Categorie ‘Littérature belge

Ni d’Eve ni d’Adam * d’Amélie Nothomb (2007)

28.09
2007
« Le moyen le plus efficace d’apprendre le japonais me parut d’enseigner le français »(Incipit, p. 7), qui plus est entamer avec cet élève japonais une relation qui, d’amicale, devient amoureuse… 

On retrouve Amélie dans la reprise de sa biographie, cette fois située chronologiquement bien après Métaphysique des tubes et Biographie de la Faim et juste avant Stupeur et tremblements. Elle aura d’ailleurs bientôt épuisé cette ressource, si rien de plus excitant ne lui est depuis arrivé. 

L’effet Amélie Nothomb s’est quelque peu éventé. On suit les découvertes d’Amélie Nothomb au pays nippon sans réel plaisir, jusqu’aux deux tiers du roman. La fameuse s-cène de l’hôtesse au milieu des onze convives éveille un peu l’intérêt, suivie par cette odyssée en pleine montagne qui lui fait dire :

« Dorénavant, parmi les nombreux autres qui m’habitent, il y aura la pauvresse de la montagne. Il y aura aussi Zarathoustra dansant avec le mont Fuji sur la ligne de faîte. Je serai toujours tous ceux-là, en plus de ce que j’étais. » (p. 187-188).
A cette réflexion bien sentie s’ajoute aussi cet éloge de la fuite :
« La fuite donne la plus formidable sensation de liberté qui se puisse éprouver.«  (p. 233-235)
Voilà tout. J’ai reposé le roman, me disant qu’il m’avait moins déçu que le précédent, mais qu’il n’avait pas suffi à susciter en moi quelque émotion, même un sourire.
NOTHOMB, Amélie. - Ni d’Eve ni d’Adam. – Albin Michel, 2007. – 244 p.. – ISBN : 978-2-226-17964-7 : 17,90 €.

 

 

Journal d’Hirondelle d’Amélie Nothomb (2006)

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20.07
2007

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cop. Albin Michel

Urbain se remet difficilement d’une déception amoureuse. Viré de son boulot, il en trouve un autre pour lequel il reprend enfin goût à quelque chose : tuer des inconnus. Un jour, sa mission consiste à tuer un ministre et toute sa famille dans leur maison de campagne. Il y trouve la fille aînée visant son père d’un révolver…

En voilà un, emprunté en bibliothèque, que je suis bien heureuse de ne pas avoir acheté ! Et de ne pas avoir terminé : j’en ai lu plus de la moitié puis, lasse, déçue, j’ai survolé le reste, agacée à l’idée de perdre mon temps quand d’autres romans m’attendaient. Ce n’est même pas la peine d’entrer dans le détail… Amélie Nothomb signe là, à mon sens, le plus mauvais roman que j’ai pu lire d’elle. Autant oublier la cuvée 2006 et voyons ce qu’elle nous réserve pour la rentrée prochaine.

Faire l’amour * de Jean-Philippe Toussaint (2002)

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25.12
2005

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cop. éditions de Minuit

« J’avais fait remplir un flacon d’acide chlorydrique, et je le gardais sur moi en permanence, avec l’idée de le jetre un jour à la gueule de quelqu’un. » (Incipit)

Cette nuit sera la dernière. Ils le savent tous deux. Et c’est dans la chambre d’un palace de Tokyo qu’ils avortent cette dernière nuit d’amour, une chambre encombrée par les innombrables robes créées par Marie, véritables oeuvres d’art destinées à être exposées au Musée. Ils s’aiment encore, mais ne se supportent plus, et, entre deux étreintes, Marie laisse couler ses larmes…

« Nous ne nous étions pas embrassés tout de suite cette nuit-là. Non, pas tout de suite. Mais qui n’aime prolonger ce moment délicieux qui précède le premier baiser, quand deux êtres qui ressentent l’un pour l’autre quelque inclination amoureuse ont déjà tacitement décidé de s’embrasser, que leurs yeux le savent, leurs sourires le devinent, que leurs lèvres et leurs mains le pressentent, mais qu’ils diffèrent encore le moment d’effleurer tendrement leurs bouches pour la première fois ? »

Quittant l’apparente froideur et la violence contenue de La Salle de bain, Jean-Philippe Toussaint décrit ici une déchirure, une rupture entre deux êtres qui s’aiment encore, se cherchent, et cela sans jamais tomber dans le pathos ; au contraire, il rend évidentes et criantes de douleur certaines scènes d’un érotisme teinté de mélancolie, d’une perte attendue, de la certitude d’une absence à venir dans l’instant présent.

 

Editions de Minuit, 2002.

Acide sulfurique ** d’Amélie Nothomb (2005)

1 Commentaire
30.09
2005

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cop. Albin Michel

Huis clos entre victimes et bourreaux

Un jour, Pannonique, étudiante à la beauté sidérante, est raflée comme tant d’autres anonymes au Jardin des Plantes. Dès cet instant, elle deviendra désormais la victime d’une nouvelle émission de télé-réalité, Concentration, et la cible de millions de regards. Comme son nom l’indique, le principe de l’émission est très simple : les personnes raflées ont été divisées en deux camps, les bourreaux ou « kapo » et les prisonniers appelés par leur matricule, et chaque matin, les premiers désignent ceux qui parmi les seconds vont rejoindre la file des exterminés. Chacun, très vite, s’identifie à son personnage jusqu’à oublier les caméras, tous exceptée CKZ 114, de son vrai nom Pannonique, qui semble personnifier le Bien, la dignité humaine, qui attire le Mal incarné en le kapo Zdena…

Certes, Amélie Nothomb n’invente rien en exploitant jusqu’à son paroxysme le voyeurisme malsain mis en exergue par les télé-réalités, et ce tout en créant une distance entre son héroïne (et narratrice) et la monstruosité des relations humaines. Foin d’ailleurs des descriptions, des effets de style, d’un dénouement vraisemblable, ici pas de plaisir du texte, l’intérêt réside ailleurs : pour Amélie Nothomb, la forme dialoguée est reine car elle permet de dire, de remplir chaque parole, parole pour autrui, car elle vouvoie ou tutoie, car elle nomme les êtres et les choses. Jamais démonstration aussi habile n’avait été faite de ce que parler veut dire dans ses précédents romans. Car ici, dans ce camp de concentration où se joue la dignité humaine, dire, nommer, prend tout son sens.

NOTHOMB, Amélie. – Acide sulfurique. – Albin Michel, 2005. – 192 p.. – ISBN : 2-226-1672-6 : 15,90 €.
Lisible en 1h30.

Biographie de la faim ** d’Amélie Nothomb (2004)

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29.09
2005

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cop. Albin Michel

 

Voici le parcours initiatique de la petite Amélie Nothomb, dans les jupes de son père diplomate et de sa mère qu’elle adule, de ses quatre ans au Japon jusqu’à ses vingt-un ans de retour sur les lieux, après avoir vécu en Chine communiste, à New York la voluptueuse, au Bangladesh, pays de la faim et de la lèpre, en Birmanie, au Laos puis en Belgique. C’est donc la faim qui sera le leitmotiv de cette biographie d’une fillette au caractère bien trempé, précoce : faim de sucré, d’alcool et d’eau jusqu’à l’ivresse jusqu’à ses 12 ans où elle refusera la métamorphose de son corps pour le transformer en cadavre ambulant ; faim d’amour de sa mère, de sa sœur, de ses camarades ; faim de beauté en ces dernières ; faim de livres et de mots.

Une autobiographie au vitriol et sans complaisance, pleine d’humour et d’autosuffisance, de cet auteur charismatique. Un vrai plaisir à lire, un régal pour tous ses admirateurs.

NOTHOMB, AMÉLIE. – Biographie de la faim. – Albin Michel, 2004. – 240 p.. – ISBN : 2-226-15394-2 : 16,90 €.

300 contes pour solde de tout compte ** de Jacques Sternberg (2002)

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27.09
2005

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La culture :

« Il avait une soif de connaissances tellement dévorante qu’il ne pouvait pas acheter un kilo de tomates sans avoir potassé l’évolution de la tomate à travers l’univers et les siècles. »

300 contes pour solde de tout compte, un titre ô combien adéquat puisqu’il s’agit du dernier livre publié par Jacques Sternberg, qui s’éteindra quatre ans plus tard, un mercredi 11 octobre 2006, à l’âge de 83 ans. Comme dans son œuvre, il aura achevé sa vie sur une note d’humour noir, d’abord en mourant d’un cancer du poumon alors qu’il avait arrêté de fumer depuis 20 ans, ensuite en choisissant de se faire incinérer… Ses cendres sont déposées au cimetière du Père Lachaise.

On comprend mieux pourquoi son quatorzième et dernier recueil fait la part belle au cynisme et à l’humour noir, omniprésents même dans ses quelques 17 récits fantastiques et 19 de science-fiction qui le composent, ou encore érotiques.

Comme toujours, Jacques Sternberg se refuse à tout réalisme topographique, onomastique et à toute psychologie individualisée. Pas de patronyme donc, pas d’épaisseur psychologique des personnages. Il emploie presque toujours la troisième personne du singulier, la plupart du temps masculine, et féminine une quinzaine de fois, pour s’en moquer tout autant ou pour en louer les atouts de séduction.

Comme toujours aussi, ses textes brefs relatent un événement particulier, qui apparaît souvent comme le résultat explicite d’un choix dans un large éventail des possibles. Jacques Sternberg épure l’intrigue du récit par une technique du raccourci qui rendent plus percutantes encore ses attaques contre la société actuelle qui l’écœure, mais aussi contre le monde de l’édition.

D’ailleurs, plus que dans tout autre ouvrage, Sternberg s’attarde ici beaucoup sur ce qui le préoccupe personnellement, soit sur la non-reconnaissance dans le monde de l’édition, sur les affres de l’écriture, sur la difficulté à être connu, et puis sur la maladie, la vieillesse et plus que tout, sur la mort.

Les récits que j’ai le plus appréciés :

L’Auteur, La Certitude, Les Chiffres, La Culture, Le Déclin, La Fascination, L’Essayiste, L’Indifférent, L’Exergue, La Rue

La certitude :

« Sa vitalité (…), son inconséquence également, lui avaient permis d’avoir une existence pleine de détours passionnés, d’élans irréfléchis (…), mais comme sa lucidité ne l’avait jamais quitté, il ne put jamais oublier que la vie n’était jamais que le seul raccourci d’un rien terrifiant à un autre. » (citation tronquée pour ne pas dépasser quelques lignes – cf droits)

A déguster lentement, mais sûrement : deux minutes suffisent pour lire l’un de ces contes qui peuvent faire deux lignes comme une page, mais combien de temps ensuite la plupart restent gravés dans l’esprit !

STERNBERG, Jacques. – 300 contes pour solde de tout compte. – Paris : Manitoba / Les Belles Lettres, 2002. – 318 p. : couv. ill. en coul.. – (« Le grand cabinet noir »). – ISBN 2-251-77168-9 : 20 euros.

Contes glacés *** de Jacques Sternberg (1974)

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24.09
2005

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Pour Jacques Sternberg, « écrire un roman de plus de 250 pages, c’est à la portée de n’importe quel écrivain plus ou moins doué. [...] Mais écrire 270 contes, généralement brefs, c’est une autre histoire. Ce n’est plus une question de cadence mais d’inspiration : cela demande 270 idées. C’est beaucoup. »

Contes et nouvelles constituent donc la majeure partie de sa production, en tout cas, la plus intéressante, et le recueil que voici reste à mon sens le plus abouti.

C’est après la guerre, de 1948 à 1973, à Bruxelles, que Jacques Sternberg écrivit ces récits brefs et les lut, deux fois par semaine, à « La Poubelle », cabaret littéraire animé par Jo Dekmine.

Il livre dans ses Contes glacés une vision particulièrement terrifiante de la vie.

Cette vision transcende les genres chez lui. De fait, rien n’est terrifiant mais tout est terriblement reçu. Comme son défunt ami Roland Topor, illustrateur de ses recueils, Jacques Sternberg fuit les appellations et condamne cette manie héritée des sciences naturelles et d’Aristote de toujours vouloir classer la moindre espèce d’écrit dans un genre définitivement arrêté. Mieux que quiconque, Jacques Sternberg passe de l’un à l’autre de ces genres en véritable virtuose et les mélange dans un même récit. Ces genres sont pourtant très proches, et ce dès leur origine. Leur évolution le confirme.

La science-fiction (41 histoires ici), après avoir goûté au plaisir de l’exotisme intersidéral ou scientifique, se penche davantage sur notre condition ; à elles seules les parties « Les Autres » et « L’Ailleurs » en proposent respectivement douze et vingt ; l’intitulé de ces deux chapitres reprend en filigrane les topoï de l’altérité et du voyage exploités par la science-fiction.
Le fantastique (128 contes au total, pratiquement la moitié du recueil) ne répond plus à des peurs externes mais internes à l’homme.
L’humour noir et l’absurde, enfin, plus contemporains, révèlent une forme d’horreur moderne. Il imite d’ailleurs à sa manière les tall stories à l’américaine, ces histoires invraisemblables qu’on débite sans sourciller.
En revanche, Jacques Sternberg affiche son souci de cohésion par la création de chapitres et le choix du titre, qui suggère « glacés de peur ». Contrairement au classement par ordre alphabétique des contes de la plupart de ses recueils, ces contes sont, semble-t-il, répartis en fonction de leurs éléments perturbateurs, de ce qui conditionne l’irruption de la terreur. Et, à l’image de la poupée russe, au cœur de ces contes écrits « pour glacer de peur », et, plus précisément à l’intérieur des rubriques, le propre titre du conte est choisi en fonction du vecteur qui provoque une fissure dans le monde réel. Citons-en quelques-uns dans la rubrique « Les Objets » : La Photographie, Le Papier peint, La Machine à sous, L’Affiche, La Clé, Le Miroir, La Bouteille, La Vitre, Les Lunettes, Le Tricot ou La Photo. En fait, quels que soient leur rubrique et leur genre, les contes sont regroupés sous un dénominateur commun, la terreur.

Le phénomène de la réitération constitue peut-être la loi d’organisation la plus visible pour le lecteur. Ainsi, à plusieurs reprises, l’incipit ressemble à une formule de conte merveilleux dans le style de Marcel Aymé. De même, le schéma narratif est le suivant : la solitude à l’imparfait d’un fantoche mène à une fissure du réel, rupture marquée par le passage au passé simple, qui conduit à la mort du fantoche. Il s’inspire en cela d’une longue tradition de la nouvelle, voire celle de toute la littérature en général, puisque cette structure narrative fait figure de modèle. La quasi-absence de décors et de repères temporels, ce refus de tout réalisme topographique ou historique, confèrent au récit la valeur éternelle et universelle du conte.

L’effet de loupe du texte bref sied à l’effet de terreur recherché : une entrée directe dans le sujet, peu d’événements, des ellipses narratives pour courir plus vite vers la fin. Tous les détails concourent à rendre l’effet envisagé, à entretenir le suspense. Aucun portrait, aucune description ne vient ralentir l’unique intrigue.

Le mot coupe, le mot hache, le mot viole la conscience du lecteur. De la terreur, Sternberg nous propose une vision sans voile. En effet, ce grand virtuose du texte bref dépeint la vie au vitriol, avec la précision du scalpel. Le sang gicle, un homme s’écrase au sol toutes les cinq pages. Tout est mépris, insolence, humour glacé.

Ainsi donc, si Jacques Sternberg a choisi le conte ou la nouvelle, ce n’était certainement pas pour s’inscrire dans la logique moralisante du premier, ni dans l’effort de vraisemblance de la seconde. Telle est donc la fonction des contes et nouvelles de Jacques Sternberg : aller droit au but, sans s’embarrasser de psychologisme de pacotille puisque nous sommes de toute façon de simples automates mis en marche pour un laps de temps réduit.

Sa lecture achevée, le lecteur acquiert la certitude de l’inutilité fatale de tout. A l’instar de ses contemporains, en effet, Jacques Sternberg révèle son observation impassible d’une société – machine et se livre à une analyse lucide de être humain enclin à la bêtise et la misère morales. En effet, s’il existe toujours une peur de l’autre, elle n’est plus pour autant celle d’un monstre venu de notre imaginaire ou d’ailleurs, mais celle d’un monstre bien réel : l’homme. Incapable de communiquer dans l’intimité ou avec l’extraterrestre le plus différent, l’homme reste le pire ennemi de l’homme. Il est capable de la plus grande indifférence, tels le spectacle de la déportation ou celui des événements du Rwanda. Les hommes s’entre-tuent à travers les siècles, pour une question de territoire ou de religion. Par l’absurde, Jacques Sternberg va refuser de jouer la comédie humaine ; il se situe hors de ses conversations insipides car stéréotypées, de son aliénation culturelle, de son perpétuel recommencement. C’est pourquoi la véritable folie, moderne, terrifiante, est chez lui quotidienne, universelle : c’est le thème de l’engagement et du travail, de l’homme aliéné par la passion morbide du travail jusqu’à l’épuisement de ses forces vitales. Du même coup, il critique la société, le capitalisme, la bureaucratie oppressive et toutes les institutions. Il imagine une société futuriste où l’individu perd son identité, sa personnalité, ses relations, sa vie et reverse ses journées de travail en taxes et impôts Il démantèle cette civilisation bâtie sur une idée reçue : « On n’arrête pas le progrès ! ». Jacques Sternberg attaque donc à mots armés le monstre humain et la société inhumaine qu’il a façonnée et qui lui a échappé. Ce ne sont pas un ni deux coups portés à ce soi-disant bon sens quotidien mais plusieurs centaines assénés, à travers ses contes.

« A côté de l’usine qui fabriquait en série des allumettes, cet hommes d’affaires avait créé une entreprise où l’on enflammait les allumettes pour vérifier si elles étaient utilisables. » (p. 196)

Fréquemment, sa rage est aussi d’ordre écologique, dénonçant la pollution et le gaspillage des ressources naturelles. Il n’en garde pas moins ses griffes pour son sujet de prédilection : la religion, qu’il porte systématiquement en dérision.

>Aussi Jacques Sternberg laisse-t-il son lecteur au bord du précipice. Non seulement il enchaîne ses maillons du vecteur – tension vers la terreur sans retour à l’ordre, sans vecteur-détente, mais surtout il détruit ainsi les fondements du réel et ses certitudes sans rien reconstruire. Cette vision anarchique du monde provoque donc aussi le chaos dans l’esprit du lecteur et bouleverse sa propre vision du monde.

Mes contes préférés ? Les Chats, Le Rideau, Le Plafond, La Photographie, Marée basse.

« C’est avec quelque étonnement qu’on remarquait accroché à la porte de ce caveau funéraire l’écriteau : JE REVIENS DANS UN INSTANT. » (p. 162)

Contes glacés. – Paris : Marabout, 1974, 375 p.
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