Multivac comme étant LE citoyen le plus représentatif du corps électoral pour participer aux élections présidentielles. Dans un souci d’efficacité, cette machine est en effet capable de déterminer quel candidat l’emporte sur la base des réponses données à des questions variées par un seul homme, âgé entre vingt et soixante ans, qui a le droit de vote pour tous. Peu à peu la rumeur va bon train, et la localisation de l’heureux (?) élu se précise. En ce jour J, Norman Muller va à lui seul représenter le vote de cinquante millions d’Américains…
Dans ce récit d’anticipation publié en 1955, Isaac Asimov extrapole à partir des résultats des instituts de sondages qui anticipent le vote au suffrage universel : et si le vote d’un seul Américain moyen suffisait pour élire le nouveau Président ? Une nouvelle dérangeante qui n’a rien perdu de son actualité.

ASIMOV, Isaac
A voté
Le passager clandestin, 2020 (dyschroniques)
52 p. ; 11*17 cm.
EAN13 9782369352297 : 5 €

 

Le monde des A d’A.E. Van Vogt

29.09
2018
cop. J'ai lu

cop. J’ai lu

 

XXVIe siècle. Difficile de se faire une identité dans l’Empire, surtout quand on est amnésique. Car en prenant part aux jeux de la machine, qui permettent aux gagnants de rejoindre la carte des nantis sur Vénus, Gilbert Gosseyn découvre qu’il n’est pas l’homme qu’il a cru être. Ses souvenirs ne sont pas les siens, sa femme qu’il croyait décédée est bien vivante, et n’a jamais été sienne, et surtout elle n’est autre que la fille de l’empereur. Il suscite l’intérêt de quelques hommes de pouvoir, et de toute la galaxie, quand il ressuscite dans un second corps sur Vénus…

 

Pour s’immerger dans le récit de base d’un homme qui cherche à savoir qui il est et en quoi il peut être important à la galaxie (pas moins !), il faut s’affranchir du verbiage intellectualisant de la philosophie non-aristotélicienne. Il existe une suite. Pourquoi pas…

Et pourtant, l’un des romans qui m’a le plus marquée, un été entre deux années de collège, c’est A la poursuite des Slans de AE Van Vogt, tellement marquée que je m’en souviens encore, soit à force de le relire encore et encore, soit par sa puissance évocatrice. Aussi, renouant avec ce souvenir vieux de quelques décennies, j’ai fait l’acquisition de ce roman à la librairie d’occasion « Mauvais genres » de Saint-Etienne.

 

VAN VOGT, A.E.. Le Monde des A / trad. de l’américain par Boris Vian. J’ai lu. 308 p.

Première publication en 1948

Acheté à la librairie d’occasion « Mauvais genres » de Saint-Etienne

Une étoile m’a dit de Frédric Brown

22.09
2018
cop. Denoël

cop. Denoël

Me souvenant de l’humour de Martiens go home !  du même auteur, je me suis décidée pour ce recueil en flânant dans cette librairie.

Composé de huit nouvelles absurdes, ce recueil datant de 1954 traite

- de la folie d’un Robinson Crusoë échoué sur une planète dans Quelque chose de vert,

- de la folie des grandeurs d’un chef d’entreprise visionnaire qui exploite les étoiles pour son intérêt commercial dans Anarchie dans le ciel,

- d’une possible exploitation de l’hypnose dans Tu n’as point tué,

- d’une divagation d’écrivain sur sa feuille blanche dans Les Myeups,

- d’une histoire pas si épouvantable imaginée à partir du pitch « Le dernier homme sur Terre était assis tout seul dans une pièce. Il y eut un coup à la porte… »

- d’une autre possible exploitation de l’hypnose dans Cauchemar

- d’une souris à qui les extra-terrestres donnent l’intelligence de l’humain dans Mitkey,

- d’un homme qui se prend pour Napoléon car il l’a été, et qui se retrouve à enquêter dans un hôpital psychiatrique dans Tu seras fou.

Il y a de l’idée, il y a de l’idée…. Et, finalement, plus de soixante ans après, c’est encore de la SF…

 

BROWN, Frédric. Une étoile m’a dit. Denoël, 1954.

Acheté à la librairie d’occasion « Mauvais genres » de Saint-Etienne

Martin Eden de Jack London (EU, 1909)

01.10
2017
cop. Libretto

cop. Libretto

 

Voici un roman longtemps resté sur ma PAL, dont Didier Daeninckx a pu dire qu’il avait changé sa vie, et fait devenir écrivain.

« Si je suis devenu écrivain, c’est que j’étais lecteur, enfant. Lecteur de romans. C’est avant tout Martin Eden, de Jack London. Pour une part, c’est grâce à ce bouquin, à cet écrivain, que j’écris. » (Daeninckx par Daeninckx de Thierry Maricourt, p. 56)

Eh bien… il y a de quoi, en effet. L’histoire d’abord :

La vie du simple marin Martin Eden bascule le jour où il est introduit un soir dans une famille bourgeoise, pour avoir sauvé le fils, Arthur, d’une rixe. Il tombe amoureux de la jeune femme, Ruth, bientôt licenciée en lettres, qui lui apparait comme éthérée, et jure de s’élever de son milieu en améliorant son éducation et en corrigeant sa mise. Intelligent et déjà lecteur, il décide alors de se cultiver de manière autodidacte, aimablement épaulé par Ruth, pleine de sollicitude, mais aussi de préjugés, qui souhaiterait le voir embrasser une carrière au lieu de prétendre vouloir vivre de sa plume…

La quête initiatique du héros, guidé par l’amour, son talent d’écrivain et son esprit critique aiguisé, c’est un peu le conte de fées que j’aurais aimé, comme tant d’autres, pouvoir vivre. Pas étonnant, du reste, qu’il se soit réalisé pour Didier Daeninckx. Ajoutez à cela cette impression de poète incompris, d’albatros individualiste échoué entre un milieu populaire se noyant sous le travail et dans l’alcool, et une société bourgeoise s’inclinant devant le veau d’or, et vous aurez l’un des romans les plus réussis sur la vocation littéraire.

Brins d’herbe de Carolyn Carlson

14.05
2017
cop. Actes Sud

cop. Actes Sud

Dans sa préface, Carolyn Carlson (née le 7 mars 1943), chorégraphe, danseuse, poète et calligraphe, explique que peu de mots suffisent à exprimer l’essentiel, et que le haïku constitue l’un des moyens, comme la danse, d’appréhender notre « être ici-et-maintenant ».

Des haïkus qui sonnent comme des définitions de danseuse et chorégraphe :

« L’intention c’est l’action de mon corps

la mémoire c’est la demeure de mon âme

la création c’est mon coeur agrandi. »

comme une transmission :

« Si tu ne devais laisser ni parole

ni rien de ce qui se possède

ta vie à elle seule aura été témoignage

respirer pour s’approprier un lieu. »

ou comme un message d’amour :

« Longtemps j’ai porté avec moi

ce livre vide

aujourd’hui je le remplis de toi. »

Même si j’ai été peu sensible à ses textes, j’avoue que ce recueil bilingue qui alterne l’écriture manuscrite de Carolyn Carlson avec la traduction de ses haïkus en français et de la calligraphie, a de quoi séduire. 

 

Lecture dans le cadre de mon Challenge danse

cop. SeL

cop. SeL