Categorie ‘Fictions

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

19.03
2020

Des fleurs pour Algernon

Malgré ses 32 ans, Charlie Gordon est toujours un « enfant » attardé, et s’apprête à subir une opération chirurgicale, volontaire pour une expérience scientifique prétendant lui donner l’intelligence qu’il n’a pas, et bien plus. Les deux chercheurs de l’institut Beekman, le Docteur Strauss et le Professeur Nemur, lui demandent de noter sous la forme de compte-rendus tout ce qu’il pense avant et après cette opération. C’est donc son journal fictif que nous lisons, d’abord truffé de fautes d’orthographe et de grammaire, d’incompréhensions. Comme Algernon, la souris cobaye avant lui, Charlie devient rapidement un génie et surpasse les apprentis sorciers. Mais cette intelligence ne va pas de pair avec sa maturité psychologique et surtout émotionnelle : Charlie passe de l’ombre à la lumière, de l’ignorance des railleries de ceux qu’ils considéraient comme ses amis à la connaissance ; il souffre du manque d’affection de sa mère jadis, dont il se remémore alors les coups et les plaintes, et surtout il n’a jamais connu l’amour…

Difficile, une fois commencée, d’arrêter la lecture de ce classique de la science-fiction. Il me semble l’avoir lu il y a très longtemps mais je ne m’en souvenais plus. Partant d’une idée originale simple mais intéressante, celle de faire d’un homme simplet un génie, Daniel Keyes relate l’histoire à la première personne du singulier, et le journal reflète ainsi le niveau intellectuel de cet homme qui a subi un énorme manque affectif dû à son état, et qui aimerait simplement qu’on le considère comme étant une personne lorsqu’il en prend conscience. Puissant.

Girl power ! D’Eleonora Antonioni et Francesca Ruggiero

08.03
2020

89389496_10157936186272999_9043960429583269888_oAu lycée, Federica a son fan club. Un jour elle décide que Giulia peut le rejoindre…
Anna sèche pour la première fois les cours, pour suivre sa nouvelle amie, Marilena.
Clarice s’entraîne à la course et vit avec sa playlist d’enfer sur les oreilles, jusqu’à ce qu’une émission télé la repère malgré elle, et au grand dam de Federica.

Trois journaux intimes au Bic 4 couleurs d’adolescentes en pleine construction d’identité, dans les années 90, qui vont se détacher de l’emprise des autres pour s’affirmer. Un roman graphique qui correspond bien aux problématiques des ados.

Casterman, 2020
168 p. : ill. en couleur. ; 24*17 cm
Ean 13 9782203209053 : 18 e

La petite marmotte qui ne voulait pas dormir d’Emmanuelle Halland

03.03
2020

marmotte

Une lapine dans son terrier raconte à l’un de ses lapereaux l’histoire de la petite marmotte qui ne voulait pas dormir, et qui s’échappe de son terrier l’hiver alors que sa famille hiberne. Mais après les plaisirs de la liberté viennent la faim et la peur…

Cette mise en abime d’une histoire dans l’histoire permet de laisser la fin libre d’une interprétation à plusieurs niveaux, puisque cette fin n’est pas visible, dessinée, mais racontée par la lapine. Cette mise en abime est également triple puisqu’il s’agit d’un récit raconté par un parent à un enfant, et pourquoi pas du coup trois enfants n’ayant pas envie de dormir : l’humain, le lapereau et la marmotte, cette dernière risquant sa vie en désobéissant à sa mère. C’est enfin un récit qui permet d’appréhender les manières de vivre et les prédateurs des marmottes. Le format de l’album, la qualité du papier et des illustrations achèvent de séduire les parents. C’est l’un de mes albums préférés pour les tout-petits.

 

 

 

Le mal que l’on se fait de Christophe Fourvel

23.02
2020

Le mal que l'on se faitUn homme, âgé d’une cinquantaine d’années, entreprend deux voyages seul, sans sa femme, dans une ville d’Amérique latine, peut-être Buenos Aires, puis à Istanbul. Il dort, dîne, fait ses exercices physiques, s’inscrit au tango, boit des cafés dans les bars, va au hammam, s’allonge à la mosquée bleue,…

On suit les réflexions et le désoeuvrement de cet homme voyageant en solitaire. On soupçonne une séparation traumatisante à l’origine de ce départ, de cette fuite. On n’est pas si loin du compte au final, mais ce n’est pas ce qui importe ici, c’est plutôt la prose évoquant la vie d’un homme quand il ne se passe rien, les mots pour décrire ce « rien ». Un auteur que j’apprécie beaucoup dans la vie, avec qui j’ai travaillé avec plaisir sur divers projets, et dont je n’ai pas fini de lire l’oeuvre.

Dominos

22.02
2020

IMG_20200221_210136

Léo et Mounia notent le nom de leurs parents et de leurs voisins dans un carnet pour le donner à qui de droit. Et effectivement les adultes semblent tous complètement paumés ou intolérants, à commencer par sa mère à qui son coach lumière-bien-être de soi, dicte sa conduite. Mais il y a aussi Bill qui déteste tout le monde, Odette la gameuse, Omar, le coach sportif,…

Ces gens habitant le même immeuble, presque toujours célibataires, souffrent tous de leur solitude sans jamais avoir fait jusqu’ici le moindre pas vers l’autre. Une BD bien sarcastique.

 

De Bruxelles, Abdel, Rojzman, Théa

Dominos

Fluide glacial, 2019

47 p. : ill. en coul. ; cm

Ean13 9782378782160

 

Cinq branches de coton noir de Cuzor et Sente

15.02
2020

5 branches

Mai 1944. Aaron, Lincoln et Tom se sont portés volontaires pour combattre les nazis dans l’armée américaine. Mais ils se heurtent au racisme de leurs officiers blancs qui les cantonnent à des missions ingrates, et trépignent d’impatience. Johanna Bolton, la sœur de Lincoln, hérite alors de sa tante chez qui elle découvre un précieux journal datant de 1777, relatant une histoire incroyable à propos de la confection du drapeau américain par Mrs Betsy. Elle remue alors ciel et terre pour accorder à son frère et à ses amis une mission hautement symbolique : retrouver et rapporter le tout premier drapeau américain, actuellement entre les mains des nazis…

Steve Cuzor et Yves Sente signent là un magnifique album, tant par le dessin classique et très soigné que par le scénario revisitant l’histoire de l’Amérique, son racisme et les origines des États-Unis d’une manière très originale, qui pourrait se prêter à une superbe adaptation au cinéma. Un vrai coup de cœur.

 

 

Cinq branches de coton noir de Cuzor et Sente

Dupuis, 2018

169 p. : ill. en coul.

 

 

 

 

 

Phoolan Devi, reine des bandits

12.02
2020

 

cop. Casterman

cop. Casterman

Née en 1963 dans l’une des plus basses castes de l’Inde, dès son plus jeune âge, Phoolan connait l’injustice, celle de sa condition sociale, celle d’être regardée comme un objet sexuel, celle de sa famille où son oncle, Mayadin, a spolié son père de son héritage. Quelques années après avoir coupé l’arbre devant lui procurer sa dot, agacé par l’insolence de Phoolan, âgée seulement de onze ans, celui-ci présente à son père un ami à lui pour l’épouser. Cet homme beaucoup plus âgé la viole, la séquestre et la roue de coups, si bien qu’elle finit par s’enfuir. Mais la guerre ne fait que commencer. De retour dans son village, Phoolan va vivre un enfer…

Quelle terrible biographie retraçant une vie qui n’a été qu’humiliations, viols, vengeances et révoltes ! Incarnée par un dessin à mi-chemin entre le réalisme et l’abstrait, cette histoire forte fait naitre chez son lecteur un sentiment d’injustice, qui se double d’une admiration pour son courage et sa capacité à prendre son destin en main.

FAUVEL, Claire
Phoolan Devi, reine des bandits
Casterman, 2018

218 p. : ill. en coul.

EAN13 9782203112117 : 22 €